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Fille de la Fantaisie

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14 décembre 2013

Chapitre 12 : Missing you

Auteur: Mimiko

Série: Pleins de trucs

Genre: euuuuuuuh. Bonne question.

Couple: Naru+Trowa

Disclaimer: Tous les personnages cité appartiennent aux G.girls ou s’appartienne eux même, faut voir.

Disclaimer 2 : Duo et Wufei sont à Sunrise ; Ellone, Raine et Laguna sont à Squaresoft ; Seishiro, Sakura, Spinel Sun et Keroberos sont à CLAMP.

 

 

Naru resta sans voix, comme un ridicule poisson hors de l’eau. Elle avait devant elle la plus grosse mais aussi la plus improbable bête qu’il lui avait été tenu de voir. Espèce de mélange bleu lagon entre un éléphant sans oreilles et un mammifère marin. Sa trompe de plusieurs mètres était enroulée sur elle-même comme celle d’un papillon, mais dans l’autre sens.

Isaka, Arisa et Kitsune auraient été ravies de se trouver à sa place pour découvrir en grandeur nature ce qu’était le fameux « Shoopuf » dont on leur avait parlé leur premier jour à Traverse, alors qu’elles découvraient la cuisine de l’hotel Alquada et que Gabin allait bientôt faire son apparition.

-On va monter sur ce truc ? Finit-elle par demander en le pointant du doigt même si ce n’était pas nécessaire car le « truc » occupait tout le champ visuel.

-C’est le moyen le plus rapide de se rendre de l’autre côté.  

-C’est sur comme moyen de transport ?

-Bah au pire on tombe dans l’eau, répliqua fataliste Trowa en haussant des épaules avant de surprendre son regard halluciné et de se reprendre de justesse : en tout cas je n’ai jamais entendu parler de personnes à qui c’était arrivé.

-Ah… Tant mieux…

C’était donc pas totalement rassuré qu’elle le suivit vers la rampe d’embarquement où ils payèrent leur ticket avant de monter tout en haut de l’animal.

Une nacelle se tenait sur son dos, prête à accueillir une vingtaine de passager avec leurs bagages plus ou moins encombrants, comme ce chocobo qui dans sa cage nettoyait ses courtes ailes en émettant des bruits de canaris.

Naru s’installa au bord d’un des bancs matelassés de tissus, côté bastingage. Elle regarda vers le large : un fin ruban de terre au loin, notant que les furolucioles semblaient moins nombreuses qu’hier.

Trowa et elle n’avaient pas parlé de ce qui c’était passé cette nuit. Elle s’était réveillée au petit matin dans ses bras, à l’intérieur de la tente et avait contemplé son visage crispé dans le sommeil. Soulevant quelques mèches de cheveux, elle avait frôlé des doigts la cicatrice qui s’étendait en travers de son œil tout en se demandant quel lourd fardeau il portait sur ses épaules pour qu’il ait toujours l’air si grave.

Pourquoi le seul but de sa vie semblait tourner autour de l’extermination de cette sorcière ?

Ces questions étaient plus facile à se poser que « quel futur pour nous deux ? ».

Elle ne savait même pas où ils se rendaient présentement, ni si cette sorcière avait des réponses aux questions qu’elle se posait sur sa présence ici.

Si elle avait été dans le monde normal avec un garçon normal, elle se serait juste réjouît de ce qui s’était passé…

Dans une secousse, le gigantesque animal, sous les ordres du conducteur, avança vers l’eau jusqu’à être immergé au trois quart, laissant dépasser de lui que le haut de son dos et de sa tête, ainsi que le bout de sa trompe.   

Il commença alors la traversée du lac d’une allure lente mais confortable pour les voyageurs.

-Nous devrions en profiter pour nous reposer, on a une longue marche qui nous attend une fois sur l’autre rive,  annonça Trowa avant de croiser les bras et de fermer les yeux. Elle le fixa un moment avant de retourner la tête vers le paysage. Il lui était impossible d’essayer de continuer sa nuit et pourtant, il ne lui avait pas menti car une fois de l’autre côté, après avoir trouvé une borne BBS où Naru pût laisser un message à ses amies, ils marchèrent sans presque s’arrêter jusqu’à atteindre une petite clairière à la tombée de la nuit.

***

Quelques gouttes de sang tombèrent sur les lèvres presque livides de Wufei. Aussitôt, comme s’il venait brusquement de se réveiller, il ouvrit les yeux et ceux-ci se firent plus rouges que jamais. Arisa retint la peur qu’elle éprouvait et sa douleur tandis qu’il attirait avidement son poignet à sa bouche.

-On dirait que cette fois-ci c’est la bonne, n’est-ce pas Arisa ? Demanda Quatre avec un sourire distant.

-On discutera de tout ça autour d’un café quand je n’aurais plus un vampire accroché à ma main, répliqua acerbement Arisa entre ses dents.

 

De l’autre côté de la grande tente du chaman, Kitsune, Umiko et les parents d’Arisa attendaient plus ou moins patiemment que tout ça soit fini.

-Mais pourquoi a-t-elle rajeunie ? Ca n’a pas de sens ! Il fallait qu’elle rajeunisse pour qu’elle retrouve le sang avec lequel elle avait lié Wufei ? C’est vraiment… Incohérent ! Pestait Kitsune en faisant les cents pas dans la neige.

-Elle a retrouvé l’âge qu’elle avait quand elle a quitté le village, fit Xyadia, toute aussi songeuse. C’est peut être un effet secondaire au fait de retrouver sa mémoire ?

-Vous croyez ?

-Je n’en sais rien, je suis aussi dépassée que vous. Vous dites que ma fille était quelqu’un d’autre dans un autre monde, qu’elle a d’autres parents, mais je peux vous assurer que c’est bien mon enfant…

-Bien sur que c’est ma petite musaraigne !!!! S’exclama Wolfs qui fixait la tente pendant que Spinel Sun et Umiko discutaient activement.

Cette dernière finit par les rejoindre :

-Bonne nouvelle ! Suppy vient d’intercepter un message posté sur le BBS ! Il semblerait que ce soit de Naru ! Elle va bien, elle est avec le maitre de la guilde Avalanche, le grand brun avec lequel elle a dansé le jour du bal et ils sont au pays d’Aura, près d’un grand lac appelé Sélénos !
-Attends… Tu veux dire que depuis le début elle était avec lui ?! Hallucina Kitsune.

-Non, il l’a retrouvé sur une plage du pays d’Aura, près de cadavres de bateau. La sorcière s’est bel et bien échouée où nous le pensions, expliqua Spinel Sun.

-Mais pourquoi avait-elle enlevée Naru ? Et surtout pourquoi l’avoir abandonnée par la suite ?

-Je n’en sais rien Kit, mais elle a toujours la carte mémoire de Shinobu, fit Umiko en haussant des épaules. En tout cas nous savons où aller maintenant.

-Alors vous allez repartir ? Demanda Xyadia. Et vous allez amener Arisa avec vous ?

-C’est à elle de voir, répondit Umiko, mais je suis sure qu’elle nous accompagnera. Je la connais depuis peu, mais elle ne semble pas du genre à abandonner ses amies… Et si elle le fait, ce serait bien décevant de sa part.

La femme tatouée tourna la tête et plongea ses yeux dans le ciel, pensive, tandis que Wolfs baissait la tête, silencieux.

C’est ce moment que choisit Arisa pour s’exclamer :

« AH NON LA CA SUFFIT »

Et de sortir de la tente l’air excédée en enroulant un bout de tissu autour de son poignet.

-Déjà que j’ai toujours détesté les piqures ! Il peut à nouveau marcher alors ça suffit pour le moment !

-Radine !!! Répliqua Wufei en sortant sa tête de la tente avant d’être récupéré par Quatre qui lui ordonna de rester coucher jusqu’à nouvel ordre.

Kitsune et Xyadia suivirent Arisa jusqu’à la maison, cette dernière se disant prête à avaler un mammouth entier. Umiko resta avec Wolfs à côté de la tente.

Elle le fixa un moment avant d’oser demander ce qui la tracassait depuis qu’elle avait rencontré ce grand guerrier :

-Excusez-moi, quand on s’est rencontré, vous avez dit que j’étais un ninja du village caché de…. Je sais plus quoi. Qu’est ce qui vous a fait dire ça ? 

-Utaï. Je l’ai supposé en vue de votre habillement. Ca ressemble assez aux tenues qu’ils portent. Je me suis trompé ?

-Je ne sais pas… Comme Kitsune et Arisa, je viens de l’Autre Monde et on a débarqué ici habillé tel quel. Mais on ne sait pas pourquoi. C’est pourquoi je serais très curieuse de me rendre à cet endroit… Utaï. Comme ça je pourrais peut être en apprendre plus sur la raison de ma présence ici.

-Eh bien, j’aurais été ravi de vous aider… Mais comme je l’ai dit, il s’agit du village CACHE d’Utaï. A part les ninjas qui en viennent, personne ne sait où c’est. Je serais même incapable de vous dire si ça trouve en Endroit ou en Envers. Les ninjas sont une classe très rare que beaucoup envient. Ils ont des capacités très équilibrées, en force, en vitesse, en magie, ils peuvent à peu près utiliser tout, ce qui ne leur fait pas beaucoup de faiblesse.

-Mais seuls ceux né dans ces villages cachés le deviennent, c’est ça ?

-Oui, c’est comme pour les mages blancs, noirs, rouges, les invoqueurs ou encore les guerriers de Delph. Tout le monde ne peut pas être ce qu’il souhaite être, mais si le grand Starry Dawn en a décidé ainsi, c’est que nous sommes ce que nous DEVONS être.

-Alors il faut que je retrouve ce village.

-Peut être que comme pour Arisa, il se trouve quelque part perdu dans votre mémoire.

Après un rapide sourire, il partit lui aussi rejoindre sa maison, laissant Umiko songeuse.

***

Le ciel calme et clair des montagnes de Lama fut soudain brisé par les vibrations des hélices du Dragonfly, le vaisseau QG de la guilde Avalanche. Il était évident que par rapport au Phénix Flamboyant, le vaisseau-mère de l’armée de l’Envers où avait été retenu Mimiko, celui-ci était beaucoup plus petit, mais il arborait des couleurs punchy et des formes élancées si sympathique qu’il plaisait du premier coup d’œil.

Une échelle en corde fut lancé de depuis une ouverture dans le vaisseau et le groupe s’empressa de ranger toutes leurs affaires pour y grimper.

Débouchant dans la cale, Asuka ne pût s’empêcher de se rappeler de la première fois où elle avait mit les pieds dans ce vaisseau, après que Duo soit venu l’arracher au Grand Invoqueur de l’Endroit : Subaru Sumeragi.

Elle se demanda vaguement ce qu’il devenait et quelle aurait pût être sa vie si elle était devenue son élève. Elle aurait alors ignoré tout, ou du moins en partie, sur ses liens de famille avec la famille impériale de l’Envers.

-Comme tout ça est bizarre… L’entendit maugréer Mimiko quand on l’aida à entrer à son tour.

-Qu’est ce qu’il y a Asu ?

La jeune fille se retourna et lui fit un sourire :

-Rien, rien !

La petite fille n’insista pas, d’autant plus qu’une belle femme aux longs cheveux bruns venait de surgir d’une porte au fond de la grande pièce et fonça sur Asuka et la souleva quasiment de terre en l’enlaçant :

-ASUKA !!! Ca fait si longtemps !!! Je suis heureuse de voir que tu vas bien ! Et Isaka aussi !!!!

-Tifa… S’exclama Asuka, dépassée alors qu’elle la laissait reposer ses pieds par terre pour prendre les mains d’Isaka dans les siennes.

-Et moi je compte pour du beurre ? Demanda Duo en grinçant des dents.

-Toi si tu veux des embrassades, va voir Rikku ! Répliqua la brune en lui lançant un regard noir qui fut repris par Asuka.

-Mais ce serait une honte, n’est ce pas Asuka ? Continua Tifa.

-Totalement une honte !

-Vouloir à ce point des embrassades…

-OK J’AI COMPRIS ! JE VAIS VOIR TAI !!! S’exclama l’invoqueur, vexé, en partant à grand pas vers l’ascenseur qu’avait emprunté Tifa.

Cette dernière tourna alors son attention vers les deux autres membres du groupe :

-Et vous vous êtes ?

-Voici notre amie Mimiko, présenta Asuka. D’habitude elle a notre âge mais elle a eu un petit souci…

-Quelle façon d’aborder le problème… Râla un peu la petite fille.

-Et à côté, c’est juste son cyborg.

-C’est fou mais un moment j’ai cru que c’était le Colonel Leonheart de l’Envers… Mais je me suis dit que c’était impossible !

-C’est normal, HEERO lui ressemble, c’est presque comme s’ils étaient deux frères, répliqua Mimiko.

-Nous avons aussi un cyborg sur le vaisseau, fit Tifa en comprenant les sentiments pro-cyborg qui habitait la petite fille, ce qui n’étaient apparemment pas le cas d’Asuka, et elle le savait, absolument pas de Duo.  Au fait, je m’appelle Tifa, je suis la co-gérante de ce vaisseau et l’une de ses mécaniciennes aussi. Bienvenue au Bar Ambulant Dragonfly !!!!

-Ce vaisseau est un bar ? S’étonna Mimiko alors qu’ils rejoignaient à leur tour l’ascenseur pour monter dans les parties habitables du vaisseau.

-Oui, nous prenons en stop de nombreuses personnes et elles attendent au bar d’être arrivées à destination ! Ce qui fait qu’ils paient ET pour le voyage ET pour les consommations ! C’est comme ça que notre guilde reste à flot !  

-Il n’y avait pas de clients quand nous sommes montés la dernière fois, réalisa Isaka.

-Non, c’était une opération un peu spéciale, on ne pouvait pas se permettre de risquer que quiconque d’étranger à la guilde soit mêlé à tout ça.

-Ah oui, et nous ?

-Oui enfin… Presque personne !

Ils venaient d’entrer dans un hall tout en longueur tapissés de large fenêtre où se trouvait effectivement un grand comptoir de bar où étaient attablé deux personnes qui buvaient tranquillement leur verre en discutant. Tifa les dirigea vers des divans et fauteuils à l’air moelleux qu’elles accueillirent avec plaisir après plusieurs jours de camping.

-Nous ne pouvons pas vous déposer n’importe où au Pays d’Aura. Comme vous le savez, notre guilde n’est pas le bienvenue partout…

-Pouvez-vous vous approcher du Sélénos ? demanda Heero, s’attirant les regards des jeunes filles.

-Les alentours… Oui, mais pourquoi le Sélénos en particulier ?

-Un message vient d’être posté sur le BBS, il semble être de Naru et elle indique qu’elle se trouve sur les rives du Sélénos.

-Un message de Naru ??? S’exclamèrent Isaka, Asuka et Mimiko en lui sautant presque dessus.

Le cyborg n’eut pas de geste de recul, indifférent apparemment à l’idée de se retrouvé mis à terre par le poids de trois jeunes filles… Ou alors était-ce un poids qu’il pouvait supporter, ce qui n’étonnerait personne. 

-Elle va bien ?

-Elle a réussi à s’enfuir?

-Elle doit être terrorisée !

-Elle a l’air d’aller bien. Elle ne s’est pas exactement enfuie, le bateau où elle se trouvait à fait naufrage et elle n’a pas l’air particulièrement terrorisée, annonça t’il en répondant à chacune des questions. Voulez-vous que je lise le message en entier Maître ?

La moue de Mimiko et ses yeux qui se rétrécirent lui firent réaliser qu’il avait, à cause de l’habitude, fait une erreur. Mais il avait du mal à lutter contre les programmes préétablis de son système.

-Mimiko ? Essaya-t-il, pour se rattraper.

-NON ! Répliqua la petite fille en lui tournant ostensiblement le dos pour s’adresser à Tifa :

-Il y a-t-il une borne BBS dans ce vaisseau ?

-Oui, elle se trouve dans le couloir de l’ascenseur…

-Bien.

Elle prit cette direction d’un pas furieux et Asuka et Isaka après un regard et un soupir, partirent à sa suite, laissant derrière elles un cyborg vexé de se voir préférer une stupide borne.

Tifa le regarda avec étonnement froncer les sourcils dans leurs directions. De sa vie, elle n’avait jamais vu un cyborg avec l’air aussi humain.

***

Naru avait depuis un moment perdu ses repères et ne voyait pas du tout où ils pouvaient être par rapport à New Parm ou le Selenos.

De l’autre côté du grand lac la végétation avait rapidement perdu ses accents tropicaux, preuve qu’ils rentraient dans les terres, pour être remplacé par de grands châtaigner, érables, bouleaux, fougères et buissons aux feuilles grasses. Un décor qui lui était beaucoup plus familier et s’il n’y avait pas eu ce ciel aux nuances étonnantes qui commençait à lui être habituel, elle se serait cru sur Terre.

Ils avaient suivi pendant un moment une grande route de terre avant d’obliquer vers l’est, lui semblait-il, sur un petit chemin où ils n’avaient croisé que deux personnes qui avançaient dans le sens contraire.  

Si le long de la grande route ils n’avaient pas été embêtés par des monstres, ceux-ci réapparurent alors, mais cela ne l’inquiéta pas outre mesure. Plus alarmant était le visage de Trowa qui semblait s’obscurcir au fur et à mesure qu’ils avançaient, le laissant plus laconique que jamais.

Elle avait bien essayé de lui faire cracher le morceau, mais rien n’à y faire.

C’est pourquoi elle faillit presque sursauter quand il ouvrit la bouche en pointant une direction à leur gauche :

-Par là c’est la Plaine d’Andante. C’est un endroit très joli de jour comme de nuit. J’aimerais bien te le montrer, mais pas pour aujourd’hui, nous avons besoin de nous arrêter.

-Il y a un refuge dans le coin ? Demanda-t-elle alors car les lieux semblaient sauvages.

Il y avait sans doute eu un chemin ici autrefois, mais faute de pieds pour le fouler, la nature avait repris ses droits et depuis ce n’était guère plus qu’une piste.

-Non mais il y a un endroit où nous pourrons nous mettre à l’abri.

Comprenant qu’elle n’en saurait pas plus pour le moment, elle s’efforça de le suivre alors que les premières étoiles apparaissaient dans le ciel.

Ils n’en eurent pas pour très longtemps car bientôt, au détour d’un massif d’arbres, elle découvrit les ruines d’une ancienne maison. Elle devait être plutôt grande à l’origine, mais il n’y avait presque plus de trace de ce qui semblait être une écurie et l’étage paraissait s’être effondré, privé de ses poutres.

*Un incendie…* Supposa-t-elle au vue des pierres noircies.

Cela devait remonter à un petit bout de temps puisque le lierre et les plantes grimpantes s’étaient emparés du lieu, lui donnant un aspect pittoresque et relativement charmant. Ce dont elle fit part joyeusement à Trowa en s’asseyant sur une pierre.

Celui-ci ne semblait pas partager son avis car il resta plusieurs minutes debout devant la ruine, l’air grave et perdu dans ses pensées.

Finalement, alors qu’elle allait finir par s’excuser sans raison, il ouvrit la bouche :

-Autrefois vivait ici une famille. Ils étaient très connus dans tout le Pays d’Aura et au-delà. Au rez de chaussé se tenait une boutique où l’on vendait les meilleurs potions et même certaines complètements inédites car faisant parti des secrets de la famille. Un jour une vieille dame est arrivée et a cherché à voler une recette secrète… Ce jour-là, la demeure ancestrale brûla, deux personnes perdirent la vie et une autre son œil…

-Ho… C’était ta maison Trowa… ?

-Oui.

-Et je suppose que c’était tes parents et cette vieille dame la sorcière…

L’homme sembla se secouer et lui fit un sourire contrit en lui prenant les mains :

-Mais tu as raison, cet endroit a toujours était pittoresque et charmant… Même ainsi. Je vais chercher de l’eau. Toi ramasse donc un peu de bois mais ne t’éloigne pas. Je suis persuadée que cette sorcière va revenir ici…

-Pourquoi donc ?

-Parce que ce jour-là, elle n’a pas réussi à obtenir ce qu’elle voulait… Alors reste sur tes gardes et méfie-toi, continua t’il en fronçant les sourcils.

Il lâcha ses mains et disparut dans la nature. Naru se retrouva seule et pour le coup un peu inquiète. Elle se releva d’un bond et fixa les branches qui pourraient faire l’affaire :

-Bon ! Voyons ces bran…

 

 

 

-Naru ! NARU !

Naru se retourna, surprise. Elle était au beau milieu de la forêt et la nuit était tombée.

-Mais… ? Qu’est ce que je fais là ?

Trowa sortit de derrière un arbre, son visage passant de l’inquiétude au soulagement :

-Je t’avais dit de ne pas t’éloigner !

-Mais… Je n’en avais pas l’intention…

-Je vois, tu t’es perdue sans t’en rendre compte Allez, suis-moi.

La jeune fille le suivie, les sourcils froncés, déboussolée. Elle avait eu comme un blanc qui semblait avoir duré presque une heure. Décidemment, elle gardait des séquelles de son naufrage…

Devant la maison en ruine l’attendait un feu crépitant bien agréable où grillaient deux poissons. S’asseyant sur son rocher, elle prit la brochette que lui tendit l’alchimiste et apprécia de pouvoir manger. Elle n’allait plus penser à sa curieuse aventure quand, alors que Trowa montait la tente dans la maison, elle sentit un curieux objet logé entre ses deux seins. Ecartant le bandeau qui les retenait, elle découvrit un petit objet métallique de forme carré et plate.

Comment cela avait-il pût atterrir là ? Et quand ? Et où avait-elle déjà vu une chose de ce genre ?

Un frisson glacé la parcourut alors de part en part. Sa main tenant la carte mémoire de Shinobu se mit à trembler.

A l’intérieur elle était tétanisée de peur alors que l’affreux pressentiment qui la taraudait depuis le naufrage se dévoilait dans toute son horreur. Ce n’était pas la première fois qu’elle avait ces blancs…

Au fond elle savait ce qui se passait même si elle refusait de l’admettre.

Prise par le temps, elle prit une feuille de papier dans sa besace, y enveloppa la carte mémoire et avec un crayon de papier écrivit le plus vite possible : « Pour les filles de l’Autre Monde » avant de fourrer le tout dans sa sacoche et la jeter prés de celle de Trowa.

Elle aurait ainsi fait tout ce qui était en son pouvoir.

***

-Alors, tu pars ?

Arisa cessa un instant de faire le tri dans les affaires qu’elle transportait et se tourna vers la femme blonde qui se tenait contre l’embrasure de la porte. Sa… Sa mère.

La jeune fille regarda tout autour d’elle ce qui avait été sa chambre à elle et à ses deux frères. En fait, vu que c’était un espace qui n’était pas clos sous les toits, ça lui faisait plus penser à un grenier qu’à autre chose à présent. Le toit en chaume, les épaisses poutres de bois brut mélangées aux os, les pièces de cuirs qui pendaient au-dessus de sa tête et recouvraient certains murs, les fourrures jetées par terre ici et là pour recouvrir le plancher… Les habitants de Delph avaient un mode de vie très simple, sans chichis et surtout, communautaire. Famille nombreuse était synonyme de bonheur et elle s’étendait aux membres les plus éloignés.

Tout ça ne lui déplaisait pas au fond. Elle se demanda même si c’était pour ça qu’elle n’aimait pas la solitude.

-Il le faut. Je ne peux pas tout lâcher comme ça … Et puis… Je crois que j’ai besoin de réfléchir.

-Hum…

Xyadia se rapprocha d’elle et lui donna une grande bourrade dans le dos :

-C’est bien ma fille ! Vas jusqu’au bout de ce que tu commences ! Je ne sais pas ce qui s’est passé pendant ton absence, mais une chose est sûre, ça t’as rendu plus résolue !

Arisa lui fit un sourire gêné. Si elle avait été plus forte à l’époque, elle n’aurait pas abandonné Wufei et peut être que… aussi fou que ça pouvait l’être, elle n’aurait pas eu sa vie terrienne…

*Non, c’est… Oh c’est juste incompréhensible…*

Elle finit de ranger son petit sac qui semblait ouvrir sur une dimension parallèle vu tout ce qu’il pouvait contenir et rejoignit ses amies dehors.

Kitsune et, curieusement, Umiko étaient déjà prêtes (mais après tout, il n’y avait pas une seule prise où elle pouvait faire chauffer son lisseur !). Spinel Sun aussi évidemment. A part ce dernier, elles la regardaient avec curiosité pour l’une, et un peu d’angoisse pour l’autre. Elle s’empressa de rassurer la rousse :

-Bon, nos traineaux sont prêts ?

-C’est les loups les plus rapides de tout Delph lui assura son père en caressant le museau d’un des loups de tête. Tu n’auras qu’à les laisser au comptoir de Macalania.

-Merci papa. Tu ne m’en veux pas trop… De repartir ?

L’homme qui semblait tout joyeux prit alors un air grimaçant qui faisait un peu peur.

-Oh non papa…

-Bien sûr que ça me déchire le cœur de te voir repartir !!!! Braya-t-il en l’attirant à lui et la broyant contre son torse. Ma petite musaraigne !!!!

-Et puis ton père sait que c’est bon pour toi, intervint Xyadia.

-Oui, et puis Wufei sera là pour veiller sur toi ! Continua Wolfs en reniflant fortement.

-Wufei ?

Elle le remarqua alors occupé à caresser deux loups, accroupi à même la neige. Il se releva, et elle remarqua qu’il n’avait plus rien à voir avec l’être diminué qu’elle avait retrouvé au bal. Ses yeux étaient d’un rouge vif brillant, sa peau semblait moins dure, plus humaine et ses mouvements étaient plus souples et son visage serein, comme s’il était enfin en paix avec lui-même.

Comme l’avait été son frère avant sa transformation… Beau et puissant comme le tigre aux dents de sabre qui était son totem.

Il se tourna vers elle et lui envoya un sourire narquois :

-Evidemment que je viens. Je suis censé te protéger, tu as oubliée ? Et puis cette sorcière a l’air d’être un sacré morceau !

-Génial…

Pendant que ses amis s’installaient sur les traineaux, Arisa fit ses adieux à sa famille. Ce fut douloureux, surtout pour ses os et elle s’empressa de passer au suivant afin d’éviter une nouvelle accolade qui lui donnerait l’impression d’être piétinée par un mammouth. En tout dernier elle posa les yeux sur son frère ainé qui se tenait un peu à l’écart.

-Quatre…

Il lui adressa un petit sourire, plus triste que joyeux.

- Portes-toi bien petite sœur…

Elle se demandait bien ce qu’il ressentait, lui qui était né pour être différent d’eux tous, tellement différent qu’il semblait ne même pas faire partie de leur famille.  

Acquiesçant, elle s’allongea dans le traineau que conduisait Wufei et leur fit un signe de la main avant que d’un mouvement de fouet, les loups s’agitent et partent en trombe.

-Je n’aurais jamais vu une musaraigne aussi aventureuse… Geignit son père.

-C’était le destin je crois, répondit Quatre d’un air triste, et rien de ce que j’ai pût faire n’a changé cela…

-Que veux-tu dire Quatre ? S’étonna Xyadia.

-Je lui ais menti. Son totem n’est pas la musaraigne… Mais quand j’ai vu celui que les Esprits lui réservaient… Et son caractère de l’époque, j’ai eu peur… Et j’ai pensé que si je lui donnais un totem petit et modeste, elle resterait près de nous et… Mais au final…

-On ne peut pas jouer avec les Esprits, fils, répondit sagement Wolfs.

-Mais alors… Quel est son totem ? Demanda Xyadia.

-Il s’agit du même que celui qui fut donné au fondateur de notre pays il y a de ça 500 ans…

-Oh… Esprits tout puissants…

**

Les traineaux filaient à vive allure sur la neige et Arisa regarda une dernière fois ce paysage familier en se demandant si elle y reviendrait.

Au passage d’une dune, elle aperçut la silhouette caractéristique d’un loup trilobé solitaire. Elle le fixa, troublée, et celui-ci la regarda de toute sa magnificence avant de courber légèrement la tête, comme s’il la saluait.

Etonnée, elle copia le geste, et l’animal se détourna et disparut dans la blancheur des steppes enneigées.

 

Un loup solitaire revient toujours auprès de sa meute.

***

Le Dragonfly avait pris la direction de l’Endroit et voguait dans une mer de nuage. Asuka les regardait par les grandes fenêtres, perdues dans ses pensées.

-Dis… Monde… pourquoi sommes-nous ici ? Finit-elle par marmonner avant de se retourner et de s’affaler au milieu des coussins.

Mimiko tourna la tête vers elle tout en posant sa tasse de thé sur la petite table qui se trouvait au milieu des trois divans disposés en alcôves. Isaka couchée face à elle s’amusait à faire sauter Flambe dans ses bras et la bestiole semblait aimer ça.

Heero faisait le piquet à côté d’elle et Duo discutait avec Taï et Sacha dans un autre espace de repos.

-Qu’est ce qu’il y a Asuka ? Depuis que nous sommes revenus, tu es vraiment songeuse. 

-Bah… Toujours les mêmes questions… Pourquoi ? Comment ? Et… Allons-nous passer notre vie à nous chercher les unes les autres sans autre but que d’essayer de rester en vie ?

-Naru est avec Trowa. Les filles arrivent… J’estime qu’hormis mon rétrécissement, les choses s’arrangent, répliqua Mimiko.

-Mais… On ne sait toujours pas pourquoi on est ici ?

-Eh bien… Si. Nous deux sommes les clefs et sommes originaires de ce monde. Les autres ont malheureusement étaient entrainées avec nous. Point final. Je ne pense pas qu’il faille chercher midi à quatorze heure.

Isaka cessa de faire sauter l’akuma dans ses bras et le serra contre elle en regardant ses deux amies, silencieuse. Mais Asuka et Mimiko ne le remarquèrent pas.

-Non, il y a tellement de choses tout autour de ça qui ne sont pas claires… Pour commencer : qu’est-ce que des ruines de ce Monde foutaient sur la Terre ? Et… Pourquoi cette scientifique-là… Chitose Hibiya, t’as envoyé sur Terre ? Et pourquoi moi j’ai été incapable de revenir avec mon… hum… Enfin ce drôle de type qui est censé être mon père ?

-Pourquoi j’étais la seule à pouvoir ouvrir le boitier de Shinobu ? Rajouta Mimiko.

-Et que dire de ce Wufei qui prétend qu’Arisa est sa sœur ? Ca veut dire qu’il y a une Arisa aussi ici ?

-Et il y a la Leaf…

-Oui, la Leaf.

-C’est amusant de vous regarder réfléchir, on dirait un match de tennis, annonça Isaka alors que les deux invoqueuses s’étaient plongées dans un silence perplexe.

-Qu’est-ce que tu en penses, toi, Isa, de ces histoires de « filles qui viennent de l’autre monde » ? La questionna Asuka.

-Eh bien… Pas grand-chose.

-Hein ?!

-Les réponses jusqu’ici nous sont arrivées sans qu’on force les choses. Je crois que ça ne sert à rien de réfléchir à des choses que nous ne pouvons élucider seules.

-Oui mais bon… on va pas attendre qu’elles viennent d’elles même sinon on y est encore jusqu’à l’an prochain ! Et encore c’est optimiste !  

-Et alors ? Moi je le trouve plutôt intéressant ce monde.

Asuka la regarda, surprise. Elle avait toujours pensé qu’Isaka ne voudrait qu’une seule chose : revenir chez elle.

Fronçant les sourcils, elle réalisa qu’elle n’avait jamais vu Isaka se plaindre une seule fois ou baisser les bras… Non, en fait… On aurait plutôt dit qu’elle s’amusait.

-Réfléchis Asu, qu’est ce qui nous attend chez nous ? Les études ? Les stages ? Si c’est un travail que tu veux, je suis sur qu’on peut t’en trouver un ici. Un petit copain ? J’ai comme l’impression que tu as déjà tes yeux sur quelqu’un…

-Mais non ! S’indigna Asuka en rougissant.

-… Une maison ? Pareil. Un chien, un chat…

-Oui bon, j’ai compris ! Mais… Ce n’est pas la Terre. Tout est différent ici… La mentalité, la politique… Et puis, il y a nos proches…

-Dont on se serait, de toute façon, éloignées, répliqua Isaka. Vous avez 18 ans, moi j’en ai même 19, on est plus des adolescentes, on doit construire notre vie et la choisir.

-Oui, mais…

-Tant que tu continueras à te montrer aussi chipoteuse, tu ne pourras pas choisir. Tu ne peux pas avoir tout Asu.

La jeune fille se laissa retomber sur le dossier du divan avec un long soupir.

-Tu n’as pas tort Isa, approuva Mimiko. Mais je conçois aussi que ce soit difficile de faire un choix…

-Pour l’instant, il y a plus important que de s’inquiéter sur ces sujets. Il faut retrouver Naru et la carte mémoire de Shinobu ! Rappela Isaka d’un ton sévère. Pensez à cette pauvre Shin qui n’a même pas l’occasion de réfléchir à ces choses ! Je ne l’ai même pas revu depuis qu’on est ici !

-Pour Naru, ça va être fait, répliqua Duo qui avait entendu le plaidoyer d’Isaka et s’était rapproché. Mais ça va être coton de trouver cette fichue sorcière qui a la disquette.

-Oui, c’est vrai… Fit Isaka avec une petite grimace.

-Non. Elle est près du Sélénos elle aussi, répliqua Heero.

Comme d’habitude, tout le monde fut surpris de l’entendre parler.

-Comment tu sais ça, toi ? Grommela Duo en le regardant en coin.

Heero haussa les sourcils, surpris :

-Tu devrais le savoir aussi. Après tout…

Il hésita un instant, jetant un regard à Mimiko et celle-ci l’encouragea d’un hochement de tête.

-Après tout Naru est une mage noire.

Duo tressaillit comme s’il avait reçu une attaque FoudreX. Les filles se regardèrent sans comprendre et Asuka haussa des épaules. Quand il se retourna vers elles, furieux, elles saisirent encore moins ce qui n’allait pas.

-Naru est une mage noire ?!?!

-Bein oui et alors ? Moi invoqueur, elle voleuse, what’s the problem ?

-Naru est une mage noire !

-Tu te répètes.

-Pourquoi vous ne me l’avez pas dit ?!?

-Je me répète : quelle importance ? On est tous quelque chose ici.

-Vous m’avez laissé… Oh mon dieu… Trowa est avec elle !!!!

***

Un cauchemar réveilla brutalement Trowa et comme souvent dans ces cas-là, son œil droit se mit à le brûler. Laissant la douleur l’envahir sans essayer de résister, il se rendit compte qu’il ne tenait plus le corps de la petite mage dans ses bras.

Bien qu’une partie de lui regrettait de l’avoir amené jusqu’ici et de lui faire courir tous ces risques, une autre avouait qu’il se sentait plus fort grâce à sa présence. Son calme et son contrôle d’elle-même, sa douceur aussi, agissait sur lui comme un baume apaisant.

Il sortit de la tente, s’attendant à la trouver à regarder le ciel, perdue dans ses pensées. Cependant, une fois dehors, il n’y avait pas de trace d’elle.

Pourtant toutes ses affaires étaient encore là…

Il l’appela, au cas où elle serait simplement dans les alentours, mais seul le silence lui répondit. Attrapant d’une main son canon, il s’engouffra dans la forêt, seulement éclairé de la lune et continua sa recherche, criant le nom de la jeune fille, quitte à attirer tous les monstres du coin sur lui. Cela dura un certain temps… Jusqu’à ce qu’il surgisse d’un buisson dans la gigantesque plaine d’Andante.

Celle-ci était recouverte de fleurs bleue et blanche qui, la nuit tombée, s’ouvraient pour luire d’une douce lumière, transformant la plaine en champ de lumière.  

Il était difficile d’imaginer que ce lieu avait autrefois était l’un des plus sanglants champs de bataille de l’Endroit. Il tourna intuitivement les yeux vers le centre où il savait se trouver la tombe d’Aura.

Une petite silhouette se tenait devant et il se sentit revivre.

Il courut immédiatement dans sa direction, faisant s’envoler à son passage plusieurs pétales lumineux. La jeune fille ne se retourna pas, continuant à fixer la tombe face à elle.

Trowa se demandait comment elle avait bien pût atterrir ici. Ca ne le gênait pas outre mesure, il avait bien eu l’intention de lui montrer la plaine car elle valait le coup d’œil, mais il aurait voulu avoir un peu plus de temps pour y penser.

-Naru… ? L’appela-t-il doucement alors qu’il se trouvait à quelques pas d’elle.

Elle tourna très légèrement la tête vers lui, sans qu’il puisse pour autant voir ses yeux.

-C’est ironique… Fit-elle d’un ton un peu bizarre.

-Quoi donc ?

-De me retrouver à cet endroit… Continua-t-elle en fixant à nouveau la tombe et les mots gravés dessus.

-Je pense que je comprends… C’est bizarre… Que le destin nous ait fait nous retrouver en de telles circonstances… Mais…

Elle se retourna vers lui, la tête légèrement penchée, ses boucles brunes dévalant sur ses épaules.

-Tu ne dois pas avoir peur, continua Trowa, je te protègerais. Je ne laisserais personne te faire du mal…

En une enjambée il la rejoignit et serra son corps dans ses bras. Comme elle semblait petite et fragile par rapport à son propre corps… Et comme tout cela devait être difficile pour elle, la fille de l’autre monde…

Il avait du mal à l’accepter, lui qui avait passé les quinze dernières années à éviter les gens et leur contact, se contentant de relations superficiel et rapidement laissée de côté, mais au contact de cette jeune fille qui s’était imposée, il avait réalisé à quel point la chaleur humaine lui manquait… Et comme il appréciait la sienne.

Oui… En fait, il l’aim…

Il sentit la jeune fille rire doucement dans son torse et ses mains se lever jusqu’à son visage. Caressant d’abord ses joues avant de glisser sur son cou et soudain, le lui agripper avec une force qu’il n’aurait jamais imaginé.

Son corps se figea et il se rendit compte qu’il était paralysé et qu’il ne pouvait pas se défendre. La poigne sur son cou s’accentua et il commença à avoir du mal à respirer.

-Na…Ru… Pourquoi ?

-Pourquoi ? Fit une voix dont les accents n’avaient vraiment plus rien à voir avec la jeune fille qu’il connaissait.

Il croisa son visage et vu avec surprise le regard de la jeune fille virer au violet.

-Parce que tu es un idiot !

Ses jambes lâchèrent et il se retrouva à genoux, son visage rouge, à la fois de colère et parce qu’il manquait d’air. Il ne pouvait quasiment plus parler sans s’étouffer.

-Pauvre, pauvre Trowa ! Et cette pauvre Naru… Elle a pris peur quand elle a commencé à comprendre et elle a voulu s’en aller pour te protéger. Mais la vérité est qu’elle ne peut pas me résister, elle est beaucoup trop faible pour ça ! Et puis elle me devait bien ça : j’ai fait tout ce que je pouvais pour la garder en vie jusqu’ici.

Les yeux de Trowa s’agrandirent alors que lui aussi commençait à comprendre.

-Tu… es…

Naru releva la tête sans cesser de l’étrangler et éclata d’un rire extatique. Alors ses cheveux poussèrent, ses vêtements se métamorphosèrent en une tenue moulante près du corps, violette et verte et un diadème aux couleurs tourbillonnantes apparut sur son front. Autour d’eux, comme une onde dans l’eau, les magnifiques fleurs s’éteignaient, perdaient leurs pétales et se rétractaient alors que leur vie était aspirée.

-« Oh ! Zut ! Ce n’était pas une Mage Blanche ! » Se moqua t’elle devant le regard à la fois ulcéré et douloureux qu’il lui lança.

-Sor… Cière…

-Oui, je suis bien contente de te revoir mon petit Trowa. Je dois avouer que tu as bien grandi depuis cette fois… Cette fois où j’ai pris ton œil… Mais moi j’ai plutôt rajeunie ! Contrairement aux autres fois, je n’ai pas eu trop de mal à renaitre, tu vois ? Ton maudit peuple de couard qui n’hésite pas une seconde à tuer leur propre fille du moment où elle se révèle mage noir… Ils n’ont rien pût faire cette fois-ci… Et le corps de cette jeune fille est étonnant, c’est comme s’il avait été conçu exprès pour moi. Il est puissant et résistant !  

-Gr…argh…

-Bon, trêve de bavardage, les ingrédients que tes stupides parents m’ont donné n’ont mené à rien, mais maintenant je sais pourquoi. Tu l’as dit toi-même, il manquait l’ingrédient final ! Je veux savoir lequel… Ou je te tue.

-Cr..ève…

-Vraiment, tu n’es pas très galant… Peut-être devrais-je reprendre l’apparence de cette chère petite Naru, elle à l’air de beaucoup plus t’inspirer… N’est . ce . pas ?

Trowa ne pût rien dire. Déjà des tâches noires envahissaient sa vue et les sons semblaient comme venir de loin.

Au final, alors qu’il était au seuil de rejoindre Starry Dawn, il n’éprouvait plus qu’une horrible tristesse.

Naru…

 

A suivre… 

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21 octobre 2012

Chapitre 11: Delph

Auteur: Mimiko

Série: Pleins de trucs, ça vogue entre du Grandia et du FF…

Genre: euuuuuuuh. Bonne question.

Couple: … Qui sais ?

Disclaimer: Tous les personnages cité appartiennent aux G.girls ou s’appartienne eux même, faut voir.

Disclaimer 2 : Duo, Trowa et Wufei sont à Sunrise; Seishiro, Sakura, Spinel Sun et Keroberos sont à CLAMP.

 


 

Elle courrait au milieu des sapins, faisant fi de la neige qui tombait et qui lui fouettait le visage, le cœur saignant et hurlant.

Le Temps se télescopait. Le Passé et le Présent se rejoignait, faisant trembler le ciel et frémir les âmes.

Dans deux Périodes différentes, deux Arisa parcouraient ce chemin, leurs sentiments, leurs désespoirs identiques.

Elles avaient voulu faire pour le mieux, alors pourquoi tout avait mal tourné ? 

S’éloignant toujours plus vers le nord, dans des lieux où le vent glacial figeait des monuments de glaces changeant et parait les conifères de décorations de cristal, royaume des loups et des ogres de glaces qui faisaient de tout égaré leur pitance.  

Soudain le sol sous leurs pieds se déroba et les entraina sans qu’elles puissent faire quoi que ce soit, à l’intérieur des entrailles glacée de la Terre du Nord.

***

Ils avaient pris la route tôt le matin et avait quitté New Parm, son port et sa plage, pour entrer à l’intérieur des terres par un chemin de terre qui arpentait une végétation magnifique et abondante, globalement tropicale.

Pour Naru qui avait connu les déserts de l’Envers ou alors la flore basse des steppes, c’était merveilleux de voir, de l’autre côté de la planète, cet univers coloré remplis de cascades ou de lagons caché qu’ils traversaient sur des ponts suspendus.

Ils n’étaient pas les seuls à voyager et plusieurs groupes d’une ou de plusieurs personnes les dépassaient ou restaient à plusieurs mètres d’eux, avançant plus lentement.

De temps en temps ils croisaient aussi des chevaliers montés sur des chocobos qui arboraient un bouclier orné d’une croix ailée. Naru supposa qu’il s’agissait d’une forme de police spécifique à la région puisqu’ils les prévinrent de faire attention aux monstres.

Mais elle ne se faisait pas de souci, Trowa, bien que silencieux, ne lui avait pas menti sur ses capacités, bien que sa façon de se battre était très différente de tout ce qu’elle avait pu voir jusque-là.

Il possédait sur son bras droit le plus gros modèle de… De quoi ? Fusil ? Canon ? Naru ne pouvait pas le définir avec précision d’autant plus qu’il ne fonctionnait pas avec des balles mais des capsules que Trowa fabriquait lui-même avec des choses aussi banales que des plantes ou des morceaux de monstres… Et il en plaçait deux ou trois dans son arme pour créer des réactions qui pouvait aller de l’explosion, à la foudre, ou même au soin de son équipe. C’était comme s’il fabriquait de la magie avec ce qui l’entourait. Et cette forme de magie plaisait beaucoup plus à Naru que celle qu’elle pratiquait en temps normal.

En temps normal oui, car Trowa ne lui laissait même pas le temps de se battre ( Et puis elle avait perdu son bâton de mage noir…). Il était tellement fort qu’il détruisait tous les monstres qui se pointaient en un coup.

Après quoi, il s’activait à récupérer ce qui l’intéressait sur les carcasses et à les ranger dans la grande besace qu’il portait.

Néanmoins, comme elle « participait » au combat, elle gagnait quand même de l’expérience puisqu’elle avait pris deux niveaux de plus.

Bref, pour la première fois depuis qu’elle était dans ce monde, elle n’avait plus peur du tout et n’était pas en train de s’inquiéter pour leur survie ou à jouer la grande sœur que personne n’écoute.

Ca faisait plutôt du bien d’être protégé et pris en charge de temps en temps. Elle aurait pu tomber sur bien pire.

Ce qui ne l’empêchait pas cependant de se faire du souci pour ses amies. Elle avait l’intention de leur dire que tout allait bien dès qu’elle trouverait un appareil de communication… Ce qui ne semblait pas très courant dans la région…

Elle s’arrêta alors que Trowa quittait le chemin pour dévaler une pente pour aller cueillir une grande fleur cachée à l’ombre.

-Qu’est-ce que c’est ? Demanda-t-elle.

-Une obscurcine, c’est une fleur assez rare qui ne pousse pas partout. On s’en sert surtout pour faire des poisons.

-Des poisons ? Et tu la ramasse pour ça ?

-C’est toujours bien d’en avoir en stock, et puis enduit sur la lame d’une épée ou sur une pointe de flèche, cela peut aider à terrasser un monstre.

-Ou pour assassiner quelqu’un…

Trowa lui jeta un long regard silencieux.

-Est-ce qu’on ne devrait pas juste fabriquer des potions qui font du bien ? Qui guérissent ? Qui protègent ? En tout cas, moi, si je pouvais en fabriquer, je ne ferais que celles-là.

L’alchimiste émit un petit rire, mais pas moqueur ou railleur :

-Tu pourrais. Il te suffit d’un bon livre de recette.

-Ca tombe bien, je suis plutôt douée pour suivre des recettes.

-… Bonne jusque dans l’âme, n’est-ce pas ? C’est une seconde nature chez vous. 

-…Hum ? Fit Naru qui ne comprenait pas ce qu’il voulait dire.

Elle n’eut pas de réponse car il tourna la tête et se mit à regarder dans le lointain, comme plongé dans ses pensées.

En y réfléchissant, elle se rappela qu’il la prenait pour une mage blanche. Et à vrai dire, ce n’était pas très étonnant, elle se sentait plus de disposition pour aider son prochain que pour l’attaquer. Elle ne comprenait pas pourquoi c’était ce pouvoir-là dont elle avait héritée en arrivant ici. Il faudrait tout de même qu’un moment ou à un autre, elle le mette au courant de la confusion… Enfin, ça pouvait attendre… Encore quelques temps.
Jetant un petit regard sur le visage pensif et séduisant de son compagnon, elle se maudit intérieurement. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien attendre d’un coup de cœur avec un homme qui n’existait pas dans son monde ?
Elle allait bientôt repartir et tout ce qui lui resterait de lui, ce serait des souvenirs… Et sans doute des regrets pour tout le restant de sa vie.  

****

-Et tu seras sage avec ton père…

*Hein ?*

Une belle femme aux longs cheveux châtains lui tapotait la tête en lui souriant avant de se relever et de s’éloigner un peu d’une démarche confiante.

*Mais c’est… ?*

Grésillement

-Il ne faut pas pleurer. Nous serons bientôt réunies ! Chitose nous l’a promis…

Gresillement.

Une femme derrière, plus loin, au sourire tranquille et aux longs cheveux noirs aux douces ondulations. Elle s’éclipsa, le vent s’engouffrant dans sa blouse blanche. 

*Elle nous a menti…*

 

Noir.

 

 

-…N’est ce pas Asuka ?

 

Noir.

****

 Ses paupières s’ouvrirent et Asuka papillonna un moment, ayant du mal à penser clairement.

Elle mit d’ailleurs un long moment avant de reconnaitre une des tentes dont ils se servaient sur le Monde des Dragons.

*Alors on est revenu ?*

Elle se redressa et se frotta les yeux, faisant glisser la couette sur ses jambes. Elle en avait assez de tomber dans les pommes à chaque fois qu’elle invoquait Holy Flame alors elle espéra au fond d’elle-même qu’il s’agissait bien de la dernière fois.

De toute évidence il faisait jour et elle se rendit rapidement compte que dehors, deux personnes étaient en train de se disputer.

-C’EST LA DERNIERE FOIS QUE TU T’ADRESSE A LUI COMME CA !!!!!

-Ah oui, sinon quoi minipousse ?

-JE TE BALANCE DEEP DARK AU CUL !!!!

-Je serais curieux de voir ça.

-GRRRRRR

-S’il vous plait, essayez de vous entendre…

-Quoi Isa ?!? Mais tu as entendu comment il traite Heero ! C’est impardonnable !

-Un tas de boulon qui a besoin d’une fillette pour le défendre ne mérite pas la moindre considération !

-Et puis Mimiko, ça n’a pas l’air de l’embêter… N’est-ce pas Heero ?

-…

-Dites… Ca vous dérange pas de faire autant de bruit à deux pas de quelqu’un qui est censé dormir ? Demanda à brûle pourpoint Asuka en sortant la tête de la tente, l’air vaguement dépitée.

Elle fut aussitôt assaillie par les trois compères, qui stoppés net, la fixèrent une seconde avant de lancer un « ASUKAAAA !!! » en s’attroupant devant l’entrée de sa tente.

-Est-ce que ça va ? Tu as assez récupéré ?

-Oui, je crois.

-On a eu des nouvelles de l’autre équipe ! Ils nous attendent au pays d’Aura !

-Le pays d’Aura ?

Asuka tourna la tête vers Duo, inquiète :

-Ça ira pour toi ?

-Si on ne s’approche pas trop des villes, ça devrait le faire ! Et on risque juste l’embêtement d’avoir la Guilde de la Croix de l’Ange au cul !

-Ouais bein ils sont vachement forts, rappela Isaka avec un regard noir pour Duo.  

Mimiko les écouta sans comprendre et tourna son regard vers Heero qui se tenait à l’écart :

-Croix de l’Ange. Guilde répertoriée. QG : Pays d’Aura, capitale d’Anastasie. Chef de Guilde : Zechs Merquise de classe « Paladin », nombres de membre : 57. Enregistrée dans le type de « rassemblement idéologique de combattants ».

Ils s’étaient tous arrêté de parler pour écouter Heero débiter ses connaissances.

-Comment se fait-il qu’un cyborg de l’Envers soit aussi bien renseigné sur une guilde de l’Endroit ? S’étonna Asuka.

-Une guilde est quelque chose de particulier dans le sens où elles ne sont pas contrôlées. C’est d’ailleurs pour ça qu’Avalanche peut aussi bien faire un pied de nez à Aura que faire chier en Envers. Néanmoins, toute guilde doit être signalée sous peine d’être considérée comme un rassemblement illégal de personnalité. C’est des histoires de droit, de juridiction, de truc pour nous autoriser à faire du commerce ou autre. J’ai jamais tout compris. Faudra demander à Trowa pour de plus amples détails ! Déclara Duo.

-Les gens n’ont pas le droit de se regrouper ?

-Pas s’ils foutent la merde ou se forment en association contre d’autres personnes.

-Dans ce cas-là, intervint Mimiko, ne sommes-nous pas illégales ? Notre groupe n’est pas recensé en guilde.

 -Bien sûr que vous êtes illégales, pourquoi croyez-vous qu’on vous poursuit partout ? Mais votre cas est un peu différent. Vous êtes les filles de l’autre Monde.

-Encore ces histoires… Marmonna Asuka d’un air incrédule avant de décider de s’extirper totalement de la tente.

Elle trembla un peu sur ses jambes comme si elle ne les avait pas utilisées depuis des mois.

-Combien de temps j’ai dormi ?

-Un peu plus de deux semaines, répondit Isaka. D’ailleurs il était temps que tu te réveilles, je ne sais pas combien de temps Mimiko aurait tenu avant de lâcher son cyborg sur Duo.

-Je ne « lâcherais » jamais HEERO sur Duo ! Intervint Mimiko, scandalisée.

Le concerné ne fit, comme à son habitude de cyborg, aucune remarque, même lorsque sa brunette de maitresse plongea ses yeux accusateurs dans les siens, semblant attendre quelque chose de sa part.

Asuka quant à elle était intérieurement mortifiée d’avoir passé autant de temps à roupiller et d’avoir obligé ses équipiers à l’attendre et à camper au beau milieu de nulle part dans la montagne.  

-Alors qu’allons-nous faire maintenant ?

-Eh bien si Mimiko voulait bien cesser de penser que sa machine se rendrait compte de ses sentiments, elle me laisserait l’utiliser pour joindre Tifa et lui demander de nous prendre en STOP, affirma Duo.

Mais ses paroles provoquèrent à leur grand étonnement deux réactions : Mimiko regarda Duo avec horreur comme s’il parlait de violer son cyborg et Heero le foudroya du regard laissant à penser que malgré tout, il éprouvait une certaine animosité pour l’invoqueur à la natte.

-HORS DE QUESTION !

Mimiko fut cependant la seule à s’exclamer.

-Donne nous le numéro de Tifa et laisse Heero la contacter !

-Mais il ne la connait même pas…

-Elle est d’AVALANCHE, je la connais, répliqua Heero laissant entendre sa voix grave tellement rare qu’elle en restait surprenante.

-Ah oui, tu es sorti avec elle ? Ironisa Duo.

Mais Heero ne retint pas sa pique et se tourna vers Mimiko pour s’agenouiller près d’elle :

-Veux-tu que j’appelle cette Tifa ?

-Si ça ne te dérange pas, répondit-elle sous un bruyant soupir désespéré de Duo.

Ce dernier préféra s’occuper d’Asuka et Isaka les suivit d’un pas guilleret à l’idée de bientôt quitter ce lieu désert.

Resté seuls, Mimiko et Heero s’occupèrent de l’appel. Une fois cela fait, Heero fixa sa maitresse.

-Qu’il y a-t-il ? Demanda-t-elle.

-Ca ne me dérange pas. Répondit-il.

-Hmm ?

-J’ai été conçu pour être utile alors il est inutile de me demander si ça me dérange.

Mimiko ne répondit pas immédiatement, notant intérieurement qu’il n’aimait pas montrer son individualité quand les autres étaient là.

-Je te le demanderai, répliqua-t-elle. Je te le demanderai à chaque fois si tu me dis ça comme ça. Si tu ne veux pas que je le fasse dis « je ne veux pas que tu me demande si ça me dérange ».  

Les yeux d’Heero devinrent sombres et son air coupable insupportable revint se figer sur son visage :

-Je ne te cause que des ennuis… Je t’ai mise en colère tout à l’heure et j’ai bien peur de ne pas pouvoir devenir ce que tu veux que je sois…

-Est-ce donc si difficile ? Demanda douloureusement Mimiko en posant ses mains sur ses joues avant de coller son front au sien en fermant les yeux.

-…

-Je SAIS que tu es humain, tu me l’a montré. Je pensais que te libérer de Leonheart te permettrait d’être plus toi-même avec moi, mais tu es encore plus distant.

-Ce Maxwell a raison, je ne suis qu’une machine.

-Est-ce que ça te satisfait ?  

-J’ignore ce que c’est d’être satisfait…

-Tu mens.

-Je suis un cyborg, je ne mens pas.

-Tu mens.

-Je ne peux…

-Tu mens.

Mimiko le lâcha d’un air sombre et commença à partir dans la direction opposée de ses amis. Heero, inquiet de sa sécurité voulut la suivre mais elle l’arrêta tout en gardant un air distant :

-Je t’ordonne de rester là comme un petit chien stupide. On verra si tu es toujours satisfait de ton sort.

-Mimiko…

-Tu désobéirais à un ordre de ton maitre ?

Et Heero resta à sa place avec l’air effectivement d’un chien abandonné alors que Mimiko s’éloignait dans la montagne toute seule pour faire passer sa propre peine.

Comme elle aurait voulu qu’il la suive…

***

La chute pour les deux Arisa avait été rude et quand elles se réveillèrent, il leur était impossible de savoir pendant combien de temps elles avaient été inconscientes. La Arisa du présent était cependant bien consciente que c’était arrivé dans le passé. Au fond d’elle, elle savait ce qu’elle allait voir… Et pourtant…

****

Elle s’était réveillée au fond d’une grotte sous la glace. Le choc avait été brutal et elle massa sa tête. Inconsciemment, sa main passa sur les deux blessures qui marquaient son cou, dernier souvenir de Wufei et tout le désastre de sa situation lui revint d’un coup.

Se remettant debout, elle regarda au-dessus d’elle, cherchant à trouver un moyen de remonter. Mais les parois du puits étaient lisses, elle n’avait aucune chance de pouvoir s’y accrocher.

-Alors là c’est sûr, j’ai touché le fond… Ca doit être la punition que m’envoient les Ancêtres : Mourir congelée dans ce trou !

Un courant d’air glacé passa dans ses cheveux, les faisant s’envoler et elle tourna la tête, se rendant compte qu’il était aspiré par une étroite cavité dans la neige.

Si le vent y passait, cela signifiait sans doute qu’il y avait une sortie !

Elle agrandie aussitôt la cavité de ses mains pour pouvoir s’y faufiler et découvrit un tunnel à la surface comme vitrée. Un peu inquiète, elle le suivit, son cœur battant de plus en plus fort à mesure qu’elle avançait. Le vent qui s’engouffrait dans le passage semblait la pousser en avant et presque, mais c’était peut-être son imagination, souffler son prénom.

C’était comme-ci elle devait tomber dans ce trou et découvrir cet endroit. Mais cette réflexion lui faisait un peu peur.

Le tunnel s’élargit alors, donnant sur une grotte ronde et voutée. Le plafond était percé d’un trou et de la neige tombait de là sur un grand bloc de glace au milieu.

Il lui semblait voir quelque chose dans la glace, mais il lui fallait s’approcher pour découvrir ce qui s’y tenait vraiment.

Son cœur battait à cent à l’heure alors qu’elle faisait quelques pas hésitant.

Une silhouette d’homme se dessina peu à peu. Il se tenait agenouillé, ses deux mains sur le pommeau d’une grande épée à moitié enfoncée dans le sol. Ses long cheveux blonds tombaient de chaque côté de son visage. Un visage qui lui semblait curieusement familier.

-… Delph !

On l’avait cherché longtemps, le tombeau de Delph sans jamais le trouver. Sans se douter qu’il se trouvait figé à plusieurs mètres sous leurs pieds.

Elle avança la main vers la glace.

 

Alors que ses doigts la touchaient…

 

Ses derniers souvenirs furent deux yeux verts qui s’ouvrirent.
Puis le noir total.

****

Arisa retrouva l’ouverture dans le puits. Elle l’agrandit à nouveau et entra dans le tunnel.

Puisque c’était ici que tout s’était terminé, c’était ici que tout recommencerait.

Mais avait-elle envie de reprendre là où ça c’était arrêté ? Est-ce qu’elle risquait d’y laisser celle qu’elle était actuellement ? Avec tous ses souvenirs de l’Autre Monde ?  

Etait-elle vraiment une usurpatrice ? Ou sa vie une imposture ?

Tout d’un coup elle avait peur. Ses jambes tremblaient et ne voulaient plus avancer.

Quelle était la vérité ?

Qu’est-ce qu’elle était prête à perdre ? Et qu’est-ce qu’elle refusait de céder ?

Elle aurait voulu garder ses deux vies, mais l’une, ou du moins une partie, était nécessairement fausse.

Serrant les poings, elle s’exhorta au courage.

Puisqu’elle était incapable de prendre une décision autant qu’elle laisse le soin aux évènements de s’en occuper.

Elle se força à avancer jusqu’à la grotte ronde et son occupant endormi. Elle s’attendait à revoir Delph, prisonnier de son sarcophage de glace.

Sur les lieux, elle avança de la même façon, voyant se découper la silhouette humaine, et les cheveux, et l’épée… Mais !

Elle écarquilla les yeux de surprise, une partie d’elle refusant les aboutissants de ce qu’elle voyait.

 

Dans la glace, ce n’était pas Delph qui l’attendait.

 

C’était elle !

 

Une Arisa moins âgée qui était pétrifiée dans la glace.

*C’est moi… ! Mais alors moi je suis quoi ?*

 

-Elle attendait le moment où elle se rappellerait… Que comme Mimiko… Elle…

 

Arisa leva la main pour toucher son autre elle, mais au moment même où ses doigts entrèrent en contact avec la glace, elle se sentit soudain tomber dans les ténèbres, son existence se diluer et se dissoudre.

 

L’autre Arisa se réveillait.

***

Holy Flame était en train de s’endormir et le ciel s’enflammait de couleurs pastelles magnifiques. Trowa avait un petit sourire mystérieux depuis et Naru se demandait à quoi il était dû. Elle savait juste qu’ils approchaient du Sélénos, le lac où les monstres étaient censés s’être multiplié.

Mais avec tous ceux qu’avait détruit l’alchimiste, elle doutait qu’il en reste ne serait-ce qu’une dizaine.

Passant une courbe, ils tombèrent alors sur les rives du lac et là, elle ne pût que s’arrêter, ébahie.

Elle s’était attendue à un bête lac envahi de monstres, mais elle finissait petit à petit par comprendre que ce monde ne contenait pas uniquement des choses horribles et effrayantes, mais aussi des choses magnifiques comme il ne pourrait jamais y en avoir dans son monde.

Elle se rendait compte que c’était un cadeau de Trowa. C’était ça la raison de son sourire.

Le lac était immense d’une couleur entre le bleu et le vert foncé, on voyait de l’autre rive une unique bande sombre au loin et sur les eaux calmes se tenaient des espèces de nénuphars aux fleurs d’un beau rose où voletaient ici et là des petites lueurs de couleurs différentes comme celles qui apparaissaient lorsque les monstres étaient vaincus.

-Wouaah…

-On dit que la nuit des centaines de furolucioles se réunissent sur le lac. Ca doit être assez impressionnant.

-Oui…

-Ca tombe bien, nous allons camper sur cette rive. Nous traverserons demain.

Il s’éloigna d’elle à longs pas pour trouver un bon emplacement. Naru, elle, resta à sa place un moment, continuant d’admirer le ballet des lucioles. Fascinée et perdue.

Elle ne savait plus quoi faire.

Elle pouvait essayer de se le cacher, mais la vérité était qu’elle ne se voyait pas abandonner totalement ce monde. Elle qui était censée être la cartésienne du groupe, la censée, la logique, la responsable, elle ne voyait pas comment elle pourrait reprendre la vie qu’elle avait là-bas sans être assaillie par la vision de ce lac, de ce pays, de Trowa, qui petit à petit s’estomperont et deviendraient inaccessible, comme les derniers souvenirs d’un rêve qui cherche à s’échapper au réveil.

Trowa monta une petite tente qu’il lui laissa et fit un feu où il fit cuire en brochette divers fruits qu’il avait ramassé dans la journée. Il devait bien les connaitre car ensemble ils se révélèrent succulents, plus juteux, rafraichissants et vivifiant que tous les fruits qu’elle connaissait.

Des fruits dont la pousse et la croissance n’avaient pas été modifié par l’Homme pour des critères de rendements ou d’apparences…

La nuit tomba peu à peu, Naru fit presque toute la discussion, Trowa était peu bavard mais il l’écoutait attentivement et son unique œil, d’un vert pénétrant, resta fixé sur elle.

Elle finit par s’excuser et se retirer dans la tente, mais une fois couchée, toutes les pensées qu’elle cherchait à chasser revinrent.

Elle pensait à sa famille dans l’autre Monde, à ses responsabilités vis-à-vis de ses amies, mais aussi à quel point il serait fou de rester ici, que ce n’était pas du tout raisonnable, qu’elle se faisait des idées juste parce qu’un type magnifique lui accordait son attention, alors que c’était elle qui s’était engluée à ses pattes. Comment une fille comme elle pourrait survivre dans ce monde insensé ? On se tapait dessus plutôt que de se parler, des potions étaient capable de ramener les gens à a vie et les morts se transformaient en monstre !

Mais n’était-ce pas, quelque part, ce qui était beau dans ce monde ? Ce flou entre la vie et la mort qui faisait que tout n’était pas définitif et que même quelque chose d’aussi triste et d’aussi glauque que la mort se transformait ici en une nuée de lucioles colorées ?

Incapable de s’endormir, incapable de savoir où elle en était après deux heures de réflexion intensive, les larmes aux yeux, elle rampa hors de la tente et s’approcha de la rive du lac pour s’y asseoir et observer les furolucioles qui étaient beaucoup plus nombreuses et qui donnaient l’impression que le lac était couvert d’étoiles.

Ce spectacle la touchait au cœur et elle se sentit étrangement nostalgique alors qu’elle n’avait pas encore quitté ce lieu.

Elle réagit à peine lorsqu’elle sentit deux bras musclés enserrer sa taille, le souffle de Trowa dans ses cheveux et sa présence rassurante derrière elle.

-Pourquoi pleures-tu ?

Sous la seule lumière que leur offrait le spectacle du lac, elle trouvait plus facile de se révéler.

-Je ne sais plus où j’en suis… Mes convictions… Semblent toutes s’effacer depuis que tu es là.

Il passa la main sur sa joue en une caresse très tendre et lui fit tourner le visage vers le sien :

-Et c’est mal ?

-Déroutant.

-Si ça peut te rassurer, moi aussi je ne m’attendais pas à ça… Pas à trouver ta présence si agréable, si douce… Moi qui fuyais les autres, je conçois à présent un manque.

-Un manque ?

-Disons, que je ne voyais pas plus loin que le jour où je détruirais la sorcière et que, durant cette journée, je me suis mis à penser à après…

Ses doigts à présent sur son menton, il cueillit un bref baiser sur ses lèvres.

Le bref temps qui suivit, scrutant son œil pour y découvrir la réalité de ces sentiments, Naru s’en servit pour envoyer balader toutes ses hésitations, tout en se traitant intérieurement de folle, et se redressa pour l’embrasser à son tour, beaucoup plus longuement et profondément.

Elle se retourna vers lui, passant ses bras autour de son cou et s’abandonna juste à ce qu’elle ressentait.

Trowa fut un peu surprit au début, puis adapta sa position, l’attirant vers lui, passant une main dans les boucles brunes de sa chevelure avant de les faire basculer tous les deux sur le sol.

Ils profitèrent de cette nuit étincelante pour s’aimer comme si c’était la première et la dernière fois.

***

De l’autre côté de la planète, un autre couple se tenait étroitement enlacé.

-C’est un peu gênant… Geignit Asuka alors que Duo lui faisait lever les bras et y faisait glisser ses mains jusqu’à les joindre aux siennes.

-C’est le seul moyen pour que j’arrive à te faire comprendre ce que c’est, alors, laisse-moi faire et épouse mes mouvements s’il te plait.

Asuka lui lança un regard peu amène de derrière son épaule.

-Eh ça sert à rien de faire ta prude, c’est bien pour ça qu’on s’est éloigné des autres.

-Tu as dit que c’était parce que c’était un truc entre invoqueur.

-Aussi, mais je savais que t’arriverais pas à te concentrer si on te regardait.  Allez !

Il avança d’un pas, elle avança d’un pas, il baissa son bras, elle baissa son bras, son sceptre faisant une parabole dans l’air. Il se tourna, elle fit de même.

Il était difficile de le suivre, si les pas avaient eu un sens, un ordre, cela ne lui aurait pas vraiment parut compliqué, mais là elle se sentait juste tirée ou poussée par Duo.

-Cesse de penser Asu, éteint ta tête et ouvre ton cœur, il n’y a que lui qui peut sentir le rythme, lui murmura t’il comme s’il avait deviné à quoi elle pensait.

Elle essaya de vider son esprit, mais lorsqu’elle ne pensait plus à ce qu’elle était censée faire, ses sens se mettaient aussitôt à l’écoute et c’était la présence du corps de Duo contre le sien qui s’imposait.

*Pas bien, pas bien, pas penser à ça… Mais en même temps, si en plus il me dit d’écouter mon cœur… A quoi il s’attend ce crétin ?!?!*

-Ca marche pas, gémit-elle.

Duo s’arrêta dans sa danse et la tourna vers lui, l’air plus sérieux que jamais.

*Ouah on dirait que c’est plutôt important pour qu’il n’en profite pas…* Songea-t-elle.

-Arrête de t’apitoyer sur toi-même. Tu n’es pas là pour toi, ce que tu fais ce n’est pas pour toi mets-toi en situation : tu montres la voie aux esprits, tu les soulages. Tu dois te montrer confiante, généreuse, aimante et miséricordieuse. Tu dois donner de la joie aux esprits, sinon ils ne rejoindront pas l’Au-delà et se transformeront en monstre pour se venger des vivants. Tu peux faire ça ?

Elle avait l’impression de se faire gronder et un peu honteuse, elle détourna le regard.

-Oui.

-Bon, reprenons alors !

Plus décidée, elle se remit en place et tacha de s’oublier et d’imaginer qu’il y avait de pauvres âmes devant elle qu’elle devait soulager.

Quelle tâche difficile que celle d’être Invoqueur !

Etre un type de combattant n’empêchait pas de faire un métier à côté qui ne pouvait ne rien à voir, mais les Invoqueurs, tout comme les Mages Bancs à ce qu’elle avait compris, étaient JUSTE des Invoqueurs et des Mages Blancs. Les uns étaient capables d’entrer en communication avec l’Au-delà et le monde des Esprits, ce qui en faisaient des sortes de maitres spirituels, régissant les grands changements de la vie, les autres gardaient les êtres humains le plus longtemps possible dans le Monde des Vivants.

*Et en plus de ça, on me demande d’être une princesse…*

Elle chassa aussitôt cette pensée de sa tête, il fallait qu’elle cesse de penser à sa petite personne. Si Duo y arrivait, elle devrait y arriver elle aussi.

Dans l’air vif de la montagne, elle se mit à écouter le bruit du vent et les lointains cris des rapaces. Puis petit à petit, s’en sans rendre compte, elle cessa de se laisser guider par le jeune homme et anticipait ses mouvements. Elle n’était plus manipulée, elle dansait à présent au même rythme que lui, même si elle n’en avait pas véritablement conscience.

Au début imperceptible, elle avait commencé à entendre le tempo, le rythme cardiaque de ce monde, accompagné par la voix des esprits, de plus en plus fort, jusqu’à la placer dans un état de transe.

Elle ne se rendit même pas compte que Duo la lâchait pour s’éloigner et la regarder continuer à danser toute seule.

Pas plus que des furolucioles qui étaient apparues, attirées par elle et qui virevoltaient autour de son corps.

Et encore moins des larmes qui coulaient sur ses joues parce qu’elle sentait toute la tristesse de ce Monde à l’agonie.

Elle finit cependant par s’arrêter, épuisée Ses jambes cédèrent et elle se laissa glisser sur la pelouse.

Les furolucioles s’éloignèrent et s’évaporèrent dans le ciel.

Duo s’approcha et se planta à ses côtés, l’air détendu.

-J’ai bien dansé ? Demanda-t-elle.

-Oui, c’était bien. En tout cas ça a plu aux esprits. Il n’y en a jamais eu autant autour de moi.

-Je sais pas vraiment comment j’ai fait.

-T’en fait pas, t’arriveras à le refaire quand il le faudra… C’est pas vraiment quelque chose qu’on fait tous les jours… Et c’est pas particulièrement marrant. Mais il faut le faire. Sinon tu sers à rien en tant qu’invoqueur !  

-Ey ! Répliqua-t-elle en lui donnant une tape sur les chevilles. Tu veux dire que je servais à rien jusqu’ici ?!

-Eh bien maintenant tu sais envoyer les âmes des morts dans l’Au-Delà. Tu connais la Cérémonie d’Accompagnement. Donc la prochaine fois qu’on tombera sur des macchabés, on s’évitera des problèmes.

-Et pourquoi tu le ferais pas, toi ?!

-… Parce que ça me saoule d’être en Invoqueur. Je préfère vraiment plus être en voleur !

-… En gros t’as la flemme quoi.

-…Ouais !

Evitant un nouveau coup, le jeune homme s’enfuit en ricanant retrouver les deux autres filles. Asuka préféra rester un instant à sa place, contemplant les montagnes face à elle, pensive.

Cette expérience où elle était entrée comme en communication avec les esprits l’avait plus marqué qu’elle ne l’avait laissé voir à Duo.
Ce Monde l’acceptait comme sienne et il semblait attendre quelque chose d’elle…

***

-ARISA !!!!

-ARIIISAAAAA !!!!!

-MA PETITE FIIILLLEEE !!!!

Wolfs, Kitsune et Umiko s’arrêtèrent un instant d’appeler tandis que Spinel Sun descendait vers eux :

-Il y a eu comme un effondrement de la neige plus au nord. Elle y est peut-être, je vais vous guider !

Le groupe se mit alors à suivre le cyborg, le cœur plein d’espoir après près d’une heure de recherches vaines.

-C’est un territoire dangereux par-là, marmonna Wolfs sans pour autant cesser de courir.

Et pour la énième fois, Kitsune maugréa qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle s’était enfuie aussi brutalement sans les prévenir.

Par chance il ne neigeait pas et ils avaient pût suivre à plusieurs endroits les traces de pas de la jeune guerrière.

Ils furent soulagés de les retrouver au fond du puits de glace.

-Elle a dû tomber, je vais tendre une corde pour que nous puissions descendre, annonça Wolfs en déroulant la corde qui lui servait de ceinture.

Il l’attacha à un sapin et descendit le premier. Kitsune et Umiko le suivirent sans trop de difficulté : les cordes du vaisseau fantôme les y ayant bien entrainées.

Ils découvrirent alors le passage menant à la grotte, que Wolfs et sa large carrure dut agrandir.

-J’espère qu’il ne lui est rien arrivé… Souhaita Kitsune alors qu’ils suivaient le tunnel.

-Elle est forte, la rassura Wolfs. Elle l’a toujours été, c’est bien ma petite fille.

La rousse ne lui répondit pas, elle s’en voudrait de lui briser ses espoirs, même s’ils étaient faux.

Mais Arisa ne pouvait pas être deux personnes à la fois à deux endroits différents. C’était impossible.

Ils arrivèrent finalement dans la grotte et s’arrêtèrent brusquement. La salle était complètement vide à part le corps d’Arisa qui gisait par terre.

Son père bondit à son chevet, la retournant pour voir son visage et de grosses larmes de soulagements glissèrent de ses yeux.

-C’est elle, c’est ma petite fille ! On dirait qu’elle n’a pas changé depuis qu’elle nous a quittés !

Umiko, compatissante, tapota le dos du géant blond alors que Kitsune se penchait sur la jeune fille pour voir si elle devait la guérir ou pas.

-Tiens… On dirait qu’il y a quelque chose de bizarre avec elle…

-Quoi ? S’inquiéta Wolfs.

-Bein euh… Elle vous semble pas plus… Petite ?

C’est ce moment que choisit Arisa pour se réveiller, l’air pâteuse.

-Arisa ! S’exclama son père en l’aidant à se remettre debout.

-C’est affreux, j’ai l’impression qu’un troupeau de mammouth m’est passé dessus… Geignit-elle.

Elle se redressa et alors ses deux amies eurent un moment de flottement.

Debout, elle faisait une demi-tête de moins que Umiko et deux têtes de moins que Kitsune.

-HEIIIINNNN ?!?!?!?!?

Plus haut, leur cris firent tomber plusieurs paquets de neige des sapins et s’envoler tous les oiseaux.

De toute évidence, il leur devenait de plus en plus difficile de quitter le Monde des Dragons…  

 

A suivre…   

24 novembre 2011

Chapitre 10 : Lien de sang (3eme partie et fin)

Notre préliminaire: Arisa est plus qu'autorisée à zapper la derniere partie. Je dirais même fortement incitée à ne pas lire la derniere partie.

Une Mimiko qui tient à sa vie. 

***

C’est le corps courbaturé et l’impression de s’être fait piétiné par un mammouth furieux et enragé qu’Arisa ouvrit les yeux.

-Hmm…

Elle était chez elle, à l’étage, confortablement enroulée dans au moins dix fourrures.

-… Trop chaud…

Elle sentit alors quelqu’un s’agiter auprès d’elle et le visage de Quatre apparut, les yeux ombrés d’immenses cernes noires.

-Starry Dawn en soit loué ! Tu es réveillée !

Cette réflexion de son grand frère lui fit froncer les sourcils, lui laissant une drôle d’impression dans l’estomac… Mais pas moyen de saisir pourquoi…

Elle tourna la tête vers son frère qui lui arrangea des coussins dans son dos pour qu’elle puisse s’asseoir, puis lui tendit un breuvage qu’elle but sans se poser de question. C’était chaud et elle pouvait reconnaitre le gout de la menthe sauvage, de la bruyère-citron et du thym réglissé.

-Est-ce que ça va ? Demanda alors le jeune homme.

-J’ai mal partout… Et je me sens vaseuse…

-C’est normal, ne t’en fait pas, on va tout faire pour que tu aille mieux…

Ne pas s’en faire… Ca va elle était douée pour ça… Mais il y avait quelque chose qui continuait à la rendre mal à l’aise.

Rapidement, elle fit un effort sur elle-même pour se forcer à se souvenir de ce qui s’était passé avant qu’elle n’arrive dans ce lit. Et ça fit soudainement tilt.

-WUFEI ! S’exclama t’elle en bondissant de son lit… Non. Rectification : en essayant de bondir de lit, car un « RHAAAA !!! » de douleur la força à ne plus bouger.

-Arisa ! Tu es blessée enfin… La gronda Quatre en remettant les fourrures sur elle.

-Mais Wufei… ?  

-Il est actuellement dans ma tente, répondit-il sans la regarder, finissant de la border.

-Ah… Il est en vie, souffla t’elle, soulagée.

Cependant le regard que lui lança son grand frère en redressant la tête lui fit craindre le pire.

-C’est quasiment comme s’il ne l’était plus Arisa… Il a été mordu.

Le souffle de la jeune fille se coupa dans sa gorge, sachant plus que pertinemment ce que signifiait ces mots.

-Oh non…

Elle l’avait bien vu… Ca n’avait pas été un cauchemar…

-En ce moment je l’ai plongé dans un sommeil artificiel et je fais tout ce que je peux pour lui éviter de souffrir.

-… Que… Qu’est-ce que Papa a décidé de faire ?

Quatre ne répondit pas tout de suite, lui lançant un long regard soucieux qui n’avait rien pour calmer Arisa. Si elle n’avait pas été blessée, elle lui aurait sauté dessus et l’aurais secoué jusqu’à ce qu’il réponde. Chaman ou non !

-Rien. Il veut que ce soit toi qui décide.

A cette nouvelle Arisa se mordit la lèvre, se retenant de piquer une crise nerveuse.

-C’est ma faute, c’est ça ?!?! Papa veut que je l’assume… ! Que je choisisse s’il vit ou s’il meurt… !

-Tu connais nos traditions, Arisa. Mais rien ne se passera avant que tu ne sois rétablie. Cependant je dois t’en parler immédiatement : L’Appel du Sang n’est pas une chose qu’on fait à la légère. Tout membre de notre Clan mordu par un vampire doit soit être tué avant sa transformation totale… Soit y être subit. Mais tu dois savoir ce que ça signifie : autant pour toi que pour lui. Il vivra c’est vrai, mais ce sera une vie d’esclave car il dépendra à tout jamais de ton sang, de plus, il sera coincé quelque part entre le Monde Souterrain et le Monde des Dragons… Et ne pourra jamais te rejoindre dans l’Au-delà quand tu mourras… Il sera condamné à errer jusqu’à sa propre mort où il sera dévoré par le Dragon Obscur…

-Mais… Même si je le fais pas, ce sera aussi le cas, non ? C’est ce qui arrive à tous les vampires…

-Comme il ne l’est pas encore tout à fait, on peut espérer que Starry Dawn se montre conciliant et l’accepte…

Arisa secoua la tête et enfouie sa tête dans ses genoux qu’elle avait remontés contre elle.

-Et pour ta part, tu seras obligée de donner toute ta vie ton sang et à l’accepter à tes côtés. C’est une responsabilité, Arisa. Il n’y a pas de demi-mesure ou d’échappatoires… Papa pense que tu es désormais assez grande pour assumer tes actes, c’est vrai… Tu n’es pas obligé de donner une réponse immédiatement. Profite de ce temps pour bien y réfléchir… Et pour prendre la bonne décision.

-C’est quoi la bonne décision… ?

-Désolé, c’est quelque chose que tu dois trouver toi-même, murmura Quatre avant de traverser la pièce et de descendre par les escaliers, laissant Arisa seule avec ce qui ressemblait presque à un ultimatum.

Pas moyen qu’elle arrive à réfléchir sur ça… Wufei…

***

Le temps fila bien vite, trop vite à son gout, mais ils ne pouvaient se permettre de remettre encore la décision malgré les efforts de Quatre pour ralentir le processus de transformation. Arisa n’avait encore pris aucune décision lorsqu’on l’emmena jusqu’à la tente de Quatre ce soir-là.

Elle était tordue d’anxiété à l’idée de revoir Wufei… Peur de ce qu’elle allait voir… Peur qu’il la déteste… Peur qu’il la rejette…

Mais Wufei n’était pas vraiment en état de se rendre compte qu’il avait de la visite d’Arisa.

Les veines saillantes, les muscles bandés et couvert de sueur, il se tordait de douleur en essayant de retenir ses cris. Il donnait l’impression de brûler de l’intérieur, de flammes qui ne s’apaisaient jamais. Devant son agonie, Arisa ne voulait plus qu’y mettre fin et se maudissait d’avoir attendu si longtemps pour venir ici.

Son père se tenait à côté de Wufei, c’était la première fois qu’elle le voyait aussi sombre… Et triste certainement… Après tout, à ses yeux, c’était son fils qui était en train de mourir…   

Quatre lui fit un signe de la main, solennel, son regard habituellement doux n’exprimait aucune émotion. Ce n’était pas en tant que frère qu’il était là, mais en tant que Chaman du village de Laine.

Il l’invitait à s’asseoir devant lui. Entre eux deux se tenaient le jeune homme qui était entré dans leur vie par un coup du destin… Et qui subissait à présent le prix de leurs deux décisions contraires.

Arisa s’installa roidement, retenant chaque muscles de son corps pour s’empêcher de se jeter sur le corps de son frère de cœur pour exploser en pleurs, comme pour chercher à le retenir à elle, l’empêcher de basculer du côté des sans-âmes.

En ce moment, tout comme ce fut le cas le funeste jour de la cérémonie d’entrée à l’âge adulte, elle réalisait à quel point elle tenait à lui.

Elle savait ce qu’elle DEVAIT faire, ce qu’on attendait d’elle en tant que future chef du village…

Mais…

 

Elle ne voulait pas le laisser !

 

Elle voulait le garder près d’elle !

 

Elle ne voulait pas se retrouver à nouveau seule !

 

 

Elle l’aimait !

 

 

Elle l’aimait trop pour accepter de le laisser partir !

 

Elle ne pouvait pas se contenter de supposer qu’elle le retrouverait de l’Autre Côté !

 

-Père… Quatre… Je suis désolée. Je ne peux pas faire ce que vous me demandez, déclara t’elle les yeux brillants tout en s’emparant de la dague laissée devant elle pour, non pas transpercer le cœur du futur vampire, mais pour s’entailler le poignet.

Elle eut l’impression que toutes les personnes présentes dans la tente s’étaient arrêtées de respirer alors qu’elle tendait son bras au-dessus de Wufei et que son sang coulait, d’abord en gouttes, puis en fin filet.

-Qu’en échange de ce sacrilège mon corps soit laissé à l’abandon à ma mort, que mon âme soit condamnée à errer, prisonnière des limbes…

A présent des larmes coulaient sur ses joues, ainsi que sur celles de son père, comme la bouche de Wufei se tachait de sang et que le nouveau vampire, inconsciemment, cherchait ce liquide de vie comme étant la seule chose capable d’éteindre les flammes qui l’étouffaient et le consumaient.

Cependant, alors que ce dernier coulait dans sa gorge, il précipitait sa transformation et Wufei fut à nouveau parcouru de spasmes, poussant des cris qui n’avaient plus rien d’humain, plus proche des ultrasons, libérant deux crocs à la place de ses canines. Ses pupilles se comprimèrent en deux fentes, prenant une carnation écarlate.  

Quatre avait commencé la cérémonie à partir du moment où Arisa avait tendu son poignet et il retenait fermement son bras pour l’empêcher de partir malgré la peur qu’elle ressentait.

Elle commençait à se poser des questions sur son choix alors que Quatre en appelait à l’aide des totems de leurs ancêtres et plus particulièrement sur celui de leur tribu : le loup trilobé.

Entre les vapeurs d’encens qui brûlaient, les psalmodies de son frère, les cris effrayant de Wufei et son sang qui continuait à s’écouler, la peur, le soulagement, l’appréhension, Arisa se sentit partir. Dans la fumée qui envahissait à présent l’espace clos, à la place de son frère elle voyait un immense loup à la crinière argentée qui la fixait de ses trois yeux. Autour de lui se tenaient d’autres animaux, à peine visible, et elle avait l’impression qu’ils la regardaient tous sévèrement.

-Je… suis désolée…

Son père… Sa mère… Les membres du village… Ils l’observaient. Elle les avait trahis…

Elle ne se rendit même pas compte du moment où Quatre lâcha son poignet et qu’elle tomba en arrière, plongeant dans l’inconscience.

****

-Hé ! Tu as l’intention de quitter le village ?

Noir.

-Il n’y a plus rien pour moi ici…

Un paysage de forêt de sapin enneigé comme elle en connaissait tant… Et un homme…

Grésillements.

-Tu es plus valable que moi pour t’occuper du clan. Plus valable qu’une bête comme moi.

-Tu n’es pas obligé de te rabaisser ainsi ! Personne ne peut te refuser ce droit Grand frère !

Sourire. De dérision.

Noir…

Je suis juste un loup solitaire…

****

Arisa se tenait sur une falaise et regardait la vallée s’étaler devant elle, fouettée par un vent glacial qui jouait dans ses cheveux d’or. Rien n’avait changé, le ciel était toujours de plomb, les conifères toujours verglacés, les oiseaux s’envolaient en orchestre lorsqu’un lycaon nuageux passaient dans les parages, les mammouths migraient vers les chaines du Dragons et les licornes paissaient paisiblement dans la prairie.

Pourtant ce lieu qu’elle avait toujours considéré comme son « chez elle » lui apparaissait différemment, un peu comme s’il la rejetait. Pourtant contrairement à ce qu’elle avait vu lors de son délire, personne ne lui avait reproché sa décision, personne ne lui avait fait de remarque. Tout le monde se comportait comme si rien ne s’était passé, en bon delphien en fin de compte… Ne pas se prendre la tête avec les sentiments ou des choses compliquées…   

Mais Arisa ne pouvait pas, elle, oublier. Ce qui s’était passé était marqué en elle encore plus profondément qu’un tatouage.

Elle pensait que c’était son village qui avait changé, alors qu’en réalité c’était elle.

Peut-être parce qu’elle s’était vouée à la damnation, peut-être parce qu’après ce qui était arrivé à Wufei, rien ne pourrait être comme avant. Et elle avait du mal à faire le deuil de cet « avant ».

Wufei n’était pas encore réveillé. A la fin de la cérémonie il s’était plongé dans un profond sommeil et donnait presque l’impression d’être mort…

On avait par contre presque immédiatement ramené Arisa à l’état de conscience (à la manière delphienne bien sûr : une paire de baffes administrées par son père.) pour la ramener à la maison. Après avoir perdu du sang elle devait manger et se reposer. Elle avait fait tout ce qu’on lui avait dit dans un état second.

Et maintenant elle n’aspirait qu’à la solitude.

Peut-être parce qu’elle en avait marre que son père et sa mère se comportent comme d’habitude, comme si un jour son père n’avait pas ramené Wufei… Parce qu’ils devraient lui crier dessus, parce qu’ils devraient la détester, ou avoir un semblant de réaction…

C’est pourquoi lorsqu’elle entendit son père arriver par derrière, elle ne se retourna pas. Se plaçant à ses côtés, les poings sur les hanches, il fit mine lui aussi d’observer les lieux.

-Splendide paysage, hein ? Malgré les années qui passent, il reste inchangé… Au final il n’y a plus que ça… Nous on bouge et on se démène, mais nous sommes bien insignifiants par rapport à ça…

Silence gêné.

-Je t’ai déjà raconté l’histoire du gigantesque dragon de Gagazet ?

-Papa… Soupira Arisa.

-Celle où il a créé notre pays en exhalant un souffle verglacé ?

-Et si tu en venais au but ?

Les lèvres de l’homme se serrèrent tandis qu’il perdait son masque de nonchalance. Il poussa un soupir et se passa une main sur la nuque.

-Wufei est réveillé… Il veut te voir.

-…

La jeune fille ferma les yeux et baissa la tête. Dire qu’elle avait redouté cette entrevue était un euphémisme. L’image d’un Wufei ressemblant plus au vampire qui les avait attaqués qu’à celui qu’elle avait toujours connu hantait ses nuits au point qu’elle n’arrivait plus à trouver le sommeil et que deux cernes noires se dessinaient sous ses yeux.

-… J’y vais…

Elle fit demi-tour et s’apprêta à descendre, laissant là son père qui la regardait avec tristesse et regret. Comme ses jambes semblaient être en béton, elle ne se pressa pas pour rejoindre le village, se nourrissant des sons de sa chère forêt. Etonnement, quelque chose en elle lui disait que ce serait la dernière fois qu’elle arpenterait sa balade préférée et elle éprouvait le besoin de s’en imprégner comme pour être capable de retrouver toutes ces sensations à chaque fois qu’elle le désirerait.

Passant les palissades, elle entra dans le village et le traversa d’un air absent jusqu’à la tente du Chaman.

Quatre se trouvait devant : depuis toute cette histoire, il arborait lui aussi une expression vide, assez semblable à celle de sa sœur. Il lui semblait ne plus l’avoir vu sourire depuis… Et déjà le souvenir de cet acte si insignifiant pour un jeune homme bienveillant et amical s’estompait…    

En la voyant arriver il se leva et rangea le bout de bois qu’il était en train de sculpter pour passer près d’elle et la dépasser :

-Il est à l’intérieur.

Arisa acquiesça et apprécia qu’il ait eu l’attention de les laisser seul pour… Leur retrouvaille.   

Elle s’arrêta un instant devant la tenture qui cachait l’entrée, le temps de trouver le dernier brin de courage pour se jeter dans la fosse aux panthères.

Puis elle dégagea l’entrée d’un geste sec et entra à l’intérieur.

Elle ne savait pas comment elle s’attendait à retrouver son frère adoptif… Mais certainement pas assis en tailleurs, torse nu, l’air aussi frais qu’une rose et faisant jouer les muscles de son bras comme pour s’assurer qu’ils marchaient encore.  

Quel contraste avec le cadavre qu’ils avaient ramené du Palais de Glace !

Pas de teint blafard, pas de griffes, pas de veines saillantes, pas de hurlements soniques, juste le Wufei d’avant.

Comme si rien ne s’était passé.

-Wufei…

Il leva les yeux vers elle.

Aïe ! Si en fait : ses deux iris avaient la couleur du sang, contrastant avec le brun presque noir, tantôt chaleureux, tantôt insondable qui les avaient autrefois habités.

-Arisa, Delph en soit loué, tu vas bien !

Il se releva et fit mine d’avancer vers elle mais Arisa se rencogna contre l’un des tissu du fond, la tête rentrée dans les épaules, ses cheveux blonds formant deux cascade de chaque côté de son visage. Elle le regardait avec méfiance et incompréhension.

-C’est pas moi qui va mal Wufei…

Le visage de Wufei s’assombrit alors et il regarda alors ses mains comme si elles lui étaient étrangères. Les faisant bouger, elle s’aperçut que sa pupille se rétrécissait comme pour faire le point.  

-Je sais ce qui est arrivé…

-Pourquoi… Pourquoi tu m’as suivi ?

-Quelle question, je n’allais pas te laisser…

-J’aurais très bien pu me débrouiller toute seule et si ça n’avait pas été le cas… Je n’aurais eu que ce que je méritais ! Le coupa Arisa avec froideur.

Wufei en resta muet un moment puis poussa un soupir en secouant la tête.

-Mais au final, tu as voulu me garder prés de toi.

-… Oui, finit par approuver Arisa avec réticence.

-C’est donc que tu as bien quelques sentiments à mon égard… Dans ce cas explique moi Arisa, je suis presque mort alors pourquoi c’est toi qui es aussi froide qu’un glacier en ce moment ?

 

/C’est impossible… Je n’ai pas l’impression d’être proche de toi ! Tu es plus froid que la neige qui recouvre ton pays !/

/ …C’est que je…/

 

-… Suis l’enfant de l’hiver, termina Arisa avec hésitation, ayant l’étrange impression d’avoir été absente pendant quelques secondes.

Elle avait une étrange impression de déjà-vu, comme si elle s’était déjà trouvée dans cette situation et avait dit les mêmes paroles.

-Mais nous sommes liés désormais, par toi. C’est toi qui l’as voulu ! Lui rappela Wufei en s’approchant d’elle pour écarter ses cheveux et regarder son visage. Et ce qui s’est passé dans ce château n’est pas important puisque nous sommes là, tous les deux et que nous serons toujours là l’un pour l’autre.

Il approcha alors son visage et instinctivement elle s’écarta. Il s’arrêta, étonné.

-Qu’il a-t-il ?

Elle secoua la tête, incapable de savoir vraiment ce qu’elle avait imaginé ou ce qu’elle voulait.

-J’ai besoin de toi Arisa… Maintenant plus que jamais.

Ça ressemblait à une prière mais ses yeux écarlates flamboyaient, pas comme un bon vieux feu de cheminée, mais plutôt comme un incendie de forêt, affamé et destructeur.

Il s’approcha à nouveau d’elle, posa ses lèvres sur sa mâchoire puis descendit dans le cou. La tenant par la taille, il la fit doucement s’asseoir par terre. L’autre caressait la peau de sa nuque tandis qu’il appuyait sa propre joue contre la sienne avec un soupir.

Sa peau était froide contre la sienne et il semblait apprécier le contact, tout comme son odeur.

Arisa se laissait faire, ne cherchant pas à réfléchir. Il y avait une partie d’elle qui soupirait de soulagement de le sentir contre elle, vivant, même si ce n’était pas vraiment le cas. Chaque contact était une autre preuve qu’il était là et qui annihilait ses doutes quant à sa décision.

Elle avait eu si peur de le perdre !

Cependant son souffle se coupa net dans sa gorge lorsqu’elle sentit les lèvres de Wufei revenir se balader sur sa gorge et plus précisément un point qu’il lécha d’abord  avant d’ouvrir les lèvres dessus pour le mordiller.

-Wufei ?

Pas de réponse, la pression de ses bras se refermèrent sur elle comme un étau, il ne semblait même pas s’en rendre compte.

-WUFEI ?

Elle sentit alors une douleur perçante à cet endroit qui lui arracha un cri.

Il venait de la mordre !  

Mais la souffrance alla en crescendo alors qu’il aspirait le sang, une brûlure de plus en plus intense jusqu’à ce que ses nerfs ne soit plus à cet endroit-là qu’épines et déchirures.

-WUFEI !!!!

Elle se débattit alors, cherchant à échapper à la douleur. Elle avait peur, Wufei ne l’entendait pas… Il était… Il n’était plus le même !

Ses ongles plantés dans sa peau glaciale, elle réussit à tourner suffisamment la tête pour lui mordre l’oreille.

Cela suffit à l’étonner et à lui faire relâcher un peu sa poigne. Elle en profita.  

Le repoussant d’un coup de pied, elle s’éloigna, la main sur son cou pour retenir le sang, complètement paniquée :

-NE M’APPROCHE PAS ! NE M’APPROCHE PLUS JAMAIS !!!

Puis se remettant sur ses jambes sans un regard en arrière, elle quitta la tente en trombe.

Hagard et les yeux noyés de larmes, elle ne fit pas attention aux passants et tomba dans les bras de son père qui passait par là.

-Que se passe t’il Arisa ?

-C’est Wufei, il… Il m’a…

Elle décolla sa main de son cou, laissant voir la plaie sanglante.

Les yeux de son père s’obscurcirent et il s’accroupit à la hauteur d’Arisa, reposant sa main à sa place.

-Arisa, Wufei est un vampire maintenant. Et tu es bien placé pour savoir ce dont un vampire a besoin pour vivre… Et il ne peut boire que ton sang à toi…

-Tu veux dire qu’il faut que je le laisse faire ?! S’exclama Arisa, abasourdie.

-C’est ta responsabilité Arisa. Tu comprends ? Tu ne peux pas te défiler !

Elle le regardait d’un air ébahie et paniqué. Alors même son père en qui elle avait toujours eu confiance ne voulait pas la défendre…

-Je… Je… PEUX PAS !

Elle se libéra de ses bras et couru en direction du nord. D’habitude elle n’allait jamais par-là : C’était le domaine des loups et les arbres s’espaçaient pour laisser place à des montagnes de glace. Mais elle ne voyait nulle part où aller. En tout cas une chose était sure.

 

Elle ne pouvait pas rester au village.

 

A suivre…

 

Le mot de l’auteur -___- -------------------------------------------------------------------

Mimiko : note de précision : il est interdit de tuer l’auteur.

Arisa *une scie mécanique à la main* : ah boooon ?

Mimiko : SURTOUT avec un objet tranchant.

Arisa : bah on peut faire ça avec un objet contendant alors, ça me dérange pas tu sais !

*Mimiko se réfugie derrière Heero et garde Deep Dark sous la main*

Mimiko : quoiqu’il en soit fin du flash back d’Arisa au prochain chapitre avec des révélations !

Heero : Nom de code du chapitre : Delph !

-Attention ce message s’autodétruira après lecture-

23 août 2011

Chapitre 10 : Lien de sang (2eme partie)

Un grand feu crépitait dans le village. Des hommes et des femmes dansaient autour de lui revêtus de parures animales au son des tambours. Les jeunes guerriers étaient tous assis en ligne, impressionnés et excités car ils participaient à leur première cérémonie d’adulte : celle de leur intégration, celle qui ferait d’eux des guerriers au même titre que leurs pères et leurs mères. C’était à l’issu de ce cérémonial, après avoir fait leur première chasse au Mammouth, que le chaman du village leur révélait le totem que les esprits avaient choisis pour eux.

Quatre s’approchait déjà du feu, il avait enfilé sur sa tête une grande cape de fourrure blanche. Il leva les bras devant le feu, celui-ci s’en trouva attisé, semblant vouloir brûler les nuages. Les yeux du jeune homme brillaient dorénavant des couleurs changeantes du brasier sous sa capuche à tête de renard.

-Quatre est très impressionnant comme chaman… Murmura Wufei à l’oreille d’Arisa qui se tenait à côté de lui, excitée comme jamais.

-Si seulement il pouvait aller plus vite dans les préliminaires… Râla celle-ci en trépignant.

Elle se tut lorsque son frère pris enfin la parole :

-Nous sommes réunis aujourd’hui pour accueillir parmi nous ces enfants qui dés ce soir deviendront des adultes… Une fois que leur totem leur sera révélé !

Wolfs, de l’autre côté du feu approuva de la tête, fier comme jamais en regardant ses enfants.

L’instructeur passa devant les élèves et se posta devant eux :

-Moi, Myoka, annonce solennellement que ces enfants sont prêts à rejoindre nos rangs de guerriers !

Il s’éloigna et des hommes et des femmes portant des bols rempli d’un liquide rouge ainsi que des instruments de fer prirent sa place et s’installèrent par terre.

Quatre posa une main sur l’épaule de Myoka puis se dirigea vers le bâtiment de toile qui servait de temple, un peu à l’écart du village et où le chaman pouvait méditer pour contacter les dieux. Il passa un rideau qui cachait l’entrée et disparut dans la tente d’où sortait un filet de fumée orangé.

L’instructeur appela alors le premier garçon et lui fit signe d’entrer. Tout le monde resta silencieux en attendant son retour. Cela dura cinq minutes et le garçon ressortit, un sourire tranquille au visage :

-Le faucon ! Annonça t’il et les tambours l’approuvèrent tandis qu’il se dirigeait vers les peintres qui entreprirent de lui dessiner deux formes rouges ressemblant à des ailes déployée sur ses clavicules, ainsi qu’un petit triangle, représentant un bec, entre les sourcils, et pour finir, trois petites griffures de chaque côté de son ventre pour symboliser les sers.

Entretemps, une fille avait été appelé et ressorti de la tente avec pour totem le lièvre. Une troisième personne partie dans la tente alors qu’on brûlait au fer rouge les symboles peint sur la peau du premier pour qu’ils s’inscrivent à vie.

Vint finalement le tour de Wufei qui se leva souplement, sans aucune anxiété sur le visage et qui disparut dans la tente.

Arisa était curieuse de savoir quel genre d’animal présiderait sa vie, même si pour l’instant, elle s’inquiétait surtout pour elle. Elle était pressée, ça oui, mais elle avait aussi peur.

Au bout de dix minutes interminables, il ressortit et chercha son père adoptif des yeux. Il lui adressa un sourire et annonça d’une voix forte et claire :

-Le tigre aux dents de sabre !

Un « oooooooh » de surprise et d’admiration suivit sa déclaration car c’était un totem très puissant et surtout très rare. Avec un totem de ce genre, il était sur d’avoir un destin hors norme.

Arisa n’arrivait cependant pas à partager l’euphorie de ses parents et c’est un peu abattue qu’elle prit la route vers la tente et passa le rideau pour retrouver son grand frère. L’espace était remplie de tapis aux couleurs chatoyantes : il faisait chaud dans cette pièce, éclairé par un feu orangés et parcourue de fumée d’encens.

-Te voila enfin Arisa, déclara Quatre, assis en tailleur derrière le feu. Assis toi.

La jeune fille s’exécuta et laissa son frère lui prendre les mains à travers les flammes. Etrangement, celles-ci ne lui faisaient pas de mal. Elle observa distraitement son frère fermer les yeux et entrer dans l’état de transe.

Il fallait qu’elle ait un totem qui soit, sinon plus, aussi puissant que celui de Wufei, sinon elle craignait de ne pas pouvoir le suivre là où son destin le mènerait. Elle pria très fort et ferma les yeux, ce qui l’empêcha de voir que le feu changeait brusquement de couleur, devenant bleu et se gonflant, crépitant de milles étincelles. Quatre ouvrit les yeux : des yeux d’aveugle et ce qu’il vit alors figea son visage dans une expression d’ahurissement.

Puis tout s’arrêta, le feu se rétracta brusquement et s’éteignit, plongeant la tente dans la pénombre. Quatre lâcha les mains d’Arisa, récupérant ses beaux yeux lagune. Celle-ci fit de même et regarda d’un air confus l’obscurité.

-Euh… C’est fini ?

-Oui. Répondit son frère qui se massait les tempes, l’air soucieux.

-Et… Alors ? Qu’est ce que les dieux ont dit ? Demanda Arisa avec espoir.

-… La musaraigne.

-Hein ?!

-Ton totem est la musaraigne.

Probablement le totem le plus petit et le plus ridicule qui soit. On le marquait à peine d’un point au dessus du nombril.

-Tu te moque de moi ?! Ca ne peut pas être mon totem… C’est… si insignifiant… Personne ne peut l’avoir !

-Je ne fais que t’apprendre ce que les dieux m’ont dit, répliqua Quatre en évitant son regard.

La jeune fille semblait furieuse.

-NON ! C’EST FAUX !!! TU DOIS TE TROMPER !!! RECOMMENCE !!!

-Ne fais pas ta gamine Arisa…

Elle sentait qu’elle avait les larmes aux yeux. Elle les referma avec fureur un instant pour les chasser. Elle se sentait tellement minable, tellement honteuse… Et c’était tellement injuste… Ses sentiments oscillaient d’une seconde à l’autre entre le chagrin et la colère sans arriver à se décider pour l’un ou pour l’autre. Et comme son frère semblait ne plus faire attention à elle, comme si lui aussi avait honte d’elle, elle se leva et sortit tel un ouragan de la tente.

Sur le seuil, elle tomba nez à nez avec une centaine de regard fixés sur elle, curieux et inquiets. Elle regarda d’abord son père, puis passa à sa mère, puis… finit par trouver Wufei qui arborait de chaque côté de son torse deux longs crocs rouges et sur ses épaules deux cercles.

Ne pouvant supporter leurs regards pleins de questions plus longtemps, elle tourna la tête, cachant les larmes qui cherchaient à réapparaitre et s’enfuit dans la nuit.

**

Cachée sous une fourrure toute soyeuse, allongée dans son lit, elle entendit sa famille rentrer. Il devait penser qu’elle dormait car ils ne prirent pas la peine de chuchoter pour parler.

-Crotte de mammouth… Qui aurait pût croire qu’Arisa ait un tel totem… Maugréa son père.

-Musaraigne ou pas, il était très impoli de quitter comme ça la cérémonie. Elle aurait mieux fait de faire preuve de maturité en restant et en assumant son totem.

Sa mère.

Elle entendit un pas monter l’escalier et la porte de la chambre s’ouvrit. Arisa savait à qui appartenait cette démarche et Wufei s’assit au bord de son lit, touchant du bout des doigts l’endroit de la fourrure où il savait se trouver sa tête :

-Arisa… Tu sais, ce n’est pas très important…

Rien qu’au son de sa voix, elle savait qu’il était inquiet car il parlait de façon douce et aimante. Il arrivait toujours à la faire craquer ainsi. Mais pas aujourd’hui…

-… En tout cas pour moi ça n’en a aucune. Tu ne change pas à mes yeux… Continua-t-il.

Elle décida de ne pas l’écouter et de se concentrer sur ce qui se disait en bas. 

-Meuuu… Je sais pas si je serais resté à sa place… Déclara Wolfs.

-Là n’est pas la question Wolvy. Cela pose de sérieux problèmes… Quatre ne pouvant devenir le prochain chef du village, c’était à Arisa d’en assumer la tâche, pourtant personne ne voudra la suivre avec un totem pareil…

Le cœur de la jeune fille se serra en entendant cela. Elle avait envie de hurler sur sa mère même si celle-ci avait raison.

-Oui, enfin… Il reste Wufei…

-Wufei ?!? S’exclama Xyadya.

-WUFEI ?!? Rugit Arisa en se redressant, faisant sursauter ce dernier qui était en train de la consoler.

Sans faire attention à lui, elle déboula dans l’escalier jusqu’au salon où ses parents discutaient.

-Mais enfin Wufei n’est pas vraiment notre fils… Et en plus c’est un eylien… Continuait Xyadya.

-Et il est hors de question que Wufei devienne Chef de village à ma place ! Tonna Arisa en se plaçant entre eux.

-Oui mais ma chérie… Ta mère a raison… Enfin je critique pas ton totem… C’est très mignon une musaraigne… Et puis tu as toujours été un peu ma petite musaraigne mais… Bafouilla Wolfs tout sucre tout miel, essayant de calmer la fureur de sa fille adorée.

-RAAAH ! Je veux plus entendre parler de ce totem !!!

-Arisa, c’est bien CE totem le problème, répliqua sa mère en plantant ses mains sur ses hanches.

-Peu importe ce que disent les dieux, je suis aussi forte que Wufei, je suis plus rapide que la plupart des garçons et je suis la plus endurante !

-Allons, allons… Mes douces, mes petits animaux du désert… Ca ne sert à rien de vous disputer ainsi. Moi je l’ai la solution : Arisa va épouser Wufei !

-HEIN ?!?    

Sur la plus haute marche de l’escalier, Wufei se tapa le front de sa main, désespéré.

-Eh bien oui, vu que le totem de Wufei est surpuissant, il compensera celui d’Arisa et au final, il y aura bien un membre de notre famille et un Delphien comme chef du village et personne n’aura rien à y redire !

-… SI : MOI ! Cracha Arisa. T’es fou : Wufei est mon frère et je n’ai pas l’intention de vivre dans son ombre toute ma vie !

-Wufei n’est pas vraiment ton frère…

-NON ! Je n’ai pas besoin de lui, je suis aussi capable de devenir Chef du village sans lui ! D’abord c’est qu’un eylien ! Il devrait pas être plus fort que moi ! Et il devrait pas avoir le droit d’avoir un totem aussi puissant ! C’est injuste ! C’est à moi que tout cela devrait revenir !

Elle craquait. Dés que son père avait lancé l’idée du mariage, elle ne s’était plus contrôlée et avait sortit des choses horribles qu’elle ne pensait pas. C’était une autre Arisa qui parlait, pas elle. Elle, elle aimait Wufei plus que tout. Elle l’aimait d’autant plus qu’elle savait qu’il avait sûrement entendu tout ce qu’elle venait de dire et qu’il devait se sentir blessé. Et cela lui faisait du mal, cela la faisait se détester, alimentant son sentiment d’injustice.

-… Arisa…

-JE VAIS VOUS PROUVER QUE JE VAUX MIEUX QUE LUI ! OUI ! JE VAIS VOUS EN DONNER LA PREUVE ! Hurla t’elle finalement avant de sortir de la maison et de claquer la porte derrière elle.

-… Eh bien bravo Wolfs, commenta Wufei en descendant. Vous devriez vous contenter d’étrangler les taureaux, c’est plus dans vos cordes… Je vais aller la chercher : je la connais, quand elle est dans cet état là, elle ne s’attire que des ennuis.

***

Arisa sauta les marches et atterrit dans une neige meuble. Par chance, le temps était clair et les deux lunes, gigantesques,  brillaient dans un ciel couleur bleu marine et faisait étinceler le sol. Elle courut droit devant elle, quittant le village sans regarder en arrière, empruntant le chemin dans la forêt qu’elle avait déjà suivit des milliers de fois… aux cotés de Wufei.

Elle ne voulait plus penser à ce qui s’était passé ce soir, plus jamais. Elle allait prouver de quoi elle était capable, ainsi tout le monde saurait que Quatre s’était trompé…

Il ne restait plus qu’à trouver ce qui pourrait la racheter aux yeux du village. Mais plus elle y réfléchissait, plus elle s’apercevait que ses idées étaient toutes irréalisables…

Un caillou la fit trébucher et elle s’étala plat contre la neige au milieu du chemin. Elle releva la tête pour ne pas mourir étouffée, des larmes lui piquaient le coin des yeux.

C’est alors qu’elle s’aperçut qu’elle se trouvait sur le coin du chemin qui longeait la lande interdite.

Le pays des vampires.

-Mais bien sur ! Je vais aller jusqu’au château de glace et en ramener quelque chose ! C’est pas deux ou trois vampires qui vont me faire peur ou me décourager !

Elle se releva et pour la première fois de sa vie, traversa les bosquets qui la séparait de la plaine gelée parcourue de tourbillon de neige.

Ses bottes s’enfoncèrent de quelques centimètres dans le sol, marquant nettement son passage, alors qu’elle avançait, balayée par les volutes glacées. Elle marcha longuement dans ce désert, perdant de vue sa forêt bien aimée et par la même occasion, se sentant de plus en plus anxieuse.

Bien qu’elle restait vigilante, elle n’avait encore aperçu âme qui vive. Que ce soit animal ou vampire. Ce territoire à l’extrême nord-est du Pays de Delph semblait complètement désert et irréel. Arisa s’arrêta et tourna sur elle-même, découvrant autour d’elle un monde plat, lisse (hormis là où ses bottes avaient marqués la neige) où le ciel semblait prendre toute la place, bleu foncé, immense, d’où semblait l’observer les deux lunes.

Un jour sa mère lui avait dit que les lunes étaient l’alliées des femmes.

Mais ce qui l’angoissait, c’était l’absence totale de bruit. C’était si inhabituel… Surtout pour elle qui ne supportait pas la solitude.

*C’est pas le moment de fléchir !* S’exhorta t’elle.

Elle se força à continuer son chemin, se rappelant des récits contés par les anciens lors des assemblées annuelles des Clans, ceux parlant d’héros qui avaient osé combattre les créatures de l’ombre.

Tout droit vers le Nord, un pic se dessinerait et c’est dans cette direction qu’elle devrait avancer si elle voulait trouver le mystérieux château de glace…

Elle se répétait ces quelques mots en boucle, les nerfs de plus en plus en pelote, l’absence de bruit de plus en plus insoutenable…

Plus d’une fois elle fut tentée de faire marche arrière, mais il lui suffisait de se rappeler ce qui s’était passé pour reprendre sa route. Plutôt mourir que subir l’humiliation.

Finalement, son courage fut récompensé par l’apparition du fameux pic. Blanc, il tranchait l’horizon comme une petite faille.

A sa vue, elle se mit à courir. Voir un tel objet qui cassait l’uniformité du paysage était comme apercevoir un oasis en plein désert. Oubliant qu’elle courait vers un lieu rempli de danger, elle fut immensément heureuse de le voir grandir et se muer en une immense cathédrale de glace qui semblait toucher le ciel.

Arrivé face à la porte, Arisa n’en croyait pas ses yeux. Ce bâtiment était une véritable œuvre d’art. Elle se reprit soudain, prenant conscience de l’endroit où elle se trouvait et détailla les lieux à la recherche de vampire.

Rien. Pas âme qui vive. A condition qu’ils aient une âme évidemment… Mais Bella Swan n’étant pas là pour lui donner son avis sur la question, Arisa entrouvrit la porte d’entrée et se faufila à l’intérieur.

Elle n’y croyait pas mais l’intérieur était encore plus beau que l’extérieur. Au dessus d’elle, un grand lustre en cristal étincelait, tous les meubles semblaient faits de verres, brillants, transparents… Les escaliers ressemblaient à une cascade figée de froid… Le sol était comme un miroir…

Elle dût à nouveau se forcer pour cesser d’admirer les lieux. Ce château semblait empreint d’un charme qui forçait toute personne qui le voyait à s’approcher et à vouloir y rester… Pour y mourir de froid ou privé de son sang…

Elle en oubliait presque les vampires et la fumée qui apparaissait à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche. Pourtant, si cette dernière était bien là, il n’y avait toujours aucune trace des suceurs de sang.

Bah, ce n’était pas grave, songea Arisa, personne ne saura que je n’ai pas rencontré de vampires et si on me pose la question, je n’aurais qu’à inventer… Tant que je ramène un objet de ce foutu endroit…    

Elle regarda autour d’elle, cherchant l’objet qui pourrait faire l’affaire. Elle se décida pour une fine coupe joliment ouvragée. S’approchant de celle-ci, elle se sentait à nouveau hypnotisée par le charme de ce tombeau de glace et eut une infinie difficulté à retirer l’objet de la table.

C’est alors qu’elle levait la coupe dans ses mains qu’elle se figea, découvrant dans le reflet glacé, une sombre silhouette dans son dos.

Elle glissa de ses mains et se fracassa en millions de petits morceaux de glace.

Arisa se retourna aussitôt, une main dans son dos pour attraper son épée et faire face à son ennemi. Celui-ci eut un sourire tranquille.

C’était la première fois qu’elle voyait vraiment un vampire.

Grand, long, le teint grisâtre, les yeux rouge sang, il avait cependant l’air humain. Il n’était pas particulièrement beau avec son nez busqué et ses longs cheveux blancs, mais il se dégageait de lui une étonnante élégance… Une impression de raffinement. A l’image du lieu où il habitait. Il portait une cape noire drapée dans son dos, une chemise blanche de flanelle avec dentelles à l’appui et un gilet brodé un peu défraichi. Et malgré ça, Arisa n’arrivait pas à trouver le moyen de le trouver ridicule. Elle avait l’impression que son sang s’était transformé en coulée glaciale sous sa peau.

Sans dire un mot, il avança la main et sous les yeux d’Arisa, la coupe se reconstitua par terre. Il se baissa et la récupéra avant de disparaitre en une seconde de sa vision.

La delphienne eut un sursaut de surprise et d’angoisse et le chercha frénétiquement des yeux. Elle entendit soudain le bruit d’un objet posé sur une table et réalisa avec horreur qu’il se tenait derrière elle, remettant tranquillement la coupe à sa place.

Il était en train de jouer avec elle.

Elle se retourna et décida qu’elle ne devait pas se laisser faire : brandissant son arme, elle fonça dans sa direction pour lui asséner un coup tout en criant pour se donner des forces.

Il disparut aussi vite que la dernière fois et avant qu’elle n’ait pu se retourner, elle se sentit attrapée et jetée au loin comme une simple poupée de son.  

Arisa prit les escaliers de pleins fouets  et les dégringola sans pouvoir s’arrêter : ses doigts ricochant à la surface lisse de la glace. Elle arriva cependant à y enfoncer son arme pour échapper de peu à l’attaque suivante. De peu, car une troisième la frappa déjà, tellement rapide qu’elle n’arrivait pas à suivre les déplacements de son adversaire et fut jetée en l’air et envoyée sur le palier du premier étage. Elle y glissa jusqu’à se cogner violemment le dos contre une statue.

Le corps perclus, elle ouvrit les yeux sur la statue, magnifique, d’une femme aux longs cheveux, et un bref instant, elle eut l’impression de la voir bouger, orientant ses yeux bleus sur elle.

Aïe elle allait vraiment mal si elle était sujette aux hallucinations…

Elle entendit le pas lent du vampire et tourna la tête vers lui en essayant de se relever. A côté de lui, elle était pire qu’un cachalot des sables, tous ses mouvements lui semblaient ralentis par 3.

*Un sort de Somni ? Ou c’est lui qui est sous l’effet d’un Booster ? *

Elle avait déjà entendu parler de ses sorts par Quatre et par Wufei… Des sorts que les delphiens n’aimaient guère… Comme la plupart des sorts en général…Trop eylien à leurs gouts… Oh Quatre… Wufei… Elle ne les verrait sûrement plus. Elle avait été tellement idiote de se croire au-dessus de tout. 

*Une vraie musaraigne…*

-Regarde la, elle est belle hein ? C’est trop d’honneur que de mourir sous les yeux de la Grande Shiva !

Mais qu’est ce qui lui baragouinait l’autre con ? Qu’il en finisse un point c’est tout ! Quelle rejoigne l’Au-Delà !

Mais pourrait-elle seulement rejoindre l’Au-Delà en étant tuée ainsi ??? N’allait-elle pas au contraire se retrouvée bloquée et se transformer en monstre ???

Un coup de pied la fit de nouveau dégringoler les escaliers et c’est avec des larmes qu’elle le senti, telle une ombre malfaisante, bondir sur elle pour mettre fin à sa misérable existence.

-NOOOON !!!!

Contrairement à ce qu’elle pensa immédiatement, ce n’était pas SON cri, bien qu’elle le pensa très fort avec en rajout un « ARGHHHHHHH » et un « PUTAIIINNNN» magistral.

L’ombre fut éloignée par une masse qui la frappa violemment.

Arisa ne put reprendre immédiatement le contrôle de son corps et resta couchée par terre malgré son immense envie de se relever. Les doigts se crispant contre la glace, elle entendait les deux autres se combattre sans pouvoir les voir.

*Leve toi ! LEVE TOI ! PUTAIN LEVE TOI !!!!*

Ses ongles griffaient le sol de frustration et la statue de Shiva la regardait sévèrement du haut de l’escalier.

*PAR TOUS LES DIEUX ! PAR DELPH ! PAR N’IMPORTE QUOI !!!*

Dans un cri de douleur, le corps de Wufei passa un instant au-dessus d’elle et se fracassa contre l’escalier, de là, elle pouvait bien le voir et ses lèvres se crispèrent.

Pourquoi l’avait-il suivi ? Pourquoi était-il là ?

Il émit un râle de douleur et essaya lui aussi de se relever, du sang coula doucement le long des marches de cristal.

Une ombre traversa son champ de vision et le vampire l’enjamba avec une allure nonchalante, ne faisant même plus attention à elle.

Il ramassa un peu de sang sur son doigt en montant l’escalier et le porta à sa bouche avec un petit bruit de succion affreux. Il contourna le corps de Wufei qui continuait à bander ses muscles pour s’échapper, le souffle haletant et s’assit sur la marche supérieure. Il attrapa le cou de Wufei pour le relever, ses doigts blancs ressemblant à des pattes d’araignée albinos sur le teint halé de l’eylien.

-Wu… Fei…

Le vampire la fixa en lui lançant un sourire cruel :

-J’espère que tu lui as dit au revoir avant de venir jusqu’ici ! Parce que tu ne le reverras plus jamais !

-..‘Ri… Sa…

*Non ! Arrêtez ! NON !*

Il pencha ses lèvres sur la nuque et découvrit deux canines acéré.

*NOOONNN ! WUFEIIII !*

Ce dernier semblait paralysé et à moitié asphyxié, mais ses yeux noirs étaient encré dans ceux d’Arisa et elle avait l’impression de l’entendre crier, crier… Et encore crier.

 

Qu’elle lui vienne en aide. Que c’était sa faute. Qu’il ne voulait pas mourir.

 

Ses pupilles se dilatèrent lorsque le vampire planta ses crocs dans sa chair et commença à aspirer avec un insupportable son de déglutissement qui résonnait dans la froideur et le silence du château de glace.  

Arisa avait perdu toute notion de temps et il lui sembla qu’une éternité s’était passé, figée dans l’horreur et dans les yeux de l’être qu’elle aimait plus que tout et qui était en train de mourir, doucement… Doucement… Par sa faute.

Il ne s’était pourtant passé que quelques minutes lorsqu’une horde de guerrier jaillit dans le hall en hurlant et en détruisant tout sur leur passage, Quatre à leur tête.  

Le vampire fut alors obligé de lâcher sa proie et elle vit le corps de Wufei retomber, inerte, sur le sol, les paupières fermées.

Son sang dégoulinant abondamment de son cou.  

Alors tout devient flou pour elle, elle entendit vaguement Quatre jeter un « Somni » sur le vampire et un « Booster » sur les guerriers, puis elle l’entendit près d’elle, la voix rauque d’inquiétude, l’appelant encore et encore alors qu’elle sombrait dans les ténèbres.  

***

Un immense dragon la regardait, ses yeux opalescents roulant de lumière et sa crinière ondulant comme une aurore boréale.

Une voix féminine résonna autour d’elle :

« Ce n’est pas encore le moment. »

Le dragon disparut alors, se fondant dans un ciel d’étoile.

***

1 juillet 2011

Chapitre 10 : Lien de sang (1ere partie)

Auteur: Toujours Mimiko^^

Série: Bienvenue au cœur des glaces !!!
Genre: Inclassable.

Couple: Arisa+Wufei+Arisa 

Disclaimer: Tout les personnages cité appartiennent aux G.girls ou s’appartienne eux même, faut voir.

Disclaimer2: Wufei et Quatre sont à Sunrise. Wolfs, Xyadya et les guerriers de Delph sont à moi.

 

Chapitre 10 : Lien de sang

 

-Arisa ! ARISAAAA !!!

Le hurlement de Xyadia raisonna dans tout le village, faisant déguerpir les loups qui jouaient devant leur maison.

La jeune femme sortit dehors, un tablier à fleur au dessus de son habituelle petite tenue de cuir noire et une grande louche à la main.

-Mais où est encore passée cette gamine ?

-Qu’il y a-t-il maman ? Fit la voix d’un jeune garçon derrière elle.

Blond et la peau pâle comme quasiment tous les habitants du pays de Delph, Quatre était cependant un garçon fluet et fragile, aux traits fins comme ceux d’une fille.

Enfin, c’était surtout la façon dont le voyait sa mère. Elle avait un peu tendance à être surprotectrice pour son ainé qui était différent de tous les autres garçons de son âge. Il était DIFFERENT. C’était son devoir de le protéger contre les grosses brutes qui peuplait ce village.

Ca ne lui laissait guère de temps pour s’occuper de sa cadette, qui, au contraire de son frère était une tornade vivante.

-Reste à l’intérieur Quatre, tu vas attraper froid, lui ordonna t’elle.

Le fait qu’elle-même ne portait qu’une brassière bordée de fourrure blanche, une culotte et de très longues bottes rendait ses propos très curieux mais le garçon lui obéit, refermant la lourde porte en bois derrière lui.

Xyadia descendit les quelques marches qui montaient au seuil, faisant voler sa longue couette de tresses derrière elle. Le village était désert, seules quelques vieilles femmes se trouvaient dehors, s’occupant à attendrir des peaux de bêtes et à travailler du cuir sur les terrasses élevées qui bordaient leur maison de pierres et d’os. Obligatoire pour ne pas avoir de la neige jusqu’aux fenêtres.

-Encore en train de chercher la petite princesse ? Lui demanda sa voisine avec un accent d’ironie dans la voix.

-Elle ne tient pas en place, répondit Xyadia.

-Elle doit probablement être quelque part dans la plaine à attendre le retour des guerriers…

-On ne sait pas quand est ce qu’ils reviendront. Une guerre ce n’est pas une simple partie de chasse…

-Je sens comme un regret… Est-ce que vous auriez préféré partir avec votre mari et les autres femmes guerroyer contre les eyliens ?

-Contrairement à elles, je n’ai pas de père ou de mère pour veiller sur mes enfants pendant mon absence.

-J’aurais pût les garder, répliqua la vieille femme. Mais je sais que vous n’auriez laissé personne d’autre que vous veiller sur votre précieux fils.

-Exact, concéda Xyadia avec agacement puis pour détourner l’attention : Enfin où est cette gamine ?

-Vous ne vous y prenez pas de la bonne façon, ria la voisine en se relevant de son fauteuil et en inspirant un bon coup : AAAARIIIIIIISAAAAAAAA AAAAAA LLLAAAAAA SOOOOUUUUUUUUUPPPPEEEEEEE !!!!!!!!!

-La soupe ? Fit alors une petite fille aux courts cheveux blonds, surgissant de nulle part.

-Ah te voila enfin ! Je t’ai déjà dis plusieurs fois de ne pas sortir du village ! Que se passera-t-il si tu te fais piétiner par un mammouth ou attraper par un vampire ?! Le diner est prêt !

Tout en lui administrant la menace locale, elle avait passée une main dans le dos d’Arisa pour la pousser à l’intérieur de la maison.

-J’ai pas peur des mammouths et des vampires moua ! Répliqua la petite fille en grimpant sur un tabouret.

-Ne dis pas de bêtise, la contredit sa mère en attrapant son écuelle pour y verser quelques louches de la soupe qui bouillait dans une grande marmite sur le feu.

-Les vampires sont des créatures maléfiques, elles sont très dangereuses ! Tu ne dois surtout pas t’approcher de leur territoire Arisa ! Approuva Quatre en avalant consciencieusement sa soupe de mammouth.

-Quatre est un trouillard ! Quatre est un trouillard ! Quatre est un trouillard ! Se mit à se moquer Arisa.

-C’est PAS VRAI ! Répliqua son grand frère.

-Sisisisi !!!! La preuve, personne ne veut que tu deviennes un guerrier !

Quatre fronça les sourcils et serra son poing de fureur.

-Arisa ! Arrêtes d’embêter ton frère ! Je te connais, tu vas finir par lui faire mal !

-Mamaan ! Gémit Quatre, vexé alors que sa petite sœur lui tirait la langue. Je peux me défendre tout seul !

-Soit fier : tu vas devenir le prochain chaman du village. C’est BEAUCOUP mieux que d’être un simple…

Elle ne réussit pas à continuer sa phrase car un pied s’abattit sur la porte, la faisant s’ouvrir avec fracas et dispersant des flocons de neige dans la salle.

-MA PETITE LIONNE D’AMOUUUUR ! TON MARI EST DE RETOUR !!!!! Rugit une immense silhouette à la longue chevelure blonde portant sur son épaule un lourd marteau.

Habillé de simple braie de cuir noir, une impressionnante collection de tatouage rouge couvrait son torse.

Il s’agissait de Wolfs, l’actuel chef du village.

-Wolvy ! Tu rentre à temps pour la soupe ! S’exclama Xyadia, moyennement heureuse du retour de son homme d’une guerre de plus d’un mois.

Il fallait dire qu’elle n’avait jamais pensée que Wolfs ait pût mourir au combat. Surtout contre des lavettes d’eyliens. Il aurait fallut une trentaine d’ours blanc pour le vaincre.

-Ah ENFIN de la VRAI soupe ! S’exclama-t-il. Les bestioles qu’on trouve au pays d’Aura sont vraiment fades et peu consistante… Ah ma petite Arisa a encore grandie !

Il attrapa la petite fille dans ses bras comme si elle ne pesait pas plus qu’une plume et la fit voler dans les airs. Arisa était ravie, riant aux éclats.

Soudain, il s’arrêta et se tourna vers quelque chose qui se tenait derrière lui, sur le pas de la porte.

C’était un petit garçon, légèrement moins âgé que Quatre. Sa peau bronzée semblait dorée et ses fins cheveux noirs comme du charbon était saupoudré de neige. Il se tenait droit dans une simple tenue de lin, essayant de cacher les tremblements qui l’agitait. Ses prunelles semblaient deux puits sans fins, comme deux onix.

-Qu’est ce que tu attends pour rentrer Wu Fei ? Demanda Wolfs.

Le garçon fit un pas de plus. Entrant dans la maison. Aucune émotion ne semblait trahir ses pensées.

-Qu’est ce que ça signifie ? S’étonna Xyadia. Pourquoi as-tu ramené ici un petit eylien ?

Wolfs posa Arisa par terre.

-Je l’ai trouvé sur le champ de bataille. Ces ordures d’eyliens n’éprouvent ils aucune honte à envoyer un enfant aussi jeune se battre ? Dorénavant Arisa, Quatre, Wu Fei sera votre frère.

-Hein ?! S’étonnèrent ensemble Quatre et Xyadia.

Wolfs dépassa sa fille et vint se placer prés de sa femme pour discuter à voix basse.

Pendant ce temps là, Wu Fei n’avait pas bougé et il fut surpris quand la petite fille qu’il avait vu dans les bras de Wolfs se planta devant lui.

-C’est vrai que tu es mon frère ? Demanda-t-elle.

-Si c’est ce que veut Wolfs. Eh bien oui, répondit-il en essayant de ne pas claquer des dents.

La porte était toujours ouverte derrière lui. Comment ces gens faisaient-ils pour supporter un froid pareil ???

-Est-ce que j’aurais droit de me battre et de m’amuser avec toi ? Continua la petite.

-Bein euh… Oui, j’imagine…

Un sourire éclatant illumina le visage d’Arisa. Elle s’empara de sa main. La sienne était plutôt froide et ferma la porte d’entrée. Une fois cela fait, elle tira le garçon derrière elle jusqu’à la cheminée.

-Je m’appelle Arisa, annonça t’elle. Bienvenue grand frère !

C’est ainsi qu’Arisa adopta définitivement Wu Fei et que le petit eylien entra dans la famille.

***

Wu Fei mit un certain temps à s’habituer à son nouvel environnement.

Le souci premier était le froid qui régnait dans ce pays, si différent de la chaleur humide de l’est du Pays d’Eyle. Mais comme Wolfs le lui annonça le deuxième jour de son arrivée dans son nouveau chez lui, il devrait apprendre à le supporter comme tous les enfants d’ici.

L’apprentissage du froid se faisait petit à petit, à chaque anniversaire, les enfants devaient retirer un élément de leur habit. On commençait d’abord par le bonnet, puis les gants, puis l’écharpe, le manteau, puis les chaussettes et ainsi de suite…

Cela leur permettait de fortifier leur corps et leur esprit.

Il dût dire adieu au lin léger et bonjour au cuir et à la fourrure.

Il dût aussi s’habituer aux mœurs du village. Les habitants de Delph étaient rudes, surtout par rapport à la civilisation raffinée qu’il avait quittée. Il y avait bien une école, mais les enfants n’y apprenaient que les grandes bases : parler, apprendre à compter et un peu d’histoire.

Les mots « diplomatie, philosophie, littérature » semblaient ne pas exister ici et la plupart des habitants ne savaient PAS écrire. Et ceux qui le savait rechignait à le faire comme s’il s’agissait d’un acte barbare. Seul le chaman écrivait des messages aux autres villages et aux autres pays et seul lui savait utiliser la magie.

Ils avaient cependant leurs arts. Par exemple, leurs fourrures étaient magnifiques et leur travail du fer inégalé, ils en faisaient des armes, outils mais aussi des bijoux très prisés.

Intelligent, il comprit très bien les liens qui unissaient les membres de sa nouvelle famille. Le malaise venait de Quatre, le fils ainé, né non pas pour devenir un guerrier mais pour être respecté par tout le village en tant que chaman. C’était une place importante, mais Wolfs avait regretté de n’avoir pas un fils à qui il pourrait apprendre à chasser et à se battre. Ce qui expliquait pourquoi Wu Fei et lui s’entendait à merveille : il le considérait comme le fils qu’il aurait aimé avoir.

Quatre et lui s’entendaient poliment, comme deux cousins différents.

Envers Xyadia, il restait toujours très respectueux, mais la jeune femme ne l’avait jamais repoussé et le traitait comme un membre de sa famille malgré quelques difficultés au début.

C’est à son contact qu’il apprit que les femmes de Delph étaient différentes de celles d’Eyle. Là bas, il n’avait eu que de très rare contact avec la gente féminine et tout le monde s’accordait à dire qu’elles étaient « fragiles et douce ». Et bien il n’eut le scrupule d’aider Xyadia à déplacer son lourd chaudron qu’une SEULE fois dans sa vie.

Là bas, « fragile et douce » sonnaient comme une insulte pour les femmes qui se tenaient sur un pied d’égalité avec leurs frères et maris.

Mais la personne avec qui il s’entendait le mieux et qu’il aimait le plus était sans équivoque sa petite sœur Arisa. D’après les dires des gens « ils étaient toujours fourrés ensemble ». Même s’il avait compris que le mot « fragile » ne s’adressait pas non plus à elle, il s’était fait le devoir de veiller sur elle.

Dans ce pays où tombaient presque tout le temps la neige, elle était un petit soleil, presque tout le temps animé, ne tenant pas sur place plus d’une minute. Elle avait trouvé en Wu Fei le frère que Quatre n’avait pas pût être.

Ils passaient une grande partie de leurs temps à jouer avec les autres gamins du village « à la guerre » ou « à la chasse », mais quelque fois, ils décidaient de passer leur temps exclusivement ensemble pour explorer les alentours du village et le soir, ils s’endormaient ensemble sur le même lit.

Il poussa le scrupule jusqu’à retarder son enseignement de guerrier pour pouvoir le passer en même temps qu’Arisa.

***

La forêt était silencieuse.

-MAINTENANT ! Hurla la voix d’Arisa.

Wufei sauta de l’arbre sur le rhinocéros laineux que la jeune fille avait poussé dans sa direction. Il plongea ses deux sabres à l’endroit où la chair était la plus tendre, sous les côtes. L’animal rugit de douleur et tenta de l’envoyer paitre loin de lui. Mais Wufei tint le coup. Arisa arriva à ce moment, portant le coup fatal à l’animal, transperçant son museau.

Il bondit de la bête alors que celle-ci s’affaissait, vaincue.

-Pff, elle nous aura fait courir celle là, râla Arisa en retirant son épée. Un sang chaud gicla de la plaie libérée.

Arisa avait bien grandie : ce n’était plus la petite fille qui courait dans tous les sens. A 14 ans, c’était presque une femme et elle ressemblait de plus en plus à sa mère avec ses membres fins et ciselés, ses yeux d’un vert perçant et sa longue chevelure blonde.

Wufei quand à lui n’était certes pas aussi costaux, grand et épais que ses camarades garçons, mais il possédait une fine musculature élégante et une souplesse que certain lui enviaient. Il passa prés d’elle alors qu’elle commençait à arracher la corne que leur avait demandé de ramener leur enseignant, mais comme rien ne devait être gaspillé, Wufei prépara le brancard qui leur permettrait de ramener la carcasse au village.

-Et voila ! Annonça Arisa en exhibant triomphalement la longue corne. Si le maître n’est pas content après ça !

-Il le sera, sûrement, en plus on lui ramène de quoi manger du steak de rhinocéros pour un mois. Est-ce que tu as remercié les Esprits pour ça ?

-Oui, t’en fait pas !

-Ce serait bête de se mettre les Esprits à dos alors que nous approchons de notre cérémonie de majorité.

Arisa se mit à sourire, songeuse :

-Je suis presque sur que mon totem sera un animal très puissant. Après tout, mon père à l’Ours et ma mère à la Lionne. Je serais peut être un Couguar…

-… A mon avis celui du putois et de l’écureuil te seraient plus utile ! Viens m’aider au lieu de bailler aux corneilles ! Je ne vais pas déplacer ce rhino tout seul ! Grommela Wufei en attachant la bête.

-Toi, tu mériterais le totem de l’animal le plus rabat-joie du pays… Grommela Arisa, vexée, alors que Wufei lui lançait un sourire narquois.

Elle s’empara d’une courroie et se mit à tirer leur chargement qui glissa dans la neige avec un bruit de coton. Traversant la forêt de pins enneigés, ils aperçurent le village, d’abord par une petite colonne de fumée, puis par les toits charpenté d’os de mammouth. Avec un petit sourire, ils garèrent leur chargement devant leur instructeur qui se tenait jambes écartées, bras croisés, une moue grincheuse sur son visage barré de trois cicatrices et de deux marques rouges. Ils étaient les premiers.

-Alors, alors, alors ???? Qui c’est les meilleurs ????! S’exclama Arisa en bondissant face à lui, brandissant la grande corne.

-C’est bon. Vous avez réussi l’épreuve, lâcha l’homme d’un air résigné.

-YOUPPIIIIII !!!!  

Wufei leva les yeux au ciel, adossé nonchalamment à son chargement. Arisa lui adressa le signe de la victoire, avant de perdre en un instant son air de conquérant en regardant derrière lui. 

Il se tourna pour voir ce qui lui avait fait perdre sa bonne humeur et tomba sur un groupe de jeune fille moins âgée qui l’observait en gloussant.

-WUFEI ! WOUHOOOUUU !!! Fit l’une d’entre elle en l’invitant à se rapprocher.

Il leur adressa un sourire charmeur. Il ne pouvait pas s’en empêcher : après tout il était à l’âge où tout garçon aimait être admiré.

Il reçut alors une corne de rhinocéros dans le ventre qui lui coupa le souffle.

-TIENS ! OCCUPE-TOI DE CA ! Grogna Arisa en passant devant lui à grands pas, fulminant, ses longs cheveux flottants derrière elle.

Il eut un instant de réflexion, puis posa la corne sur la dépouille.

-Je peux vous laisser vous en occuper ? Demanda-t-il à son instructeur.

Celui-ci hocha la tête gravement.

-Ce sera la corvée du dernier arrivé… Mais dis moi Wufei, on ne t’a jamais dit qu’il y avait des moyens plus efficace de séduire une femme que de la mettre en fureur ?

-Il parait, répondit le jeune eylien, énigmatique, avant de courir rattraper Arisa. 

Décidemment, tout le monde était au courant, songea t’il. Enfin… Tout le monde sauf la concernée.

Il y avait à peine deux semaines, Wolfs lui avait décrit en détail la façon dont il avait séduit Xyadya en étranglant à main nu un bison qu’il était ensuite allé offrir à son père pour lui demander la main de sa fille. Celui-ci avait refusé mais Wolfs avait insisté et ils s’étaient tous les deux mis à hurler de plus en plus fort jusqu’à ce que finalement le père, qui était aussi le chef du village, s’avoue vaincu.

Wufei avait trouvé cette histoire vraiment comique… Surtout qu’au final, le père n’avait aucun pouvoir sur Xyadya et celle-ci hurlait plus fort que les deux hommes réunis.

En tout cas, il avait considéré que si Wolfs lui avait raconté cela, c’était qu’il avait sa bénédiction.

Arisa avait décidée d’emprunter leur chemin préféré à travers la forêt et Wufei finit par la rattraper.

-Alors ? Tu n’es pas restée avec tes admiratrices ?! Râla la jeune fille.

-Quoi ? Entendrais-je un soupçon de jalousie ? Demanda-t-il avec morgue.

-Quoi ?! MOI ?! JALOUSE ?! C’est n’importe quoi ! S’étrangla Arisa. Me confonds pas avec une de ces midinettes battant des cils, moi je suis… Ta sœur.

Wufei soupira silencieusement en regardant le ciel, désespéré. En fait, elle n’avait aucune raison d’être jalouse, mis à part questions d’orgueil, lui, il ne voyait qu’elle. Mais il ne l’avait jamais aimé comme une sœur. Et ce, depuis le début. 

-Tu vois, je n’y peux rien : Elles me trouvent beau.

-Beau ?! Ce qu’elles aiment c’est que tu ressemble à une fille, oui ! Tu es différent des autres alors tu fais objet d’oiseau rare, se moqua Arisa.

-HA ! Tu préfère peut être ces gros lourdauds qui passe leur temps à comparer qui à la plus grosse masse ?

Il savait qu’il avait raison car lui passait son temps à craindre qu’elle remarque quelqu’un en particulier et qu’elle en tombe amoureuse. Heureusement, ça ne s’était encore jamais produit.

-JE passe mon temps « à comparer qui à la plus grosse masse » ! Répliqua Arisa sans répondre, l’esquivant.

-Oui mais sur toi, c’est plutôt attachant, la taquina t’il.

-Qu’est ce que ça veut dire ?! Que ma stupidité est attachante ?!?!

Wufei se contenta d’un rire pour réponse et la jeune fille ne put rester plus longtemps fâchée, s’apercevant qu’il était en train de plaisanter. 

Ils continuèrent à marcher mais la jeune fille n’arrivait pas à taire son ressentiment. Oui, Wufei était beau, par beaucoup de côté, il était plus beau que tous les autres garçons du village. Par exemple, il était moins musclé, mais il se déplaçait avec grâce quand les autres étaient patauds et lourds. Mais il n’y avait pas que son physique, ce qui le différenciait surtout, c’était sa vivacité d’esprit, son intelligence et sa sensibilité. Elle était donc sure qu’un jour une fille viendrait le lui enlever et que ce jour là, Wufei ne ferait plus du tout attention à elle.

-Oh ! Fit soudain Arisa alors qu’ils sortaient dans un espace découvert où une grande plaine de neige courait jusqu’à l’horizon, un sapin la perçant par ci, par là.

-Qu’il y a-t-il ?

-J’ai cru voir quelque chose bouger là ! C’était sûrement un vampire !

C’était leur grand jeu quand ils étaient enfant. Ils se rendaient à la limite du territoire des vampires dans l’espoir d’en voir un. Mais comme souvent, ils finissaient par en inventer pour se vanter auprès des autres enfants du village.

-A propos de vampire, la nuit tombe, on devrait rentrer, proposa Wufei. Xyadya va être furieuse si on est en retard pour manger.

-… Je me demande si j’aurais un jour l’occasion de combattre un vampire…

-Je ne sais pas. Seuls les plus forts et les plus braves ont réussit à les combattre et à leur survivre… Répondit son frère. Mieux vaut ne pas chercher à les croiser.

***

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1 juillet 2011

Chapitre 9 : Le village originel

Auteur: Mimiko

Série: Tout et n’importe quoi.

Genre: Des sorcières, des vampires… Mwahaha ça se transforme en film d’horreur XD

Couple: … Qui sais ?

Disclaimer: Tous les personnages cité appartiennent aux G.girls ou s’appartienne eux même, faut voir.

Disclaimer 2 : Duo, Heero et Wufei sont à Sunrise ; Ellone, Raine et Laguna sont à Squaresoft ; Seishiro, Sakura, Spinel Sun et Keroberos sont à CLAMP.

 


 

La chouette fendit l’air et atterrit en catastrophe par terre.

Isaka gémit et courra la récupérer. Elle remit Aile d’Acier sur ses pattes et le flatta pour le réconforter, après quoi elle la laissa se pendre à son bras sous le regard jaloux de Flambe et récupéra le morceau de papier attaché à sa patte.

-Un message de Gabin ! Annonça-t-elle en rentrant dans le petit campement où se tenaient Duo et Mimiko installés près du feu.

Asuka dormait dans la tente que se partageait les filles et Heero était parti chasser.

Isaka s’assit sur une pierre et déroula le message pour le parcourir :

-De bonnes nouvelles ! L’autre équipe va bien ! Ils se trouvent sur l’Endroit, dans le pays de Delph et se dirigent vers le pays d’Aura où ils pensent que la sorcière se trouve. Ah ! Ils ont perdu sa trace dans l’océan…

-Umiko va bien ? S’inquiéta Mimiko en frottant ses petites mains glacées.

-Rien d’écrit de précis à ce sujet, alors je pense qu’elle va. C’est une grande fille, je suis sure qu’elle s’en sort bien !

Mimiko leva les yeux au ciel et apercevant Heero qui atterrissait à son tour (beaucoup plus gracieusement que la chouette), elle se leva pour se coller à lui. Depuis qu’ils étaient ici, la brune se comportait comme un poussin avec sa mère : elle le suivait partout, elle observait tout ce qu’il faisait et ne le perdait jamais de vue. Il avait fallu qu’Heero émette une objection à ce qu’elle l’accompagne chasser, au nom de sa sécurité, et que Duo lui fasse les gros yeux quand elle avait essayé de dormir avec lui.

Cela ne semblait cependant pas déranger le cyborg.

Ce dernier replia ses gigantesques ailes dans son dos et vint poser les volatiles qu’il avait tué au coin du feu.

-Gabin a noté votre numéro, désormais il nous contactera par vous, lui déclara Isaka.

Il hocha la tête :

-Bien compris.

Et s’installa en veille, par la force des habitudes, dans un coin du campement, debout, immobile, comme s’il n’était qu’une partie du décor.

Mimiko poussa un petit soupir désespéré et se plaça derrière lui pour le pousser vers le centre et l’obliger à s’asseoir. Ce dernier se laissait faire, grandement gêné.

-Qu’est-ce que je t’ai déjà dit ?!? Tu n’es pas un lampadaire ! Tu n’es pas non plus un arbre !

-Désolé… Marmonna-t-il.

Duo étouffa un rire mauvais derrière une toux :

-Ton logiciel d’apprentissage est défaillant ?

Mimiko le foudroya du regard.

-Non, mon logi…

-Ne lui réponds pas, ça n’en vaut pas la peine ! S’exclama la petite brune.

Elle s’installa à côté du cyborg qui ne savait pas quoi faire de lui et qui baissa les yeux sur ses pieds.

-Donc si j’ai bien compris, quand Asuka sera réveillé, il faudra nous rendre sur l’Endroit, fit Mimiko en changeant de sujet. Comment allons-nous nous y prendre ?

-Bonne question… Cela va nous prendre du temps pour quitter cette montagne… Répondit Isaka.

Duo était pensif alors qu’il remuait le feu avec une branche.

-Qu’est-ce que tu en pense Heero ?

Ce dernier s’anima, comptant d’avoir une tâche.

-Rejoindre le pays d’Aura depuis notre emplacement ? Il faudra quitter la montagne, se rendre jusqu’à Balamb-city pour prendre le train et nous rendre à Alexandrie pour prendre un vaisseau…

-Humhum, Alexandrie c’est pas une bonne idée, répliqua Mimiko.

-T’as totalement raison, on a aucune chance de se pointer là-bas et de ne pas être repéré par les cyborgs royaux, et ça, même le tas de boulons ne peut le nier.

Nouveau regard meurtrier de la part de Mimiko pour Duo.

-C’est juste, c’est impossible. Il y a un problème avec ça ?

-Le premier problème, c’est que tu ne devrais pas le laisser t’appeler comme ça ! Maugréa Mimiko.

-Mais…

-Laisse tomber Mi, les cyborgs sont conçu de sorte à ce qu’ils ne provoquent pas de conflit personnels. Tu peux les insulter tant que tu veux, ils ne bifferont pas.

-Sottises, s’il le veut il le peut !

-Bien sur que non, tout son caractère est déterminé par des fichiers et des données ! Tu perds ton temps, il n’est pas humain et il ne le sera jamais !

-Je suis sure du contraire !!!

Isaka se tourna vers Heero avec un sourire d’excuse pour lui expliquer le deuxième problème :

-Si on se rend à Alexandrie, il y a de fortes probabilités pour que le grand chef empêche Asuka et Mimiko d’aller à la poursuite de la sorcière. On a eu l’autorisation d’aller te chercher uniquement pour que Mimiko récupère son vrai corps et tous ses pouvoirs.     

-Je vois, répondit Heero en se retournant vers les deux « enfants » qui continuaient à se disputer.

Ils en étaient presque venus aux mains et se battaient en secouant leurs mains devant eux comme des pattes en crachant comme des chats sauvages. Heero ne savait quoi en penser.

-L’autre moyen c’est de prendre un bateau à Parm mais ça rallonge considérablement le voyage…

-Arrêtez de vous prendre la tête, déclara Duo en cessant de se batailler (se prenant par la même occasion un coup de patte bien placé de Mimiko), je vais demander à Tifa de venir nous chercher !

-Tifa ? C’est qui ? Demanda Mimiko.

-Un membre de ma guilde, c’est elle qui a notre vaisseau pour l’instant ! Trowa me l’avait confié à l’origine alors je pense que je peux lui demander de jouer le taxi jusqu’à un coin où on pourra descendre… Ce qu’il faut savoir cependant c’est qu’on est un peu une bande de hors la loi en Envers comme en Endroit et qu’il y a un taaaas de lieux où n’a pas le droit d’atterrir ou même de survoler au risque de se faire attaquer.

-D’après ce que je me souviens, s’amusa Isaka, c’est surtout toi qui es hors la loi au Pays d’Aura !

-Oui bon ça va…

-Pourquoi cela ? S’interrogea la petite brune.

Duo alla se rasseoir d’un air abattu.

-Parce que je suis un invoqueur déserteur… Et ça rime en plus…     

Dans son coin, Heero se permit pour la première fois de donner un avis personnel car il claqua la langue d’un air désapprobateur. Duo lui jeta un regard noir.

Mimiko à présent tout sourire demanda alors ce que ça signifiait.

-Tous les invoqueurs doivent prêter serment et servir dans l’armée de leur pays de naissance, expliqua le natté avec lassitude. C’est pareil à l’Envers. Aux yeux des dirigeants nous ne sommes que des soldats pouvant faire appel à une bébête protectrice qui peut se battre contre d’autres bébêtes protectrices ! J’étais contre ça alors je me suis barré !

-C’est pour ça que je n’ai jamais rencontré d’autres invoqueurs que toi ou ceux présent à Alexandrie ? Parce qu’ils sont tous à la guerre ?

-Ou en faction dans un château ou dans des lieux importants, moui.

-Quelle drôle de conception de notre classe…    

Duo eut un petit sourire.

-Je me suis mis à penser différemment après avoir rencontré Asuka. Comme toi elle pensait que les invoqueurs avaient un autre rôle. Et le fait que toutes les deux vous entendiez vos chimères et la Leaf… Ca c’est du jamais vu ou entendu…

-Hum… Oui la Leaf… Murmura Mimiko, songeuse.

***

Aussi incongru soit le fait de trouver au milieu de nulle part, plus précisément au milieu d’une lande enneigée, un bâtiment de la forme d’une grosse tente portant l’indication de Comptoir, il était aux yeux de ceux qui le trouvaient comme un oasis en plein milieu du désert.

Encore plus lorsqu’on était trois filles frigorifiée et un cyborg portant un mourant.

L’atmosphère chaude et réconfortante à l’intérieur leur fit le plus grand bien.

L’accueil était constitué d’une salle de forme ronde avec un comptoir où se trouvaient une jeune femme et un homme plus âgé. Il y avait le long des murs des étalages de denrées divers utiles à une expédition et une borne d’accès au BBS, ainsi que, à côté, pour la plus grande joie de Spinel Sun : une prise.

Arisa se dirigea vers l’homme et lui demanda s’ils leurs restaient des traineaux à louer, Umiko brancha Spinel Sun et Kitsune fit le tour des articles à acheter.

Cette dernière aurait bien profité de l’escale pour dormir dans un lit, mais l’état de Wufei était trop préoccupant pour perdre une nuit de route. 

Le propriétaire du comptoir mis aussitôt deux traineaux à leur disposition contre plusieurs doublons et y attela à chacun cinq loups.

Quand Arisa avait parlé de traineaux à loups, Umiko avait pensé qu’il s’agissait d’une métaphore un peu comme avec les licornes, mais c’était effectivement des animaux qui ressemblait à des loups, quoiqu’à la forme du corps très différente avec des épaules larges et musculeuse et un thorax fin, mais ils avaient encore leurs dents pointus et leurs griffes.

On attacha fermement Wufei sur l’un d’eux et les sacs de l’autre. Il restait donc sur le traineau une place sur le chargement et la place de conducteur.

Arisa et Kitsune montèrent sur celui de Wufei, Spinel Sun et Umiko sur l’autre. C’est avec angoisse et un peu de lassitude que Arisa fit claquer son fouet, réveillant les loups, qui, conformément à leur dressage, partir les uns après les autres.

-Tu es sur de savoir conduire ce truc, s’inquiéta Kitsune en s’agrippant aux rebords du traineau.

-Eh bien… la Arisa d’ici en a déjà fait alors… Ça devrait aller !

-Génial… Rassurant…

La rousse, tout en serrant les dents, jeta un petit coup d’œil au visage livide et crispé de Wufei et poussa un soupir.

Dans quoi s’était t’elle entrainée ?

Malgré ses inquiétudes, les traineaux filaient sur la neige avec facilité et elle se détendit, prête à endurer plusieurs jours de traversé.    

***

Naru sortit de la boutique d’armement et pris la route de terre pour se rendre dans le centre de New Parm.

C’était une ville côtière de taille moyenne très animée qui avait basé sa réputation sur ses épices. La jeune fille pouvait constater les différences qu’il existait entre une ville comme celle-ci et celles qu’elle avait traversé en Envers. Le métal était pour ainsi dire quasiment absent des constructions, tout était fait en terre, en brique ou en pierre. Pas de ciments ou de routes goudronnées, pas de véhicules à moteur, uniquement des chariots trainés par de grosses autruches jaunes, ou de grandes tortues bruyantes.

La végétation était présente à chaque coin de rue et les gens se promenaient sans se presser, vivant à un rythme calme et paisible, loin du stress continuel qu’elle avait sentie à Alexandrie.

En fait, elle se sentait plutôt bien ici.

Elle était habillée d’un haut qui formait une bande au niveau de sa poitrine et qui possédait de larges manches qui lui tombaient sur les bras, cachant la plupart des bandages qu’il lui restait. En bas elle portait une jupe courte, fendue sur les côtés et retenue par une bande de tissue, agrémentée de bas et de chaussures basse.

Si au début elle avait un peu grimacé, maintenant elle comprenait que le climat justifiait le port de vêtements légers.

Arrivant devant le café spectacle, elle stoppa et s’immobilisa devant la façade, les mains derrière le dos, pensive.

Profitant du vent tiède qu’elle respira, elle songea qu’elle ne s’était jamais sentie aussi bien depuis qu’elle était arrivée dans ce monde… Malgré le fait qu’elle n’avait pas encore repris contact avec ses amies, malgré sa mémoire en friche.

C’était peut-être de n’avoir plus la responsabilité des autres et au contraire de se mettre sous l’aile de quelqu’un.

Ce quelqu’un n’étant autre qu’un grand alchimiste aux magnifiques yeux vert.

Elle entra dans le bâtiment, jetant à peine un coup d’œil à l’orchestre et aux jeunes filles qui dansaient sur scène, repérant ce dernier sur une table de bois ronde.

-Voilà, j’ai récupéré tout ce que tu avais demandé, déclara t’elle en posant un gros sac devant lui.

-Merci de t’en être occupé, fit-il en regardant à l’intérieur. Pour ma part j’ai trouvé ce que je cherchais.

-Ah oui ?

-Un chasseur de monstre m’a assuré que beaucoup d’entre eux s’étaient regroupés sur les rives du Selenos. Exactement dans la direction que je pensais…

Naru hocha la tête : Trowa disait qu’il savait où la personne qui l’avait kidnappé se rendait et bien qu’elle se posait des questions à ce sujet, elle était toute disposé à le croire.

Même si elle aurait aimé qu’il lui explique.

Pourquoi savait-il ? Pourquoi son regard devenait si sombre lorsqu’il en parlait ? Pourquoi des monstres se réunissaient t’ils ?

-Qu’est-ce que le Selenos ? Demanda-t-elle à la place.

-C’est vrai que tu ne viens pas d’ici… Le Sélénos est un grand lac à l’est d’ici. Comme il est alimenté par les montagnes des dragons et qu’il se jette dans la Mer Rouge, coupant ainsi ce bras de côte du reste du Pays, nous serons obligé de le traverser.

-C’est difficile ?

-Non, il n’y a rien de plus simple. Tu comprendras quand nous y serons.

-Alors nous partons demain…

-Oui.

Naru baissa la tête et agrippa ses bras, sentant comme brusquement un courant d’air froid.

-Tu as peur ? Ne t’en fait pas, il ne va rien t’arriver, je serais là pour te protéger, affirma Trowa en posant une main sur son avant-bras.

-Non… J’ai juste eu un mauvais pressentiment… Murmura-t-elle.

***

Duo était en train de nettoyer la faux qu’il utilisait sous sa forme de voleur quand il aperçut que Mimiko s’avançait dans sa direction d’un pas décidé. Toujours immobilisé par le sommeil d’Asuka, ils s’occupaient tous comme ils le pouvaient.

Isaka pas très loin d’eux brossait son Akuma et donnait à manger à Aile d’Acier.

Mimiko s’assit à côté de lui sur le tronc et arrangea les plis de sa petite robe nerveusement comme pour reprendre contenance.

-Tu veux quelque chose ? Demanda t’il à tout hasard.

-Eh bien… A propos de ce que tu disais hier sur le fait que tu es invoqueur… Les invoqueurs ne font-ils que se battre ? Ils n’ont pas d’autres rôles ?

- Non, nous sommes vraiment des petits soldats… Mais des soldats haut placés, nous sommes peu nombreux tu sais. Pourquoi tu veux savoir ça ?

-… Quand je rentrerais à Alexandrie, je devrais me mettre sous les ordres du Colonel Leonheart… Soupira Mimiko. Enfin, s’il veut encore un enfant pour gardien du portail…

-Je vois… Pourquoi ne resterais tu pas à l’Endroit en ce cas ?

-C’est impossible…

-Pourquoi ?

-Parce que j’ai promis, continua la petite fille en jetant un rapide coup d’œil à Heero en stand-by qui n’échappa pas à Duo.

-Il faut être stupide pour ça… Répliqua Duo avec un reniflement dédaigneux avant de lâcher sa faux et de prendre l’enfant entre quatre yeux.

Heero fronça les sourcils et se tendit comme un félin prêt à bondir mais Duo n’y fit pas attention.

-Mimiko, tu es une fille gentille, apparemment assez sensible et intelligente, pourquoi irais tu t’obliger à participer à une guerre qui ne te concerne même pas, ou même mettre en risque ton monde à toi pour un cyborg ? Tu n’es pas n’importe qui : Tu es la Clef du Monde des Dragons, l’une des huit étoiles tombées du Ciel, Une des filles de l’Autre Monde dont la venue annoncera un changement pour notre monde ! Un cyborg, c’est quoi à côté de tout ça ? Si tu en veux un, on peut toujours t’en acheter un autre !

-J’ai l’air d’une fillette, mais c’est justement que ça : EN AVOIR L’AIR.  Je ne suis pas une enfant, et tu devrais comprendre par toi-même que Heero n’est pas pour moi une poupée qu’on remplace, fit Mimiko en retenant sa colère parce qu’elle voyait que ça ne venait pas de mauvaises intentions et que Duo semblait vraiment soucieux de son sort.

- Pourquoi détestes-tu les cyborgs à ce point ? Continua-t-elle.

-Donne-moi une seule raison de les aimer ?

Mimiko fronça les sourcils, réfléchissant.

-Ils sont.. Purs.

-Purs ?!? Eux ?

-Bein oui, ils font ce que leur maitre leur dit de faire sans jamais dévier, ils ne font jamais rien d’eux même… Ils sont comme des pages vierges, sans opinion préconçue, sans jugement…

-Et c’est bien ça que je déteste le plus chez eux ! Ils n’ont aucun libre arbitre, aucune connaissance du bien et du mal ! On ne peut pas leur faire confiance ! Ils ont peut-être une apparence humaine mais ce ne sont que des tas de métaux ambulant ! D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi ils leur ont donné forme humaine, ils auraient très bien pût se contenter d’en faire des machines comme les autres.

Très nerveux à présent, il marchait de long en large devant Mimiko tout le long de sa diatribe.

-Qu’est ce qui les a poussé à donner forme humaine à une clef ? Demanda celle-ci d’un murmure, faisant aussi stopper Duo.

-Ce n’est pas pareil, toi tu es, Asuka es…

-Nous aussi, comme les cyborgs, nous avons été fabriqués. Nous ne sommes probablement pas totalement différent… Pourquoi ?

En fermant les yeux, elle revoyait ses souvenirs remontant à l’époque du laboratoire, et la jeune femme aux cheveux bruns.

-J’imagine que Chitose Hibiya aurait pût nous le dire…   

-Chitose Hibiya ?

-C’était une scientifique du projet, d’après Seishiro sama, c’était aussi une conceptrice de cyborg.

-Jamais entendu parler.

-Elle est morte en me mettant dans cet espèce de cocon où j’étais là… Endormie… Enfin, c’est bizarre… C’est comme si j’avais été à deux endroits à la fois… Quoiqu’il en soit, elle semblait vouloir me protéger de l’empire de l’Envers… Heero, appela t’elle en se retournant, ce nom ne te dis rien ?

Le cyborg s’approcha et ferma les yeux un instant avant de les rouvrir.

-Ce nom ne figure nulle part dans ma base de donnée, annonça t’il d’un ton un peu moins impersonnel que d’habitude, elle lisait en lui quelques traces d’étonnement et de déconcertation.

-Ca c’est bizarre, marmonna ironiquement Duo en ramassant sa faux et en allant voir Asuka.

-Je n’aurais pas dû lui parler… Marmonna Mimiko, j’ai l’impression de lui avoir ramené en tête des mauvais souvenirs…

-Mimiko ?

-Oui Heero ?

-Quand tu m’as demandé si j’avais quelque chose au sujet de Chitose Hibiya, je n’ai rien trouvé, mais je me suis senti un peu… comment dire… Pensif sur le passé…

-Mélancolique ?

-Oui… Surement… A l’écoute de ce nom.

Mimiko lui adressa un petit sourire.

Derrière eux, Isaka s’était figée, le regard sombre et regardait les flammes crépiter devant elle.

-Il est encore trop tôt…  

***

La nuit chaude était tombée sur New Parm, pourtant il y avait une jeune femme sur le haut d’un toit. On ne pouvait pas la voir clairement car elle apparaissait telle une ombre… Une ombre aux yeux rouges étincelants. 

Elle brandissait au-dessus d’elle un sceptre qui luisait d’une lumière verte et tout autour du bâtiment, les plantes se recroquevillaient sur elles même et se desséchaient.

Elle eut un petit rire en regardant l’auberge en contrebas.

-Bien… Tout se déroule comme prévu… Viens à moi… Viens à moi… Il m’en faut plus… Plus… Mon beau chevalier… Hahaha…

***

Kitsune se réveilla en sursaut, le front couvert de sueur et haletante. Grimaçant, elle sortit un bras du duvet où elle était pelotonnée pour le passer sur son front et fixa le ciel gris qui passait devant ses yeux. Elle avait l’impression de ne pas avoir beaucoup dormi.

Elle se mit en position assise avec beaucoup de précaution pour ne pas déséquilibrer l’attelage de loups et se tourna vers Arisa qui avait les yeux fixé sur l’horizon, la mine fermée. 

-Je suis réveillée Risa, annonça-t-elle. Si tu veux prendre ma place…

La blonde baissa le visage vers elle, on voyait qu’elle était lasse, mais Kitsune sut ce qu’elle allait lui répondre.

-Non, c’est bon, je peux encore tenir…

Kitsune haussa les épaules et se rencogna contre le fond du traineau, observant les alentours qui semblaient toujours être le même. De la neige, quelques bancs de sapins et rien d’autre devant eux que du blanc. Comment Arisa arrivait-elle à s’y retrouver ?

-Arisa, tu es sure de suivre la bonne route ? Demanda Kitsune.

La blonde ne répondit pas tout de suite et les traineaux continuèrent de grimper la dune, une fois en haut, Arisa donna l’ordre aux loups de s’arrêter. Ses amies arrivèrent à leur tour et firent de même. Leur souffle d’étonnement fit naitre des nuages devant leur bouche.

Devant eux des cranes de loups étaient montés sur des piquets et de gigantesques arches semblant faite de défense de mammouth formaient un couloir dans l’immensité blanche.

-Ouah… C’est impressionnant… Laissa échapper Umiko.

-Nous devons suivre cette route et nous arriverons, expliqua Arisa d’un air un peu absent.

Elle fouetta à nouveau les loups et les deux traineaux dévalèrent la pente se dirigeant vers l’entrée du passage.

De près, les arches en défenses étaient encore plus impressionnantes, l’animal à qui elles appartenaient devait être réellement gigantesque. Umiko et Kitsune se tordait le coup à les observer, tranchant le ciel gris le leurs pointes.

Le corridor continuait sur plusieurs mètres, puis, derrière une colline glacée apparut soudain une étendue d’habitation clôturée derrière de gigantesques palissades de pieux. Deux tours de gardes en bois se tenaient de chaque côté des entrées principales et des troupeaux de grandes chèvres ornée d’une unique corne sur le front en forme de faucille gambadaient dans la neige, surveillées par des enfants.

Ces derniers les montrèrent du doigt, un peu inquiet, puis les plus grands ayant reconnus qui se trouvait sur le traineau, ils coururent en poussant des cris à l’intérieur du village.

-Laine… Murmura Arisa en arrêtant les loups un instant.

Elle jeta un regard sur Wufei qui continuait de dormir en transpirant et en gémissant de douleur.

-Courage, on est revenu…

C’était exactement comme dans ses souvenirs, rien n’avait changé. Elle s’attendait même à voir sortir du village un petit Wufei furieux qu’elle ne l’ait pas attendu et lui enfilant une couche de fourrure en plus.

Secouant la tête, elle relança les bêtes et glissa jusqu’à l’entrée du village. Les gardes sur les tours la regardèrent comme s’ils voyaient un fantôme et la laissèrent passer avec ses amies.

Kitsune et Umiko observaient les lieux avec étonnements : les maisons semblaient construites avec des os immenses et de la pierre, certaines arboraient au-dessus de leur porte des cranes de toutes sortes. Elles étaient aussi toutes construites sur pilotis et accessible par des escaliers de pierres à moitié enfoncé dans la neige. Les habitants, eux, étaient tout à fait comme l’idée qu’elles s’en faisaient : blanc de peau, ornés de tatouages rouges pour les adultes, portant des vêtements de cuir et de fourrure qui ne couvraient pas grand choses et l’air sauvages et intrépides.

En tout cas en ce moment, ils fixaient tous Arisa en parlant d’elle autour d’eux, ça ne faisait aucun doute.

Ils arrivèrent finalement au centre du village. Elles se doutèrent que ça l’était grâce au gigantesque poteau planté en plein milieu de la place, portant sur son faîte, un gros crane de carnivore doté de trois lobes et décorés de plumes colorées et de pierres précieuses.

*Un loup trilobé* Compris Kitsune.

De plus c’était aussi là que se trouvait la plus impressionnante maison, décorée de deux défenses très longues, repliée en spirale. C’est devant celle-ci que se tenait un homme immense avec la stature et la musculature d’un ours. Son torse, découvert, laissait apparaitre un nombre important de tatouage, dont un ovale vide sur les pectoraux et trois formes pleines sur les abdominaux dont deux qui ressemblait à des griffes pointée vers l’intérieur. Ses cheveux, blonds platine, étaient mi longs, détachés, à part deux mèches de chaque côté du visage retenus par deux tissus enroulés. Ses petits yeux étaient d’un bleu ciel et des anneaux dorés brillaient à ses oreilles.

Lorsqu’Arisa mit pied à terre, il se précipita sur elle et la souleva de terre comme si elle ne pesait pas plus qu’une plume et l’écrasa contre lui :

-Mais si c’est pas ma petite musaraigne adorée ! DANS MES BRAS MA FILLE !!!

-‘Pa ! PAPA TU M’ETOUFFE !!! Gémit celle-ci.

-Oh, pardon…

Il la reposa par terre.

Et alors une femme longiligne qui se tenait jusqu’ici derrière lui le dépassa et vint coller une baffe magistrale à Arisa.

-Hé ?! Firent Kitsune et Umiko, abasourdie.

-Ils ont l’amour vache ici, marmonna Spinel Sun, pas vraiment intéressé.

- 5 ANS ! CA FAIT 5 ANS ! Hurla la femme.

-Mais enfin mamour… Tenta l’homme.

-5 ANS QUE TU AS DISPARU ! ET TU TE POINTE COMME UNE FLEUR ICI !

-Maman…

*MAMAN !!!* S’étonnèrent à nouveau ses deux amies.

Quoiqu’à bien regarder, il y avait effectivement des airs de famille.

La femme avait l’air farouche, des yeux verts acérés, un menton volontaire, des cheveux blonds rassemblé en dizaine de petites tresses en couette sur le haut de sa tête. Elle portait en tout et pour tout, une espèce de brassière noire bordée de fourrures, une culotte en cuir et de très hautes bottes de la même matière. Sur son ventre se tenait un tatouage qui évoquait un peu un œil placé en position verticale et des marques de griffes sur ses hanches.  

-J’ESPERE QUE TU AS UNE BONNE RAISON OU…

-Si je suis revenue, c’est à cause de Wufei ! La coupa Arisa en désignant le chargement de son traineau.

-Qu’est ce qui s’est passé ? Demanda son père en se penchant sur le malade.

-Il a bu mon sang et ça la mit dans cet état…

-Ce n’est pas normal.

-C’est pour ça que je suis venue. Je pensais que Quatre aurait peut-être une explication…

- Amenons-le à ton frère, fit la femme.

Le groupe se dirigea alors en périphérie du village, près d’un ensemble de tentes aux couleurs chamarrées. De celui-ci sortit un jeune homme aux courts cheveux blonds et aux grands yeux lagunes. Il portait des vêtements de cuir brun sous un grand manteau de fourrure blanche dont la capuche était une tête de renard.

Celui-ci alla de suite à l’essentiel en apercevant Wufei. Il le fit porter dans sa tente et ne laissa rentrer avec lui que sa sœur. Le pan de peau se referma sur eux et Umiko et Kitsune ne surent quoi faire, un peu gênées.

Les « parents » d’Arisa se tournèrent vers elles. La femme prit la parole :

-Désolé de ne pas nous être présentés plus tôt. Je suis Xyadya et voici mon mari : Wolfs. Nous sommes les parents d’Arisa et de Wufei. Bienvenue au village de Laine.

-Merci, répondit Kitsune. Nous sommes des amies d’Arisa, je suis Kitsune et voici Umiko, ainsi que Spinel Sun.

-Un mage blanc, un ninja du village caché d’Utai… Un cyborg… Vous êtes une étrange communauté… Marmonna Wolfs. Ça me rappelle les histoires de l’ancien temps.

-Arisa risque d’être longue, continua Xyadya. Que diriez-vous de vous reposer chez nous en attendant ?  

-Ce serait avec plaisir ! Répondit immédiatement Umiko, vous avez un sèche-cheveux ?

**

-Que s’est-il précisément passé ? Demanda Quatre en passant les mains au-dessus du corps de Wufei.

Ils avaient allongés ce dernier sur des couvertures près du feu et se tenait chacun d’un côté de lui. Arisa assise en tailleur se tordait les mains, depuis le fameux jour elle se sentait mal à l’aise en présence de son frère et dans ce lieu.

-Il a bu mon sang, si j’avais su que ça le mettrait dans cet état, je ne l’aurais jamais fait…

Quatre releva son regard sur sa petite sœur. Il avait l’air grave.

-Wufei ne peut boire que ton sang, c’est impossible qu’il le rejette.

-Peut-être qu’il a changé…

-Impossible…

-Il existe d’autres sorts que ceux que tu connais, peut être que quelqu’un a contré celui de L’Appel du Sang.

-Wufei a passé ces cinq dernières années à te chercher Arisa, il cherchait ton odeur, l’odeur de ton sang. Et de toute évidence il a fini par retrouver ta trace…

-Mais alors…

-Ton sang a gardé la même odeur, mais ce n’est plus le même.

Arisa fronça les sourcils, elle ne voyait pas où il voulait en venir. Ce dernier ferma alors les yeux et passa ses mains près d’elle.

-Je vois ma petite sœur, je la sens, je l’entends, elle a nos souvenirs communs… Mais ce n’est pas elle.

Il rouvrit les yeux et planta son regard grave dans le sien.

-Tu n’es pas Arisa. Tu es quelqu’un d’autre.

-Qu’est-ce que tu racontes Quatre… ? Je suis Arisa. Et tu es mon grand frère… Et Wufei…

-Interroge au plus profond de toi, as-tu l’impression d’être celle que tu crois ? Wufei en est la preuve incontestable, il a rejeté ton sang car ce n’était pas celui avec lequel il avait été lié.

Arisa baissa la tête sur ses genoux, ses poings crispés.

Elle ne comprenait plus rien. Alors qu’elle avait fini par croire qu’elle était CETTE Arisa, celle de ce monde, il fallait qu’elle se résolût à ce que ce soit faux et que sa vrai vie soit celle qu’elle menait sur Terre ?

Pourtant tous ces souvenirs au fond d’elle… Elle pouvait sentir les sentiments profonds et déchirants qu’ils lui évoquaient. Ils lui appartenaient, quoiqu’en disait Quatre.

-Qu’est-ce que tu peux faire pour Wufei ?

-Malheureusement, rien. Seul le sang qui l’a fait vivre peut le guérir. Mais je vais essayer de calmer ses souffrances.

Sur les couvertures, le visage du vampire n’exprimait que douleur. Elle ne savait pas s’il avait entendu ce qu’ils venaient de dire mais il fit un effort pour lever le bras et refermer la main sur l’une de celle d’Arisa.

Celle-ci s’en empara et la serra.

-Courage Wufei… Je suis tellement désolée…

Il fallait qu’elle trouve un moyen de le sauver. Il le fallait !

-Quatre… A ton avis, qu’est ce qui s’est produit il y a cinq ans ? Demanda-t-elle avec la voix cassée par l’émotion.

Son frère évita son regard :

-Ca… Je ne sais pas… Toi seule peut le dire Arisa… Tu es la seule qui détienne la vérité à ce sujet. Toi seule sais ce qui est vraiment arrivé à ma sœur…

-Je ne m’en souviens pas…

-Alors il va falloir te forcer à te souvenir. Wufei n’en a plus pour très longtemps.

**

Kitsune, Spinel Sun et Umiko furent conduit dans une place du village, surélevée et faite en pierre, où brulait un grand feu. On les invita à s’asseoir autour sur des fourrures tandis qu’on leur versait une soupe chaude dans des bols.

Wolfs et Xyadya s’assirent à côté d’elles et la femme fut la première à reprendre la parole quand les filles eurent avalé une première gorgée de soupe revigorante.

-Pardonnez-moi de vous demander cela immédiatement, mais nous voudrions savoir ce qui est arrivé à notre fille ?

Kitsune et Umiko se consultèrent du regard :

-Nous ne savons pas ce qui est arrivé à VOTRE fille mais nous savons ce qui est arrivé à Arisa car ça c’est passé pareil pour nous… Commença Kitsune, puis faisant fi du froncement de sourcil de sa vis-à-vis, elle continua : nous ne savons pas très bien ce qu’est la vérité, mais nous avons l’intention de repartir d’où nous venons…

-Qu’est ce qui se passe exactement entre Arisa et son frère ? La coupa Umiko qui n’était pas particulièrement en accord avec les propos de la rousse.  

-Wufei n’est que son frère adoptif en fait, expliqua Wolfs avant d’ajouter d’un air piteux : je pensais les unir afin qu’ils prennent la tête de ce village mais cette idée a causé toute cette catastrophe… Un guerrier de Delph devrait vraiment s’abstenir d’avoir des idées…

-Ce n’est pas de ta faute Wolvy ! S’indigna Xyadya. C’est Arisa qui a fui ses responsabilités et…

La femme ne continua pas car elle tomba face à face avec les yeux verts et froids de sa fille.

Effectivement, le visage fermé, elle se tenait devant eux, le temps semblant s’être arrêté. Avec une petite crispation de la bouche, elle tourna les talons, faisant voler sa queue de cheval et se mit à courir vers la sortie du village.

Wolfs se leva brusquement pour partir à sa poursuite. Xyadya le retint un instant par la ceinture du pantalon.

-Ça ne sert à rien, c’est une tête brulée !

-C’est aussi ma petite fille ! Je ne veux pas la perdre à nouveau !

Il la fit lâcher et partit à son tour comme un taureau lancé au galop.

 

Plusieurs mètres devant lui, la jeune fille retenait ses larmes sans beaucoup de succès. Tout était de sa faute ! Elle le savait ! Et Wufei allait mourir si elle ne se souvenait pas !

Serrant les dents, levant la tête et ses yeux embués de larmes, tout en continuant à courir, elle sentit son cœur crier.

WUFEI !!!

 

A suivre…   

4 février 2011

Il était un petit navire...

...Qui n'aurait jamais dû acceuillir Delph sur son bord XD 
Fanart de Sevy en rapport avec l'époque où Delph, Eyle, Aura et Ancolie ont voyagés sur le bateau pirate de Samael.

cadosevy167

Merci Sevy ^^ 

25 décembre 2010

Chapitre 8 : Route vers le Nord

 

Auteur: Mimiko

Série: Sur les terres du Père Noël XD

Genre: Tout et pas grand-chose à la fois.

Couple: Wufei+Arisa, Naru+Trowa

Disclaimer: Tous les personnages cité appartiennent aux G.girls ou s’appartienne eux même, faut voir.

Disclaimer 2 : Trowa, Duo et Wufei sont à Sunrise ; Spinel Sun est à CLAMP. La ville de Dight, les montagnes de Lama et New Parm sont au jeu Grandia.  

 

Tout semblait calme sur cette plage du royaume d’Aura, malgré les débris de bateau qui jalonnaient la route de Trowa. On lui avait reporté qu’un navire s’était échoué ici après la mystérieuse tempête d’hier et il s’était dit qu’avec un peu de chance, la sorcière qu’il pourchassait n’était pas étrangère à cet événement… Mais il ne sentait aucune onde maléfique.

Dés qu’il avait apprit qu’elle était en vie, il avait su qu’elle chercherait à se rendre à l’Endroit et il l’avait précédé en prenant place dans un vaisseau de l’Envers, puis à Traverse avait changé pour un aéronef.

Mais malgré ses souhaits, il avait perdu sa trace.

Alors qu’il jetait un dernier coup d’œil aux débris, cherchant ce qui aurait pût lui échapper, il aperçut une main dépasser de sous une voile.

-Un naufragé ?

Il courut vers la voile pour la soulever.

Dessous gisait une jeune fille qui semblait avoir été malmenée par les vagues : sa robe blanche brodée de papillons et de fleurs était déchirée, ses cheveux bruns et bouclés emmêlés et constellé de sable blanc, de fines coupures rouges marquaient la peau de son visage et ses jambes.

Trowa la reconnut immédiatement malgré son état. C’était l’une des filles de l’Autre monde, celle qui lui avait plut dés le début et avec qui il avait dansé une bonne partie de la nuit : Naru.

Mais que faisait-elle ici ? Et dans cet état ? Avec son souci du détail, Trowa remarqua que cette robe était celle du bal.

Le bal…. C’était après le bal qu’on avait retrouvé les victimes de la sorcière… Il n’avait pas revu Naru après ça… Etait t’il possible que pour une raison ou une autre, sa présence ici ait un rapport avec celle qu’il cherchait ?

Il fronça les sourcils en réfléchissant tout en la regardant respirer tout doucement, puis il prit sa décision.

Il ne pouvait que conjecturer tant qu’elle était endormie et il était évident que la jeune fille avait besoin de soins. Délicatement, il souleva la jeune fille dans ses bras et se dirigea vers la ville la plus proche.

***

La neige tombait doucement sur le paysage glacé tandis que le Poisson d’Argent cabotait comme il pouvait le long de la côte jusqu’au port plus au sud de Dight. Effectivement, plus au nord, il était impossible de voyager en bateau car la mer était jaugée de grosses plaques de glaces flottantes.

Petit à petit la neige fit place à quelques touffes d’herbes et à de curieuses plantes, énormes et plutôt du genre à résider dans un climat tropical. Ils arrivèrent finalement au village de Dight quand ils crurent que le bateau allait leur claquer entre les mains. La bataille contre la sorcière suivie de la tempête lui donnait des airs d’épaves et surprit énormément les habitants lorsque le Poisson d’Argent s’échoua sur leur plage au milieu des embarcations de pêches et des filets.

-C’est ce qu’on appelle faire une entrée remarquée… Déclara Kitsune en se penchant au dessus du bastingage. Oh ! C’est étrange !

-De quoi ? Demanda Arisa.

-Ne sommes nous pas au Pays de Delph ? Je croyais que tous les habitants du pays de Delph avaient le teint et les cheveux clairs… Ce n’est pas le cas… Et puis ils ont de drôles d’oreilles… Longues et… Poilues…   

-C’est parce ce que ce sont des habitants du sud, expliqua Wufei. Ce ne sont pas à proprement parlé des Delphiens, même si comme nous, ils sont de très bons guerriers… Nous ne sommes pas les seules à vivre sur ces terres même si nous sommes les plus nombreux. Nous les partageons avec quatre races différentes : Les Chasseurs de dragons dont font parti les Dightiens, les Ronsos du Mont Gagazet, les Shumis au nord bien que nous ne les voyons jamais au point qu’on en vient à croire que leur existence est une légende et… Les Vampires.

-Les chasseurs de Dragons ? Ca veut dire… Qu’il y a des dragons ici ? S’informa Kitsune d’un air inquiet.

-Oui, dans les montagnes qui séparent le Pays de Delph et celui d’Aura.

-Génial…

Les pirates déroulèrent une échelle de corde pour pouvoir descendre à terre. Ils descendirent un par un, heureux d’avoir à nouveau les pieds sur terre.

-Brr… Il n’y a pas de neige ici, mais il fait tout de même froid, déclara Umiko.

-Tu l’as dit… Approuva Arisa qui regardait le manteau de Kitsune d’un air envieux. Wufei à côté d’elle poussa un soupir affligé et s’éloigna en marmonnant.

Jack Sparrow, John Smith et le Capitaine Crochet étaient descendus à leur tour et discutaient avec ce qui semblait être l’ancêtre du village. Les hommes de ce village étaient grands, baraqués, leur peau foncée et rayés au niveau des joues. Leurs oreilles pointaient effectivement vers l’extérieur, telles celles d’elfes mais étaient couvertes d’un fin poil brun qui formait comme une touffe sur le lobe. Les femmes étaient à peu prés pareilles au détail qu’elles étaient fines, les traits plus fin et plus doux qui leur donnaient des airs de petites chattes. Contrairement aux Delphiens, ici la force semblait être l’attribut des seuls hommes. Et tous étaient chaudement habillés de la tête en bas et portaient une tiare ornée de cornes.

Mais après quelques semaines passées à Traverse qui présentait la plus grande diversité de population, rien ne pouvait étonner Arisa et Kitsune.

Les filles attendirent la fin de la discussion pour connaitre le verdict.

-On peut réparer le bateau ici et ils ont acceptés de nous aider, affirma John Smith, par contre ils ne peuvent pas encore nous dire combien de temps ça va prendre. Je vous conseille d’aller vous reposer à l’auberge en attendant. Je viendrais vous y rejoindre dés que j’en saurais plus.

-D’accord John.

Umiko se tourna vers le reste du groupe :

-Bon et bien allons-y.

Arisa pivota vers la plage pour héler Wufei :

-ON VA A L’AUBERGE !

Celui-ci lui fit un geste de la tête signifiant qu’il l’avait entendu.

-Il ne vient pas avec nous ? Fit Kitsune. Il n’a pas faim ?

-Faut croire que non, répondit simplement Arisa.

-Bon sang ce type est bizarre…

Elles traversèrent le village, admirant son architecture faite de pierres, de toits de pailles et de décorations faites probablement en ossement de dragons et en arrêtes et têtes de gigantesques poissons (était ce les eaux glacés qui leurs donnaient cette taille ?) pour arriver à l’entrée du village où se tenaient l’auberge et la boutique.

Umiko, celle qui aimait le plus dépenser, proposa une virée dans cette dernière pour refaire leur stock de potions et queues de phénix et voir ce qu’ils proposaient en arme. Elle échangea ainsi ses Shurikens contre d’autres plus puissants appelés « Tailleur de Vent » et Kitsune fit aussi l’acquisition d’un bâton de Mithryl.

 Elles achetèrent aussi de grandes capes à capuche grises doublée de fourrure qu’elles s’empressèrent d’attacher autour de leurs épaules pour lutter contre le froid (résistance 30% à la magie de glace). Après quoi elles entrèrent dans l’auberge où elles commandèrent un repas chaud. On leur servit une soupe de poisson autour d’une table de pierre.

-Je me demande où la sorcière a bien pût aller après qu’on l’ait perdu de vue, fit Kitsune.

-D’après John, il est impossible qu’elle ait échappé à la tempête qu’on a provoqué en coulant la Sirène. Et toujours d’après lui, il avait calculé que sa trajectoire la menait tout droit au Royaume d’Aura. C’est donc là bas que nous devons nous rendre.

-Ey Ey, John par ci, John par là, on dirait que tu as passé beaucoup de temps avec notre capitaine gueule d’amour… Remarqua Kitsune avec un rictus ironique.

L’adolescente rougit très légèrement en faisant un sourire d’excuse :

-Dommage il est trop vieux pour moi. Mais il a toujours énormément à raconter…

Elle s’arrêta de parler et poussa un petit soupir.

-Qu’y a-t-il ?

-Je me demande si Mimiko va bien… On n’a encore aucune nouvelle d’eux…

Arisa qui pour l’instant s’était contentée de manger posa son bol :

-T’en fait pas, elles sont avec Duo. Il est plutôt balèze…

-Malgré la scène que tu nous as faite, tu t’inquiète quand même pour ta grande sœur.

-Ce n’est pas ma grande sœur… Rectifia Umiko d’un air un peu absent.

-Ca, c’est ce que tu dis… Répliqua Kitsune d’un ton sans appel.

A ce moment là John Smith entra dans l’auberge accompagné de Jack Sparrow et Wufei. Elles se tournèrent vers eux, attendant des nouvelles de leur bateau.

-Pas de chance, ça va prendre au moins deux semaines pour le réparer, voire plus.

-Quoi ? Mais on ne peut pas attendre si longtemps ! Cette sorcière a Naru entre ses griffes ! Intervint Arisa.

-Oui on doit se rendre au Pays d’Aura le plus vite possible ! Approuva Umiko.

-Nous le savons, mais nous ne pouvons rien faire…

-S’il s’agit de se rendre au Pays d’Aura nous y serons plus vite à pied qu’en attendant que cette fichue barque soit en état de flotter à nouveau, déclara Wufei.

-A pied ? Tu veux passer par la montagne ?! Avec les dragons ? S’exclama Kitsune.

-Non, par le Col de Macalania, c’est le seul passage. On peut y être en une semaine en partant demain.

-Je vois… Nous n’avons pas d’autres alternative j’imagine… Marmonna Arisa qui n’appréciait pas trop l’idée de rentrer dans les terres.

Cela la faisait se rapprocher un peu trop de son village natal.    

-Dans ce cas, j’imagine que vous ne voyez aucun problème… A ce que je prenne soin du Poisson d’Argent en votre absence ? Lâcha Jack Sparrow l’air de pas y toucher.

*Quel profiteur…* Pensèrent de concert le reste de la salle.

***

Bruit de mouettes…

-Hmm…

Naru ouvrit lentement les yeux sur un plafond en bois. Surprise elle se leva sur son séant, le drap qui la recouvrait glissa sur sa robe déchiquetée. Elle était dans une petite pièce faite majoritairement de bois, avec une fenêtre donnant sur un ciel d’un bleu/azure parfait. Il y avait le lit où elle se tenait, une table et un tabouret.

-Hein ? Où suis-je ? Aah… Je ne me souviens de rien…

Elle mit pied à terre et se dirigea vers la fenêtre. En contrebas elle découvrit l’agitation d’une rue : des piétons vaquaient à leurs occupations en marchant sur une route de terre marquée par les roues d’un quelconque moyen de transport. Devant le bâtiment où elle se trouvait s’en tenait un autre semblant fait de terre cuite, jouxtant une petite tour de brique qui laissait échappé de la fumée, sur la façade était peint un motif d’épée et de bouclier. Dans la rue, un peu partout, poussant sur un sol qui n’avait jamais été dallé ou couvert de béton, des bosquets de hauts bambous, des arbres au tronc fins mais aux immenses feuilles d’un vert éclatant et des palmiers.

-Oh… Mais où suis-je ? Et comment suis-je arrivée ici ? On dirait que ce n’est pas l’Envers…

La porte à l’autre bout de la chambre s’ouvrit avec un grincement, elle se retourna aussitôt, inquiète de ce qui allait en sortir.

Le plus rageant c’est qu’elle n’avait plus son bâton de Mage Noir pour se défendre. Dieu seul savait où ce dernier se trouvait.

Mais elle se détendit en voyant entrer une personne qui lui était familière. Et pour cause, c’était son dernier souvenir le plus net.

-Mr Barton ! S’exclama-t-elle avec soulagement en faisant quelques pas dans sa direction.

Trowa Barton entra dans la pièce et referma la porte derrière lui. Il tenait dans ses mains un petit paquet de vêtement qu’il posa sur la table.

-Je vous ais trouvé des vêtements propres, annonça t’il.

Cette affirmation rappela à Naru dans quel état misérable elle se trouvait avec sa belle robe de bal en lambeaux et ses cheveux en bataille. Elle remarqua alors qu’elle portait des bandages à divers endroits. Quelqu’un semblait l’avoir soignée. Peut être était ce même Trowa.

-M… Merci, fit t’elle.

-Est-ce que vous vous sentez bien ?

-Bien ? Euh… Un peu déphasée… Je ne sais pas où je suis, ni comment je suis arrivée ici… Mes souvenirs sont très confus…

- Asseyez-vous, fit Trowa en la prenant légèrement par les bras pour la forcer à se poser sur le lit. Vous êtes à New Parm, c’est moi qui vous aie amené ici.

-New Parm ?

-Oui, à l’Endroit. Au pays d’Aura.

Trowa pris le tabouret et le plaça de façon à se trouver face à la jeune fille. Sans doute aurait t’elle préférée se refaire une beauté avant de s’attaquer à ce qui s’était passé mais cela ne vint pas à l’esprit du jeune homme qui la pris entre 4 yeux.

-J’ai besoin de connaitre vos derniers souvenirs, Naru.

-Je viens de vous le dire, tout est flou dans ma tête…

-Faites un effort, je vous en pris. Cela pourrait donner des réponses à vos propres questions.

-Bien… Je me souviens du bal… Des feux d’artifices… Tout cela semblait comme un conte de fée… Puis il s’est terminé et après…

Naru rougit en se rappelant ce qui s’était passé lorsqu’elle avait voulu dire au revoir à son cavalier de la soirée. Il l’avait un peu accompagné dans les couloirs du château puis alors qu’elle cherchait fort maladroitement ses mots, il lui avait posé un très léger baiser sur les lèvres et lui avait souhaité bonne nuit.

Avoir à nouveau cette personne, dont les yeux s’étaient légèrement éclairé en la voyant rougir, devant elle, lui donnait envie de disparaitre.

-Et après ça ? Demanda le jeune homme qui avait compris ce qui avait plongé Naru dans l’embarras.

-Je suis remontée dans ma chambre… Et c’est là où s’arrêtent mes derniers souvenirs cohérent. Dans l’obscurité… J’ai entendu un rire à vous glacer le sang et tout est devenu noir…

Trowa voyait fort bien quel genre de rire c’était. Il résonnait encore malgré toutes ces années dans sa tête.

-Ensuite… C’est comme si je m’étais endormi et que je n’arrivais pas à me réveiller. Je crois que de temps en temps j’y arrivais, et je voyais le ciel, j’entendais les mouettes, des grincements, mais cela durait quelques secondes… Et puis c’était à nouveau le néant…

-Vous étiez surement sous l’effet du sortilège « Snooze ».

-Snooze ?

-Oui, c’est une magie qui endort ce qui est touché par elle.

-Oh… Oui c’est possible…

-Vous n’avez pas d’autres souvenirs ?

-Hum… Si, après il y a la tempête… Un bateau qui coule… Des bourrasques de vents… Des vagues qui déferlent sur le pont… Ho… Et c’est tout…

-Vous avez échoué sur une plage proche d’ici avec le bateau. Vous avez énormément de chance d’être en vie… Termina Trowa d’un air pensif.

-Alors… D’après vous ? Que s’est t’il passé ?

-Je pense que vous avez été enlevé par la personne que je recherche. Mais je ne sais pas pourquoi…

-Qui est cette personne ? Peut être que je la connais ?

-J’en doute. Il s’agit d’une sorcière malfaisante.

-Une sorcière malfaisante ? Frissonna Naru.

-Oui…

Le jeune homme se leva et tourna la tête en direction de la porte.

-Bien. Je vais vous laisser vous habiller.

-Qu’allez vous faire maintenant ? Demanda Naru qui s’inquiétait elle-même de son sort. 

Elle ne savait pas où elle était vraiment, et ses amies n’étaient pas là pour l’aider…

-Continuer à chercher cette femme. Je crois savoir où elle va se rendre, répondit t’il d’une voix sombre sans la regarder.

Naru baissa la tête et se mit à réfléchir très rapidement sur les options qui s’offraient à elle. Puis finalement, elle prit sa décision.

-Cela vous dérangerez t’il si je venais avec vous ? Je me ferais toute petite.

Trowa, surprit, se retourna vers elle :

-Mon voyage n’a rien d’une ballade de santé. Cette femme est très dangereuse.

-Je m’en doute. Mais… Je veux savoir pourquoi elle m’a enlevé. Et je veux savoir… Ca ne me ressemble pas mais… A force de voir Mimiko y croire… Je veux savoir pourquoi je suis ici. S’il y a une raison, s’il y a quelque chose que je dois faire dans ce monde. S’il vous plait…

Trowa resta un instant silencieux, la regardant d’un regard profond.

-Je vois. Très bien.

-Ah oui et aussi… Malheureusement on dirait que j’ai perdu mon bâton alors je…

-Ne vous en faite pas pour ça, je n’ai pas besoin d’un Mage Blanc pour me guérir. Je suis une trousse de secours à moi tout seul. Je vous attends en bas.

Sans lui laisser le temps de répondre il quitta la pièce et referma la porte derrière lui.

-Eh ? Soigner ? Crois t’il que je suis une Mage Blanc ?

***

Dans la quiétude d’un autre matin, dans un autre monde, Asuka, Isaka et Duo prenaient un petit déjeuner tandis que Yuko entamait sa première bouteille de saké accompagné de crêpes au sirop d’érable.

La porte coulissante s’ouvrit sur Mimiko qui avait enfin eu le droit de quitter le lit. Sa venue fut accueillie avec joie, bien que cette ambiance heureuse et festive se brisât comme une vague sur un rocher lorsque l’ex cyborg impérial se montra derrière elle.

-Je suis prête à partir, annonça la petite fille. Heero aussi.

-Ah… Parce qu’il vient aussi ? Grimaça Duo. Ce n’est pas prudent, c’est un cyborg : il est à la solde de l’Empereur !

-Plus maintenant, répliqua Mimiko. A présent c’est mon cyborg et il est libre de faire ce qu’il a envie.

Duo retint un éclat de rire sarcastique et se mit à pouffer :

-Même s’il le pouvait, je ne pense pas qu’il en serait capable !

Heero semblait être du même avis car on le sentait mal à l’aise et se contentait de suivre la petite fille à la trace. Celle-ci foudroya du regard le jeune homme à la tresse.

-Je dis pas ça pour te vexer, au contraire c’est pour te protéger.

Cette fois ci c’est le cyborg qui le regarda d’un air assassin.

-Tu n’as pas besoin de t’inquiéter pour elle, JE la protège. C’est mon rôle Invoqueur.

Duo n’en avait visiblement pas finit avec cette histoire mais Asuka, bien qu’elle-même très réticente (difficile de faire confiance à un type qui ressemblait autant à son frère), posa une main sur son épaule.

-Laisse tomber. Ca vaut mieux.

Alors Duo se tu, mais il tourna la tête d’un geste vif pour l’empêcher de voir à quel point ça le touchait.

Si ça ne tenait qu’à lui, tous les cyborgs de l’univers seraient depuis longtemps des pièces de métal recyclés. Accueillir ce cyborg qu’il savait si dangereux au sein de leur équipe, lui l’ombre de Squall Leonheart, une machine sans raison, sans conscience, sans sentiments et voir Mimiko le regarder d’un regard rempli de tendre dévotion comme s’il était un être incroyable et supérieur, le rendait fou de colère.

Entretemps, Asuka détourna son attention sur Yuko, Mimiko et Isaka qui mettaient au point leur départ. Cela la concernait au plus haut niveau puisque c’était elle qui allait devoir téléporter tout ce petit monde.

-Au fait Mimiko, tu ne peux pas repartir dans ces loques, affirma Yuko en lui désignant sa robe blanche couverte de poussière. Pendant qu’on vous attendez, j’ai demandé à Heero de coudre une robe pour toi, si je ne me suis pas trompé, elle devrait t’aller.

-Hein ? Heero sait VRAIMENT coudre ? S’étonna Mimiko lorsque Yuko lui tendit une adorable robe noire à dentelles  et rubans roses.

-Je ne savais pas que ce serait pour… Commença Heero, un brin surpris.

-Et pour quoi donc cela aurait t’il pût être ? Fit Yuko en plantant une main sur sa hanche.

Heero resta silencieux, mais c’était un silence plein de sous entendu où finalement il se pencha sur la petite brune qui lui servait de maîtresse :

-Ais je le droit de lui répondre que depuis que je suis ici je n’ai jamais vu quelqu’un avec des passes temps aussi farfelus ? Et pourtant j’ai connu l’Empereur…

Mimiko se contenta de le regarder d’un air désespéré, parce qu’évidemment, la sorcières des dimensions avait tout entendu.

Mais celle-ci fit visiblement comme si ce n’était pas le cas, car elle s’empara des épaules de la fillette pour l’empresser d’aller revêtir sa robe.

Asuka se demanda brièvement ce que son… père… Avait avoir dans l’histoire. Mais tout bien réfléchi, elle préférait ne pas le savoir.  

Elle profita que Mimiko soit partie pour regarder de plus prés le cyborg :

-Pourquoi ressemblez-vous à mon frère ? Et pourquoi j’ai l’impression de vous avoir déjà vu…

-Nous nous sommes déjà rencontré Princesse Asuka. Sur un petit Aeronef de l’Endroit, répondit Heero après avoir hésité un moment.

-… Il y avait mon frère, mais je ne vous ais pas vu… Oh ! A moins que…

-Exact, j’ai été conçu pour être la doublure de votre frère. Lors de mes missions, je me faisais donc passer pour lui. 

Ca lui faisait drôle de savoir que le premier frère qu’elle avait rencontré n’était pas vraiment Squall et qu’elle avait dirigé un long moment sa colère sur ce cyborg.

- Excusez-moi de vous poser pleins de questions, mais si vous devez nous accompagner, j’aimerais savoir un minimum à qui j’ai affaire. Puis je donc savoir comment vous avez rencontré Mimiko ?

-… C’était à la fois un hasard et à la fois ça n’en était pas un. J’avais ordre de retrouver la Clef du monde des Dragons et de la remmener à notre base. Mais je ne m’étais pas encore lancé à sa poursuite. C’est elle qui est venu à moi.

-Comment ?

-Je l’ignore.

-Et après ça, qu’avez-vous fait ? Comment l’avez-vous attrapée ?

-… Il fallait que je m’assure que c’était vraiment elle, alors j’ai intégré son groupe à la fois pour les observer, mais aussi pour les mener à une embuscade.

-Et elles vous ont laissé les suivre ? Un inconnu ?

-Ca n’aurait pas marché si Mimiko n’avait pas eu entièrement confiance en moi dés le début. Shinobu avait des soupçons et Naru se méfiait de moi.

-Ah ça ne m’étonne pas de Naru, même dans ce monde elle garde les pieds sur terre… Mais de Mimiko… C’est plutôt étrange… En tout cas, rien de ce que vous me dites me donne envie d’avoir confiance en vous… Je sais qu’après ça, vous avez à moitié tué Shinobu… Capturé Mimiko et faillit la tuer !

Ces derniers mots rendirent le cyborg maussade et la jeune fille fut surprise de découvrir une expression autre que la neutralité sur ce visage.

-J’étais aux ordres de votre frère, maintenant je suis aux ordres de Mimiko. Si vous ne croyez pas en l’humain, croyez en la machine, je ne peux lutter contre les désirs de mon maître mais à partir du moment où celui-ci change, je n’obéis plus du tout à l’ancien. 

-Donc tu obéis totalement à Mimiko maintenant ?

-Oui.

-Si elle te demandait de te jeter par la fenêtre, tu le ferrais ?

-Oui.

Il n’y avait aucune hésitation dans la réponse. Aucune nuance. Et si Asuka avait pendant une fraction de seconde aperçut un peu d’humanité dans ce corps de fer, à présent elle se demandait si elle n’avait pas rêvée, car elle avait sous les yeux l’impersonnalité d’une machine.

***

Dés que le soleil s’était levé et avait enflammé le ciel de nuances ocre, Wufei, Arisa, Kitsune, Spinel Sun et Umiko avait fait leurs adieux aux capitaines et s’étaient enfoncés dans la vallée des dragons.

C’était un étrange lieu à la flore exubérante et inhabituellement développé. Certaines fleurs et plantes avaient la taille d’arbres. Peut être était ce dû à l’humidité constante des lieux.

En tout cas, humidité ou pas, les lieux étaient remplis de monstres. De grosses tortues flottantes au dos qui explosait et libérait des spores empoisonnés et des espèces de grandes roues vertes à tentacules qui faisaient des pointes de vitesses sur les rares surfaces. Bref, ce fut une nouvelle occasion pour les filles d’accumuler un peu d’expérience malgré le haut niveau des créatures.

Cependant la vallée ne semblait ne jamais en finir, après qu’Arisa eut monté au niveau 14 (et donc que toutes les autres eurent monté d’un point aussi), ils s’arrêtèrent pour passer la nuit.

-Aaaah j’ai faimmm ! Gémit Arisa tandis que Wufei allumait un feu malgré l’humidité ambiante.

-Guerrier Wufei, êtes vous sur que nous allons dans la bonne direction ? Demanda Spinel Sun qui était inquiet car pour économiser son énergie, il avait éteint sa fonction gps.

-Il suffit de suivre les montagnes jusqu’à ce qu’il se mette à neiger, répondit Wufei. Quand il n’y aura plus que de la neige, nous serons à Macalania.

Kitsune et Umiko qui montaient la tente jetèrent un regard sur la chaine de montagne qui les dominait.

-On appelle cet endroit « la vallée des dragons »… Mais je croyais que les dragons étaient dans les montagnes, fit Kitsune.

-La raison est simple, expliqua Spinel Sun, ça a un rapport avec la flore qui nous entoure. Il fait peut être froid à l’extérieur, mais sous nos pieds coulent des rivières souterraines d’eaux chaudes. Ces eaux même qui viennent de la montagne et qui sont chauffées par la présence des dragons dans les cavernes. Les abords du Pays de Delph en profitent ainsi que ceux du Pays d’Aura.

-Oh pitié ne me dites pas qu’il y a des sources d’eaux chaudes sous mes pieds… C’est trop frustrant… Gémit Umiko en se pelotonnant dans une couverture.

-On ne te le dira pas alors, répliqua Kitsune en mettant des brochettes à cuire.

-J’espère que Naru va bien… Lâcha Arisa. Ca fait 8 jours qu’elle a disparut maintenant… Si cette sorcière ose lever un doigt sur elle…

-Oui ? Toi et tes 14 niveaux allaient faire quoi ? Demanda sarcastiquement Wufei.

-Te taper dessus déjà ! Grogna la jeune fille en lui envoyant une taloche sur la tête.

-Ca ne sert à rien de nous précipiter sur elle. Il nous faut un plan d’attaque, expliqua l’eylien.

-Un plan… Un plan… T’en as de bonne toi…

-Les sorcières sont dangereuses au niveau de leur magie d’attaque. Si elles résistent bien à la magie, par contre elles sont faibles face aux attaques physiques.

-Bein c’est tout bon pour moi ! Conclut Arisa.

-Oui mais nous guerriers, nous sommes faibles face aux attaques magiques. Donc c’est tout bon pour elle aussi.

-Merde.

-Voila c’est prêt ! Annonça Kitsune en distribuant les brochettes

Arisa attrapa la sienne et y croqua dedans avec plaisir.

-Huuuum !

-Tiens Wufei !

-Euh… Non merci, répondit le brun.

-Mais c’est la seule chose qu’on a à manger !

-Je n’aime pas ça, c’est tout.

-C’est pas grave Kit, t’as qu’à me passer sa part ! Intervint Arisa.

-Mais… Alors que va-t-il manger ?

Kitsune aurait très bien put laisser passer mais elle insista en espérant que Wufei ou Arisa finissent par craquer. Elle tenait à découvrir ce qu’il y avait sous le mystère Wufei.

-C’est aimable de s’inquiéter pour moi mais je n’ai pas faim.

-Mouais… Pas faim après je ne sais combien de jours de disette… Maugréa Kitsune en jetant presque la brochette sur Arisa.

-Hé !

La discussion s’arrêta là et chacun mangea sa brochette en silence avant de disparaitre dans la tente pour les filles.

Les « garçons » restèrent dehors à la belle étoile, aussi silencieux l’un que l’autre.

***

Dans le ciel illuminé par un soleil de midi, un pentacle apparut dans le ciel, suivit d’un autre, et d’un troisième qui, tournoyant chacun dans leur sens, s’arrêtèrent et comme dans un système d’horlogerie, s’encastrèrent tels des rouages avec un bruit de mécanisme déverrouillé. De ce pentacle jaillit alors une nuée d’étoiles filantes brillantes qui vint s’écraser sur une saillie rocheuse.

Un instant c’était des fragments de lumières, l’autre, un groupe de cinq personnes, dont quatre qui se plaignirent immédiatement de l’atterrissage.

La dernière était une jeune fille aux longs cheveux châtains clairs qui se trouvait au centre, profondément endormie.

-Oh mon dieu ! Jusqu’ici c’était moi qui faisait les voyages et j’avais aucune idée à quel point les atterrissages étaient douloureux ! Gémit Mimiko qui avait atterrit sur les fesses.

-Moi aussi, approuva Isaka, d’habitude on pique un petit somme réparateur, mais là, que dalle. A part Asuka évidemment…

Elle tourna la tête pour voir que Duo était déjà au chevet de l’invoqueur et vérifiait que tout allait bien pour elle.

-Où a-t-on atterrit ? Demanda Mimiko alors qu’Heero l’aidait à se relever.

Où qu’elle regardait elle ne voyait que des sommets de montagnes, certains dont la cime était recouverte de neige éternelle. L’air était frais, la végétation peu présente, globalement basse, faites de tapis d’herbes et de petits buissons épineux. Le ciel portait ses habituelles (habituelles pour le Monde des Dragons) couleurs bleus, rose et violettes, sauf qu’elles semblaient plus pâle.

-A première vue je dirais qu’on se trouve au nord, annonça Duo. Et comme ça ne ressemble ni à la chaine des montagnes du Dragons, ni à celle de Gagazet, je suppose qu’on se trouve sur l’Envers… Même si je ne suis jamais monté si haut…

-Plus précisément, nous sommes dans les Montagnes de Lama qui sont quasiment la frontière septentrionale de l’Envers. Plus au Nord, il n’y a rien si ce n’est de la neige, annonça Heero après avoir consulté son gps incorporé.

-Gnagnagna… Quel crâneur, marmonna Duo pour lui-même.

-Nous devrions rester ici en attendant qu’Asuka se réveille, déclara Isaka. Il y a un joli tapis de fleurs blanches plus à droite, on devrait installer notre campement ici. Parce que je sais pas vous, mais moi j’ai frisquet d’un coup !

-Bonne idée Isa, j’ai plutôt froid moi aussi, approuva Mimiko.

-Et j’en profiterais pour envoyer Aile d’Acier avec une lettre à Gabin. J’espère qu’il aura de bonnes nouvelles à nous annoncer…        

***

-----------Interface de combat-----------------------------------------------------------------------------

Ogre Vert (450PV) : Attaque (boule de cuir)

 Arisa perd 50 PV

Arisa (550 PV) : Attaque (épée)

Ogre Vert perd 180 PV

Kitsune (285 PV) : Magie (Carapace) (-10 MP)

Umiko est sous l’effet de Carapace

Umiko (450 PV) : Technique : Jet de Feu (-20 MP)

Ogre Vert perd 400 PV

Ogre Vert est KO

 

Arisa gagne 800 point d’expériences
Arisa monte au niveau 15 !

Kitsune gagne 800 points d’expériences.

Umiko gagne 800 points d’expériences.

Wufei gagne 800 points d’expériences.

Gain de Gils : 200

Gain d’objet : 0

--------------Fin de l’interface de combat----------------------------------------------------------

-Allez ! Un niveau de plus ! Annonça Arisa alors que l’Ogre s’évaporait en petites lumières.

-Et des ennemis de plus en plus durs, pondéra Kitsune. Je ne sais pas ce qu’on ferait si Wufei n’était pas là !

-Baah on se débrouillerait !

-Heureux de voir qu’il y ait au moins quelqu’un qui se rende compte de ma valeur, grogna Wufei qui ouvrait la marche.

-D’ailleurs, tiens, on pourrait pas faire une pause ?! J’en ai marre de marcher ! Surtout dans cette jungle qui fait tout pour nous compliquer la vie !

Par là, elle faisait écho à la fois où une plante lui avait donné des baffes en tournoyant soudainement sur elle-même, à celle où une fleur avait manqué de la dévorer et à celle où plusieurs brins d’herbe géant avaient cherché à les écraser. C’était leur deuxième jour et ils ne voyaient pas encore la fin de cet enfer multicolore.

Kitsune commençait elle aussi à peiner et surtout à devenir folle, quand à Umiko, elle se sentait encore capable de marcher plusieurs heures et son seul chagrin, qu’elle avait laissé tombé au bout de deux heures, c’était ses cheveux horriblement raplapla a cause de l’hydrométrie.

Wufei et Spinel Sun, comme d’habitude, ne semblait pas ressentir les effets de la fatigue.

-On y arrivera jamais si on s’arrête toutes les heures ! Répliqua Wufei sans ralentir.

Deux soupirs désespérés lui répondirent.

-J’aurais dû rester à Dight avec les autres, râla Arisa.   

Mais rien ne pût arrêter Wufei jusqu’à ce que la nuit tombe. Et ce fut un nouveau camping au milieu de nulle part. Puis le lendemain matin, rebelotte, jungle, monstres, fleurs qui mordent, herbe qui écrase, plantes qui baffent, sauf que comme il semblait y avoir un peu de justice dans ce monde, songea Arisa, ce fut Umiko qui se prit tout cette fois-ci.

Cette dernière n’arrêta pas de jurer pendant toute la journée qu’elle était maudite.

C’est alors qu’ils disputaient à une grosse tulipe rose le corps d’Umiko dont seule la moitié (ses jambes se débattant que tiraient Arisa et Wufei) était visible, que Spinel Sun reçut son premier message de Gabin.

-Oh ! Un nouveau message !

Agacée la fleur recracha à ce moment sa proie réticente qui roule boula avec ceux qui l’avaient aidé sur plusieurs mètres avant de se cogner contre un rocher.

-RAAAAAAHHHH Y’EN A MAAARRRREEEE !!!! Hurla Umiko, rouge de colère, dégainant son gros shuriken qui se mit à bruler d’une flamme vive sous l’effet de la technique « jet de feu », Je m’en vais te la bruler… !

-Aaaah non Umi, calme toi ! Fit Arisa en la prenant à bras le corps. Tu vas causer un incendie !

-Vous vous en fichez peut être mais j’ai un nouveau message de la part de l’autre équipe !

Umiko cessa aussitôt de se débattre et tout le monde fut tout ouï pour le cyborg.

Ce dernier se racla la gorge avant de lire son message :

-Bonjour Equipe 2 ! Je vous envoie de bonnes nouvelles de l’équipe 1 qui a réussi sa mission. Ils ont récupéré le corps de Mimiko et ont ramené le cyborg Heero. Pour l’instant ils sont arrêtés le temps qu’Asuka récupère et se réveille. Ils sont quelque part dans les montagnes de l’Envers. Je leur renvoie aussitôt Aile d’Acier pour leur donner de vos nouvelles. N’hésitez pas à m’envoyer régulièrement vos nouvelles coordonnées pour que je puisse les leur transmettre.

Avec tout mon soutien, Gabin. Ps : Kitsune, ne te surmène pas trop.

Les regards à la fin du mail se tournèrent vers la rousse qui arborait une magnifique teinte coquelicot et un air atrocement gêné.

-Il perd pas le nord ce Gabin, conclut Arisa. En tout cas c’est chouette d’avoir de leur nouvelle ! Ca veut dire qu’ils vont bientôt nous rejoindre !

-Tu dois être contente, non ? Lança Kitsune à Umiko.

Celle-ci ne répondit rien, faisant mine de n’avoir rien entendu et jouant du bout d’une de ses bottes avec un caillou.

Comme on avait récupéré cette dernière et qu’il n’y avait rien d’autre à dire, ils continuèrent leur route dans cette vallée de plus en plus hostile.

Heureusement effectivement que Wufei était là, mais les jeunes filles finirent par constater des changements sur ce dernier qui, plus les jours passaient, devenait irascible et désagréable.

Déjà qu’à l’origine il n’avait pas semblé être un premier prix de gentillesse…

Kitsune continuait d’engranger intérieurement les informations au sujet de Wufei. Il ne mangeait toujours pas, il ne semblait pas dormir, il avait une force hors du commun et ses yeux avaient une couleur inhabituelle (mais vu qu’ils se trouvaient dans un monde étrange, il était difficile d’en arriver à une conclusion). Et lorsque Arisa n’y faisait pas attention, il lui lançait des regards très étranges, profonds et… Kitsune avait peur de ce qu’elle y voyait. Ce n’était pas le genre de regard existant entre frères et sœurs, c’était bien plus que ça.

La rousse ne pouvait cependant pas se confier à son amie, ils n’avaient pas beaucoup d’intimité dans leur camping. Le troisième jour passa donc sans qu’elle pût faire part de ses observations à Arisa.

Lorsqu’elle quitta sa tente le lendemain, elle remarqua aussitôt que la température avait baissé : chacun de ses souffles provoquaient de petits nuages de vapeur blanche. Et la vallée du dragon, au fur et à mesure de leur marche se métamorphosaient en un paysage immobile et glacé. Les fleurs étaient inanimées, les plantes couvertes de verglas et quelques flocons épars se mirent à tomber d’un ciel gris/bleu.

-Nous approchons de la route de Macalania, marmonna Wufei.

Effectivement, plus ils avançaient, plus la neige recouvrait le paysage. Arisa avait enfin l’impression d’être chez elle… Enfin, façon de parler.

-Macalania est recouvert de neige ? Demanda Umiko en serrant contre elle sa cape de fourrure.

-Pas entièrement d’après mes données, rectifia Spinel Sun, la forêt de Macalania est un endroit dépourvu de neige et… D’après les dires de certains, c’est un paysage tout simplement magique. 

-Magique… J’aime bien ce mot, fit Umiko, je ne l’entendais pas assez dans l’Autre Monde.

Ils continuèrent à marcher et à détruire les monstres qui se présentaient à eux (Umiko, Spinel Sun et Kitsune prirent un niveau de plus) jusqu’à finalement déboucher dans l’après midi sur une vaste plaine enneigée.

A leur droite se trouvait toujours les montagnes mais elles semblaient plus proche, plus déchiquetées, grise comme le ciel et couverte de plaques de gel. Il en ressortait une impression de dignité calme et paisible.

-Faites attention, lâcha Wufei, a partir de maintenant, il va falloir me suivre à la trace… Cette neige cache des lacs et des rivières glacées qui n’attendent que vous pour se fissurer…

-Fantastique… Soupira Kitsune en se rapprochant d’Arisa et d’Umiko.

Par chance il s’arrêta de neiger. C’était ça en moins car avancer devenait de plus en plus fatiguant, leurs bottes s’enfonçant de plusieurs centimètres dans le sol à chaque pas.

Alors que la nuit tombait et qu’Arisa en avait plein le dos et s’apprêtaient à secouer Wufei comme un cocotier jusqu’à ce qu’il accepte de les laisser camper dans la neige alors qu’il cherchait un lieu au sec, ils entendirent un hurlement.

Pas le genre hurlement de peur. Du genre hurlement de loup.

Bien que l’un comme l’autre pouvait se révéler désagréable pour la suite.

Le guerrier de Delph se figea en position d’affût.

Les jeunes filles firent instinctivement de même tandis que Spinel Sun dégainait ses révolvers.

-Qu’est ce que c’était ? Finit par demander Umiko.

La réponse tomba du ciel sous la forme d’une immense bête de la taille d’un cheval. Le poil brillant d’une lueur argenté, ébouriffé tel une crinière au niveau de son cou : ce monstre semblait un mélange entre un lion et un loup. Il grogna, son poil ébouriffé le rendant plus imposant encore, ses babines se soulevèrent pour découvrir des dents blanches et tranchantes comme des petites dagues. Et ce qui était le plus étonnant c’était les trois yeux qui les fixaient, deux à une place relativement normale, l’autre au milieu et de forme verticale.

-Un loup Trilobé ! S’exclama Wufei avec une expression à la fois de contrariété et de respect.

-Et c’est bien ou c’est pas bien ? Demanda Kitsune.

-A ton avis ?! répliqua le guerrier.

Arisa était la seule qui ne participais pas à l’affolement général, incapable de quitter l’œil central de la bête, elle se sentait comme oublieuse du reste, un peu somnolente. Voyant cela Kitsune la secoua :

-Arisa ! Arisa !

Rien à faire, la blonde semblait complètement ailleurs.

Et alors le combat commença sans elle.

-----------Interface de combat-----------------------------------------------------------------------------

Loup Trilobé apparait !

Loup Trilobé (8000PV) : Attaque (griffe)

 Wufei perd 190 PV

Wufei (1387 PV) : Attaque (cimeterre)

Loup Trilobé perd 300 PV

Kitsune (340 PV) : Magie (Carapace) (-20 MP)

Kitsune est sous l’effet de Carapace

Umiko (535 PV) : Technique : Jet de Feu (-20 MP)

Loup Trilobé perd 500 PV

Spinel Sun (525 PV) : Objet (bombe)

Loup Trilobé perd 450 PV

Loup Trilobé (6750PV) : Technique : Rugissement

 Wufei ne peut plus utiliser de MP

Echoue sur Kitsune

Umiko ne peut plus utiliser de MP

Spinel Sun ne put plus utiliser de MP

Wufei (1387 PV) : Attaque (cimeterre)

Loup Trilobé perd 300 PV

Kitsune (340 PV) : Magie : Carapace (-20 MP)

Umiko est sous l’effet de Carapace

Umiko (535 PV) : Attaque (Shuriken)

Loup Trilobé perd 180 PV

Umiko : Zuuut, ça lui fait que dalle…

Spinel Sun (525 PV) : Objet (bombe)

Loup Trilobé perd 450 PV

Loup Trilobé (5820PV) : Magie : Crakkle (Glace)

Kitsune perd 200 PV

Kitsune : …Heureusement que j’ai des résistance en magie…

Wufei (1387 PV) : Attaque (cimeterre)

Loup Trilobé perd 300 PV

Kitsune (140 PV) : Magie : Soin

Kitsune récupère 200 PV!

Umiko (535 PV) : Attaque : (Shuriken)

Loup Trilobé perd 180 PV

Spinel Sun (525 PV) : Attaque (pistolet)

Loup Trilobé perd 200 PV

Loup Trilobé (5140PV) : Magie : Crakkle + (Glace)

Wufei perd 550 PV

Kitsune perd 200 PV

Umiko perd 400 PV

Spinel Sun perd 450 PV

Wufei (837 PV) : Attaque (cimeterre)

Loup Trilobé perd 300 PV

Kitsune (140 PV) : Magie (Soin) (-10 MP)

Spinel Sun récupère 200 PV

Umiko (135 PV) : Objet : Potion

Umiko récupère 200 PV

Spinel Sun (275 PV) : Attaque (révolver)

Loup Trilobé perd 200 PV

Loup Trilobé (4460PV) : Magie : Crakkle (Glace)

 Wufei perd 400 PV

Wufei (537 PV) : Attaque (cimeterre)

Loup Trilobé perd 300 PV

Kitsune (140 PV) : Magie : Soin (-10 MP)

Kitsune récupère 200 PV

Umiko (335 PV) : Objet : Potion

Spinel Sun récupère 200 PV

Spinel Sun (475 PV) : Objet (bombe)

Loup Trilobé perd 450 PV

Loup Trilobé (3710PV) : Magie : Crakkle + (Glace)

Wufei perd 500 PV

Kitsune perd 150 PV

Umiko perd 350 PV

Umiko est KO

Spinel Sun perd 400 PV

Kitsune gagne 0 points d’expériences.

Umiko gagne 0 points d’expériences.

Spinel Sun gagne 0 points d’expériences.

Gain de Gils : 0

Gain d’objet : 0

--------------Fin de l’interface de combat----------------------------------------------------------

-Hein ? Pourquoi l’écran de combat a disparut ? Demanda Kitsune en se précipitant auprès du corps inanimé de Umiko.

-Ce n’est pas encore terminé ! Wufei semble… Fit Spinel Sun en se mettant en garde.

Wufei qui s’était effondré comme les autres au dernier coup ne s’était pas encore relevé. Un son rauque semblait sortir de là où il se trouvait, à genoux, le visage caché sous ses longs cheveux noirs qui s’étaient détachés. L’air autour de lui se mit à grésiller.

-On dirait… Continua Spinel Sun, …Une limit break…

Le loup Trilobé s’apprétait à fonçer sur le jeune Eylien, mais celui-ci se releva à ce moment, avec souplesse, des flocons dégringolant à terre et relevant la tête, il se posta comme un animal et se mit à rugir.

Le cri strident qui sortit de sa bouche n’avait rien d’humain.

Pas plus que les deux canines tranchantes, ses mains qui s’étaient dotés de griffes et ses muscles qui semblait avoir gagné en volume. Et les yeux… Complètement rouges.

Au moins, ce son insupportable réussit à faire sortir de sa transe Arisa qui s’écroula dans la neige à la vue du jeune homme.

-Oh non…

Celui ci fonça sur le loup Trilobé, avec une vitesse tellement phénoménale qu’il disparut de la vue de Kitsune et réapparut face à la bête, détournant son coup en empoignant à bras le corps son museau pour la soulever et la jeter sur le côté comme s’il ne s’agissait que d’un mobilier. Le Loup se rattrapa et glissa dans la neige avant de vouloir repartir à l’attaque.

Wufei l’intercepta à nouveau et cette fois-ci, contra ses pattes pour se jeter sur la créature la tête la première. La rousse ne comprit pas immédiatement ce qu’il avait l’intention de faire, puis retint son souffle lorsque Wufei mordit l’animal au niveau de la gorge où sa crinière était moins épaisse.

Le Loup Trilobé poussa un rugissement de douleur, cherchant à échapper à la créature qui s’était accrochée à son cou comme une teigne et qui ponctionnait son sang en grandes gorgées.

-WUFEI NON ! LACHE LEEEE !!!! Hurla Arisa en courant comme elle le pouvait vers lui, manquant de trébucher dans la neige à chaque pas.

Sa voix sembla faire réagir Wufei qui d’un saut en arrière, s’éloigna du Loup qui s’ébrouant brutalement, déguerpit sans demander son reste.

Le jeune homme resta debout, tremblant, le souffle haletant, la bouche barbouillée de trainée rouge.

Kitsune, laissant Umiko aux soins de Spinel Sun, courut rejoindre Arisa.

-Qu’est ce qui se passe ? Qu’est ce qui vient d’arriver à ton frère ? On dirait qu’il s’est shooté aux dopants ou un truc de ce genre ! Et puis ses dents… Ce qu’il vient de faire… ON DIRAIT UN VAMPIRE !!!!

Aux derniers mots hystériques de Kitsune, les genoux de Wufei flanchèrent et il tomba à genoux dans la neige, gémissant et transpirant.

-Wufei ! Gémit à son tour Arisa en comblant urgemment la distance qu’il y avait entre eux.

Le jeune homme se mit alors à vomir. Il se mit à recracher tout le sang qu’il venait d’avaler en plusieurs fois.

-Beeeuuuh… Grimaça Kitsune en plaquant sa main sur sa bouche, dégoutée par tout ce sang qui jaillissait des entrailles du garçon.

 Il semblait sur le point de leur claquer entre les doigts. Et Arisa lui maintenant les cheveux en arrière, restait prés de lui, posait sa main froide sur son front fiévreux.

-Mais qu’est ce qui t’a prit de boire le sang du Loup Trilobé ! Tu sais très bien que tu ne peux pas ! Et c’est une bête sacrée ! Fit Arisa d’un ton plus inquiet qu’en colère.

Les vomissements semblèrent se calmer peu à peu, mais Wufei restait dans un sale état. Tout pâle, ses yeux redevenus normaux étaient vitreux, il transpirait comme s’il se trouvait sur le soleil plutôt qu’au milieu d’une plaque de neige.

-Qu’est ce qui se passe Arisa ? Pourquoi il s’est mis à vomir ce sang ? Demanda Kitsune tout en restant à distance du couple, l’air horrifiée.

-C’est le sortilège de l’Appel du Sang, répondit doucement la blonde sans quitter son frère adoptif des yeux.

-L’Appel du Sang ?

-Les terres de notre village natal se trouvent à la frontière du territoire des Vampires. Il arrive donc que certains d’entre nous se fassent mordre. Et si on a la chance de récupérer son corps aux vampires… Les lois de notre village stipulent qu’il faut soit le tuer sur le champ, soit le soumettre à l’Appel du Sang… Lors du sortilège, le chaman lie le nouveau vampire à un humain. Le vampire ne peut alors pas boire d’autres sangs que celui de cette personne. Si par malheur il désobéie, le sang bu lui fera l’effet d’un poison qu’il sera obligé de recraché et qui le tuera à petit feu…

-Alors… Wufei…

-Oui…

Arisa ferma les yeux un moment, semblant prise dans un débat intérieur, puis une ride de détermination apparut entre ses deux sourcils et elle repoussa un pan de sa cape pour présenter son poignet au jeune homme.

-Wufei… S’il te plait… Ouvre les yeux… Je veux bien que tu boives un peu de mon sang… Ca va te faire aller mieux…

Wufei jeta un regard sur le poignet blanc et ses iris se posèrent immanquablement sur les veines bleues qui apparaissaient. On pouvait se demander comment après avoir craché autant de sang, la vue d’une veine pouvait l’attirer autant… Mais c’était pourtant le cas. Il y avait dans ses yeux de l’envie et du désir à l’état pur.

Mais semblant se souvenir de quelque chose il tourna la tête vers Arisa, comme pour s’assurer qu’il avait vraiment le droit.

-Vas-y… Sinon tu vas mourir…

Il se jeta alors sur le poignet, le prenant entre ses deux mains il le porta à sa bouche et ses crocs s’enfoncèrent légèrement dans la peau, traçant un chemin jusqu’au liquide qui lui permettait de vivre.

Arisa serra les dents et chercha intuitivement à reprendre son poignet : ça faisait mal. C’était horrible, la douleur était intense, lancinante, et elle avait du mal à se rappeler qu’elle devait la supporter pour Wufei.

Etonnement, il s’arracha lui-même du poignet, le repoussant avec dégout, repartant dans une crise de spasmes et de vomissements sanglants.

-Mais ? Pourquoi ? Tu devrais pouvoir boire mon sang pourtant !!!  

-Ca… Essaya de parler Wufei entre deux nausées, …Pas… Pas ton sang ! Pas… Pas le même gout…

Et il se remit à vomir.

La neige autour d’eux était à présent complètement écarlate.

-Je comprends pas… Wufei… Qu’est ce que je peux faire ?

Arisa se tourna, désespérée, vers Kitsune, qui regardait ce spectacle en tremblant.

-Je sais pas moi ! J’y connais rien en vampire ! Et on peut pas rester ici ! Avec ce sang on va attirer tous les monstres du coin !

-Mais il va mourir si on ne fait rien !

Dans l’agitation et l’hystérie des deux jeunes filles retentit une voix calme et posée :

-Le Chaman qui t’a lié au vampire sait peut être quoi faire, non ?

C’était Spinel Sun qui assit dans la neige, complètement ignorant du froid, maintenait toujours Umiko inconsciente dans ses bras.

-Quatre ! Mais oui ! Il pourra peut être faire quelque chose !

-Quatre ? Demanda Kitsune.

-Oui c’est mon grand frère. Un vrai, celui là… C’est le chaman de mon village.

A ce moment, Wufei tomba face contre neige juste devant Arisa qui s’empressa de le rattraper pour l’allonger contre elle : il s’était évanouie, sûrement à cause de la fièvre.

-Ton village est loin ? La questionna Spinel Sun.

-Oui… Plutôt… Mais je crois me souvenir qu’il existe un comptoir au milieu de cette route… On pourra y louer des traineaux à loups, le voyage durerait deux ou trois jours…

-Mais cela nous fait perdre la trace de Naru ! S’exclama Kitsune. Et pourquoi tu dis rien Suppy ! Et qu’est ce que t’attends pour donner une queue de phénix à Umiko ?! Tu attends qu’elle se transforme en monstre !

-Si elle se réveille maintenant, vous la paniquerez pour rien. J’attends juste que vous preniez une décision. Allons nous au village d’Arisa ou abandonnons nous le vampire ?

Kitsune serra les dents, agacée, elle connaissait son avis sur la question : Wufei était dangereux, et ceux dans tous les sens du terme. Mais un regard sur son amie, d’habitude impassible, l’empêchait de donner son verdict et de prendre la situation en main.

Réticente, elle s’approcha de la blonde :

-Ce type, tu l’aimes ?

Arisa lui lança un regard perdu. Déchirée, elle baissa la tête sur le visage blême et crispé de Wufei, faisant glisser de ses doigts une mèche noire qui entravait son front.

-… C’est… C’est mon frère… Plus que Quatre… Plus que personne ne le sera jamais… Je ne peux pas l’abandonner…

A sa voix entrecoupée, Kitsune devina que la guerrière était au bord des sanglots et qu’elle se retenait tant bien que mal. 

La rousse leva les yeux sur le ciel a présent couvert de nuage gris et soupira en passant une main dans ses cheveux.

-OK, je suppose qu’on ne peut rien y faire. Allons à ce village.

 

A suivre…  

24 novembre 2010

Quelque part dans le passé de Duo...

fdf144

Un jour aussi en couleur. 

Mimiko. 

24 novembre 2010

Séance de coiffure sur la Sirene

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En couleur un jour ^^'. Samael, Delph, Mari, Aura et Bulle. 

Mimiko.

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