Notre préliminaire: Arisa est plus qu'autorisée à zapper la derniere partie. Je dirais même fortement incitée à ne pas lire la derniere partie.

Une Mimiko qui tient à sa vie. 

***

C’est le corps courbaturé et l’impression de s’être fait piétiné par un mammouth furieux et enragé qu’Arisa ouvrit les yeux.

-Hmm…

Elle était chez elle, à l’étage, confortablement enroulée dans au moins dix fourrures.

-… Trop chaud…

Elle sentit alors quelqu’un s’agiter auprès d’elle et le visage de Quatre apparut, les yeux ombrés d’immenses cernes noires.

-Starry Dawn en soit loué ! Tu es réveillée !

Cette réflexion de son grand frère lui fit froncer les sourcils, lui laissant une drôle d’impression dans l’estomac… Mais pas moyen de saisir pourquoi…

Elle tourna la tête vers son frère qui lui arrangea des coussins dans son dos pour qu’elle puisse s’asseoir, puis lui tendit un breuvage qu’elle but sans se poser de question. C’était chaud et elle pouvait reconnaitre le gout de la menthe sauvage, de la bruyère-citron et du thym réglissé.

-Est-ce que ça va ? Demanda alors le jeune homme.

-J’ai mal partout… Et je me sens vaseuse…

-C’est normal, ne t’en fait pas, on va tout faire pour que tu aille mieux…

Ne pas s’en faire… Ca va elle était douée pour ça… Mais il y avait quelque chose qui continuait à la rendre mal à l’aise.

Rapidement, elle fit un effort sur elle-même pour se forcer à se souvenir de ce qui s’était passé avant qu’elle n’arrive dans ce lit. Et ça fit soudainement tilt.

-WUFEI ! S’exclama t’elle en bondissant de son lit… Non. Rectification : en essayant de bondir de lit, car un « RHAAAA !!! » de douleur la força à ne plus bouger.

-Arisa ! Tu es blessée enfin… La gronda Quatre en remettant les fourrures sur elle.

-Mais Wufei… ?  

-Il est actuellement dans ma tente, répondit-il sans la regarder, finissant de la border.

-Ah… Il est en vie, souffla t’elle, soulagée.

Cependant le regard que lui lança son grand frère en redressant la tête lui fit craindre le pire.

-C’est quasiment comme s’il ne l’était plus Arisa… Il a été mordu.

Le souffle de la jeune fille se coupa dans sa gorge, sachant plus que pertinemment ce que signifiait ces mots.

-Oh non…

Elle l’avait bien vu… Ca n’avait pas été un cauchemar…

-En ce moment je l’ai plongé dans un sommeil artificiel et je fais tout ce que je peux pour lui éviter de souffrir.

-… Que… Qu’est-ce que Papa a décidé de faire ?

Quatre ne répondit pas tout de suite, lui lançant un long regard soucieux qui n’avait rien pour calmer Arisa. Si elle n’avait pas été blessée, elle lui aurait sauté dessus et l’aurais secoué jusqu’à ce qu’il réponde. Chaman ou non !

-Rien. Il veut que ce soit toi qui décide.

A cette nouvelle Arisa se mordit la lèvre, se retenant de piquer une crise nerveuse.

-C’est ma faute, c’est ça ?!?! Papa veut que je l’assume… ! Que je choisisse s’il vit ou s’il meurt… !

-Tu connais nos traditions, Arisa. Mais rien ne se passera avant que tu ne sois rétablie. Cependant je dois t’en parler immédiatement : L’Appel du Sang n’est pas une chose qu’on fait à la légère. Tout membre de notre Clan mordu par un vampire doit soit être tué avant sa transformation totale… Soit y être subit. Mais tu dois savoir ce que ça signifie : autant pour toi que pour lui. Il vivra c’est vrai, mais ce sera une vie d’esclave car il dépendra à tout jamais de ton sang, de plus, il sera coincé quelque part entre le Monde Souterrain et le Monde des Dragons… Et ne pourra jamais te rejoindre dans l’Au-delà quand tu mourras… Il sera condamné à errer jusqu’à sa propre mort où il sera dévoré par le Dragon Obscur…

-Mais… Même si je le fais pas, ce sera aussi le cas, non ? C’est ce qui arrive à tous les vampires…

-Comme il ne l’est pas encore tout à fait, on peut espérer que Starry Dawn se montre conciliant et l’accepte…

Arisa secoua la tête et enfouie sa tête dans ses genoux qu’elle avait remontés contre elle.

-Et pour ta part, tu seras obligée de donner toute ta vie ton sang et à l’accepter à tes côtés. C’est une responsabilité, Arisa. Il n’y a pas de demi-mesure ou d’échappatoires… Papa pense que tu es désormais assez grande pour assumer tes actes, c’est vrai… Tu n’es pas obligé de donner une réponse immédiatement. Profite de ce temps pour bien y réfléchir… Et pour prendre la bonne décision.

-C’est quoi la bonne décision… ?

-Désolé, c’est quelque chose que tu dois trouver toi-même, murmura Quatre avant de traverser la pièce et de descendre par les escaliers, laissant Arisa seule avec ce qui ressemblait presque à un ultimatum.

Pas moyen qu’elle arrive à réfléchir sur ça… Wufei…

***

Le temps fila bien vite, trop vite à son gout, mais ils ne pouvaient se permettre de remettre encore la décision malgré les efforts de Quatre pour ralentir le processus de transformation. Arisa n’avait encore pris aucune décision lorsqu’on l’emmena jusqu’à la tente de Quatre ce soir-là.

Elle était tordue d’anxiété à l’idée de revoir Wufei… Peur de ce qu’elle allait voir… Peur qu’il la déteste… Peur qu’il la rejette…

Mais Wufei n’était pas vraiment en état de se rendre compte qu’il avait de la visite d’Arisa.

Les veines saillantes, les muscles bandés et couvert de sueur, il se tordait de douleur en essayant de retenir ses cris. Il donnait l’impression de brûler de l’intérieur, de flammes qui ne s’apaisaient jamais. Devant son agonie, Arisa ne voulait plus qu’y mettre fin et se maudissait d’avoir attendu si longtemps pour venir ici.

Son père se tenait à côté de Wufei, c’était la première fois qu’elle le voyait aussi sombre… Et triste certainement… Après tout, à ses yeux, c’était son fils qui était en train de mourir…   

Quatre lui fit un signe de la main, solennel, son regard habituellement doux n’exprimait aucune émotion. Ce n’était pas en tant que frère qu’il était là, mais en tant que Chaman du village de Laine.

Il l’invitait à s’asseoir devant lui. Entre eux deux se tenaient le jeune homme qui était entré dans leur vie par un coup du destin… Et qui subissait à présent le prix de leurs deux décisions contraires.

Arisa s’installa roidement, retenant chaque muscles de son corps pour s’empêcher de se jeter sur le corps de son frère de cœur pour exploser en pleurs, comme pour chercher à le retenir à elle, l’empêcher de basculer du côté des sans-âmes.

En ce moment, tout comme ce fut le cas le funeste jour de la cérémonie d’entrée à l’âge adulte, elle réalisait à quel point elle tenait à lui.

Elle savait ce qu’elle DEVAIT faire, ce qu’on attendait d’elle en tant que future chef du village…

Mais…

 

Elle ne voulait pas le laisser !

 

Elle voulait le garder près d’elle !

 

Elle ne voulait pas se retrouver à nouveau seule !

 

 

Elle l’aimait !

 

 

Elle l’aimait trop pour accepter de le laisser partir !

 

Elle ne pouvait pas se contenter de supposer qu’elle le retrouverait de l’Autre Côté !

 

-Père… Quatre… Je suis désolée. Je ne peux pas faire ce que vous me demandez, déclara t’elle les yeux brillants tout en s’emparant de la dague laissée devant elle pour, non pas transpercer le cœur du futur vampire, mais pour s’entailler le poignet.

Elle eut l’impression que toutes les personnes présentes dans la tente s’étaient arrêtées de respirer alors qu’elle tendait son bras au-dessus de Wufei et que son sang coulait, d’abord en gouttes, puis en fin filet.

-Qu’en échange de ce sacrilège mon corps soit laissé à l’abandon à ma mort, que mon âme soit condamnée à errer, prisonnière des limbes…

A présent des larmes coulaient sur ses joues, ainsi que sur celles de son père, comme la bouche de Wufei se tachait de sang et que le nouveau vampire, inconsciemment, cherchait ce liquide de vie comme étant la seule chose capable d’éteindre les flammes qui l’étouffaient et le consumaient.

Cependant, alors que ce dernier coulait dans sa gorge, il précipitait sa transformation et Wufei fut à nouveau parcouru de spasmes, poussant des cris qui n’avaient plus rien d’humain, plus proche des ultrasons, libérant deux crocs à la place de ses canines. Ses pupilles se comprimèrent en deux fentes, prenant une carnation écarlate.  

Quatre avait commencé la cérémonie à partir du moment où Arisa avait tendu son poignet et il retenait fermement son bras pour l’empêcher de partir malgré la peur qu’elle ressentait.

Elle commençait à se poser des questions sur son choix alors que Quatre en appelait à l’aide des totems de leurs ancêtres et plus particulièrement sur celui de leur tribu : le loup trilobé.

Entre les vapeurs d’encens qui brûlaient, les psalmodies de son frère, les cris effrayant de Wufei et son sang qui continuait à s’écouler, la peur, le soulagement, l’appréhension, Arisa se sentit partir. Dans la fumée qui envahissait à présent l’espace clos, à la place de son frère elle voyait un immense loup à la crinière argentée qui la fixait de ses trois yeux. Autour de lui se tenaient d’autres animaux, à peine visible, et elle avait l’impression qu’ils la regardaient tous sévèrement.

-Je… suis désolée…

Son père… Sa mère… Les membres du village… Ils l’observaient. Elle les avait trahis…

Elle ne se rendit même pas compte du moment où Quatre lâcha son poignet et qu’elle tomba en arrière, plongeant dans l’inconscience.

****

-Hé ! Tu as l’intention de quitter le village ?

Noir.

-Il n’y a plus rien pour moi ici…

Un paysage de forêt de sapin enneigé comme elle en connaissait tant… Et un homme…

Grésillements.

-Tu es plus valable que moi pour t’occuper du clan. Plus valable qu’une bête comme moi.

-Tu n’es pas obligé de te rabaisser ainsi ! Personne ne peut te refuser ce droit Grand frère !

Sourire. De dérision.

Noir…

Je suis juste un loup solitaire…

****

Arisa se tenait sur une falaise et regardait la vallée s’étaler devant elle, fouettée par un vent glacial qui jouait dans ses cheveux d’or. Rien n’avait changé, le ciel était toujours de plomb, les conifères toujours verglacés, les oiseaux s’envolaient en orchestre lorsqu’un lycaon nuageux passaient dans les parages, les mammouths migraient vers les chaines du Dragons et les licornes paissaient paisiblement dans la prairie.

Pourtant ce lieu qu’elle avait toujours considéré comme son « chez elle » lui apparaissait différemment, un peu comme s’il la rejetait. Pourtant contrairement à ce qu’elle avait vu lors de son délire, personne ne lui avait reproché sa décision, personne ne lui avait fait de remarque. Tout le monde se comportait comme si rien ne s’était passé, en bon delphien en fin de compte… Ne pas se prendre la tête avec les sentiments ou des choses compliquées…   

Mais Arisa ne pouvait pas, elle, oublier. Ce qui s’était passé était marqué en elle encore plus profondément qu’un tatouage.

Elle pensait que c’était son village qui avait changé, alors qu’en réalité c’était elle.

Peut-être parce qu’elle s’était vouée à la damnation, peut-être parce qu’après ce qui était arrivé à Wufei, rien ne pourrait être comme avant. Et elle avait du mal à faire le deuil de cet « avant ».

Wufei n’était pas encore réveillé. A la fin de la cérémonie il s’était plongé dans un profond sommeil et donnait presque l’impression d’être mort…

On avait par contre presque immédiatement ramené Arisa à l’état de conscience (à la manière delphienne bien sûr : une paire de baffes administrées par son père.) pour la ramener à la maison. Après avoir perdu du sang elle devait manger et se reposer. Elle avait fait tout ce qu’on lui avait dit dans un état second.

Et maintenant elle n’aspirait qu’à la solitude.

Peut-être parce qu’elle en avait marre que son père et sa mère se comportent comme d’habitude, comme si un jour son père n’avait pas ramené Wufei… Parce qu’ils devraient lui crier dessus, parce qu’ils devraient la détester, ou avoir un semblant de réaction…

C’est pourquoi lorsqu’elle entendit son père arriver par derrière, elle ne se retourna pas. Se plaçant à ses côtés, les poings sur les hanches, il fit mine lui aussi d’observer les lieux.

-Splendide paysage, hein ? Malgré les années qui passent, il reste inchangé… Au final il n’y a plus que ça… Nous on bouge et on se démène, mais nous sommes bien insignifiants par rapport à ça…

Silence gêné.

-Je t’ai déjà raconté l’histoire du gigantesque dragon de Gagazet ?

-Papa… Soupira Arisa.

-Celle où il a créé notre pays en exhalant un souffle verglacé ?

-Et si tu en venais au but ?

Les lèvres de l’homme se serrèrent tandis qu’il perdait son masque de nonchalance. Il poussa un soupir et se passa une main sur la nuque.

-Wufei est réveillé… Il veut te voir.

-…

La jeune fille ferma les yeux et baissa la tête. Dire qu’elle avait redouté cette entrevue était un euphémisme. L’image d’un Wufei ressemblant plus au vampire qui les avait attaqués qu’à celui qu’elle avait toujours connu hantait ses nuits au point qu’elle n’arrivait plus à trouver le sommeil et que deux cernes noires se dessinaient sous ses yeux.

-… J’y vais…

Elle fit demi-tour et s’apprêta à descendre, laissant là son père qui la regardait avec tristesse et regret. Comme ses jambes semblaient être en béton, elle ne se pressa pas pour rejoindre le village, se nourrissant des sons de sa chère forêt. Etonnement, quelque chose en elle lui disait que ce serait la dernière fois qu’elle arpenterait sa balade préférée et elle éprouvait le besoin de s’en imprégner comme pour être capable de retrouver toutes ces sensations à chaque fois qu’elle le désirerait.

Passant les palissades, elle entra dans le village et le traversa d’un air absent jusqu’à la tente du Chaman.

Quatre se trouvait devant : depuis toute cette histoire, il arborait lui aussi une expression vide, assez semblable à celle de sa sœur. Il lui semblait ne plus l’avoir vu sourire depuis… Et déjà le souvenir de cet acte si insignifiant pour un jeune homme bienveillant et amical s’estompait…    

En la voyant arriver il se leva et rangea le bout de bois qu’il était en train de sculpter pour passer près d’elle et la dépasser :

-Il est à l’intérieur.

Arisa acquiesça et apprécia qu’il ait eu l’attention de les laisser seul pour… Leur retrouvaille.   

Elle s’arrêta un instant devant la tenture qui cachait l’entrée, le temps de trouver le dernier brin de courage pour se jeter dans la fosse aux panthères.

Puis elle dégagea l’entrée d’un geste sec et entra à l’intérieur.

Elle ne savait pas comment elle s’attendait à retrouver son frère adoptif… Mais certainement pas assis en tailleurs, torse nu, l’air aussi frais qu’une rose et faisant jouer les muscles de son bras comme pour s’assurer qu’ils marchaient encore.  

Quel contraste avec le cadavre qu’ils avaient ramené du Palais de Glace !

Pas de teint blafard, pas de griffes, pas de veines saillantes, pas de hurlements soniques, juste le Wufei d’avant.

Comme si rien ne s’était passé.

-Wufei…

Il leva les yeux vers elle.

Aïe ! Si en fait : ses deux iris avaient la couleur du sang, contrastant avec le brun presque noir, tantôt chaleureux, tantôt insondable qui les avaient autrefois habités.

-Arisa, Delph en soit loué, tu vas bien !

Il se releva et fit mine d’avancer vers elle mais Arisa se rencogna contre l’un des tissu du fond, la tête rentrée dans les épaules, ses cheveux blonds formant deux cascade de chaque côté de son visage. Elle le regardait avec méfiance et incompréhension.

-C’est pas moi qui va mal Wufei…

Le visage de Wufei s’assombrit alors et il regarda alors ses mains comme si elles lui étaient étrangères. Les faisant bouger, elle s’aperçut que sa pupille se rétrécissait comme pour faire le point.  

-Je sais ce qui est arrivé…

-Pourquoi… Pourquoi tu m’as suivi ?

-Quelle question, je n’allais pas te laisser…

-J’aurais très bien pu me débrouiller toute seule et si ça n’avait pas été le cas… Je n’aurais eu que ce que je méritais ! Le coupa Arisa avec froideur.

Wufei en resta muet un moment puis poussa un soupir en secouant la tête.

-Mais au final, tu as voulu me garder prés de toi.

-… Oui, finit par approuver Arisa avec réticence.

-C’est donc que tu as bien quelques sentiments à mon égard… Dans ce cas explique moi Arisa, je suis presque mort alors pourquoi c’est toi qui es aussi froide qu’un glacier en ce moment ?

 

/C’est impossible… Je n’ai pas l’impression d’être proche de toi ! Tu es plus froid que la neige qui recouvre ton pays !/

/ …C’est que je…/

 

-… Suis l’enfant de l’hiver, termina Arisa avec hésitation, ayant l’étrange impression d’avoir été absente pendant quelques secondes.

Elle avait une étrange impression de déjà-vu, comme si elle s’était déjà trouvée dans cette situation et avait dit les mêmes paroles.

-Mais nous sommes liés désormais, par toi. C’est toi qui l’as voulu ! Lui rappela Wufei en s’approchant d’elle pour écarter ses cheveux et regarder son visage. Et ce qui s’est passé dans ce château n’est pas important puisque nous sommes là, tous les deux et que nous serons toujours là l’un pour l’autre.

Il approcha alors son visage et instinctivement elle s’écarta. Il s’arrêta, étonné.

-Qu’il a-t-il ?

Elle secoua la tête, incapable de savoir vraiment ce qu’elle avait imaginé ou ce qu’elle voulait.

-J’ai besoin de toi Arisa… Maintenant plus que jamais.

Ça ressemblait à une prière mais ses yeux écarlates flamboyaient, pas comme un bon vieux feu de cheminée, mais plutôt comme un incendie de forêt, affamé et destructeur.

Il s’approcha à nouveau d’elle, posa ses lèvres sur sa mâchoire puis descendit dans le cou. La tenant par la taille, il la fit doucement s’asseoir par terre. L’autre caressait la peau de sa nuque tandis qu’il appuyait sa propre joue contre la sienne avec un soupir.

Sa peau était froide contre la sienne et il semblait apprécier le contact, tout comme son odeur.

Arisa se laissait faire, ne cherchant pas à réfléchir. Il y avait une partie d’elle qui soupirait de soulagement de le sentir contre elle, vivant, même si ce n’était pas vraiment le cas. Chaque contact était une autre preuve qu’il était là et qui annihilait ses doutes quant à sa décision.

Elle avait eu si peur de le perdre !

Cependant son souffle se coupa net dans sa gorge lorsqu’elle sentit les lèvres de Wufei revenir se balader sur sa gorge et plus précisément un point qu’il lécha d’abord  avant d’ouvrir les lèvres dessus pour le mordiller.

-Wufei ?

Pas de réponse, la pression de ses bras se refermèrent sur elle comme un étau, il ne semblait même pas s’en rendre compte.

-WUFEI ?

Elle sentit alors une douleur perçante à cet endroit qui lui arracha un cri.

Il venait de la mordre !  

Mais la souffrance alla en crescendo alors qu’il aspirait le sang, une brûlure de plus en plus intense jusqu’à ce que ses nerfs ne soit plus à cet endroit-là qu’épines et déchirures.

-WUFEI !!!!

Elle se débattit alors, cherchant à échapper à la douleur. Elle avait peur, Wufei ne l’entendait pas… Il était… Il n’était plus le même !

Ses ongles plantés dans sa peau glaciale, elle réussit à tourner suffisamment la tête pour lui mordre l’oreille.

Cela suffit à l’étonner et à lui faire relâcher un peu sa poigne. Elle en profita.  

Le repoussant d’un coup de pied, elle s’éloigna, la main sur son cou pour retenir le sang, complètement paniquée :

-NE M’APPROCHE PAS ! NE M’APPROCHE PLUS JAMAIS !!!

Puis se remettant sur ses jambes sans un regard en arrière, elle quitta la tente en trombe.

Hagard et les yeux noyés de larmes, elle ne fit pas attention aux passants et tomba dans les bras de son père qui passait par là.

-Que se passe t’il Arisa ?

-C’est Wufei, il… Il m’a…

Elle décolla sa main de son cou, laissant voir la plaie sanglante.

Les yeux de son père s’obscurcirent et il s’accroupit à la hauteur d’Arisa, reposant sa main à sa place.

-Arisa, Wufei est un vampire maintenant. Et tu es bien placé pour savoir ce dont un vampire a besoin pour vivre… Et il ne peut boire que ton sang à toi…

-Tu veux dire qu’il faut que je le laisse faire ?! S’exclama Arisa, abasourdie.

-C’est ta responsabilité Arisa. Tu comprends ? Tu ne peux pas te défiler !

Elle le regardait d’un air ébahie et paniqué. Alors même son père en qui elle avait toujours eu confiance ne voulait pas la défendre…

-Je… Je… PEUX PAS !

Elle se libéra de ses bras et couru en direction du nord. D’habitude elle n’allait jamais par-là : C’était le domaine des loups et les arbres s’espaçaient pour laisser place à des montagnes de glace. Mais elle ne voyait nulle part où aller. En tout cas une chose était sure.

 

Elle ne pouvait pas rester au village.

 

A suivre…

 

Le mot de l’auteur -___- -------------------------------------------------------------------

Mimiko : note de précision : il est interdit de tuer l’auteur.

Arisa *une scie mécanique à la main* : ah boooon ?

Mimiko : SURTOUT avec un objet tranchant.

Arisa : bah on peut faire ça avec un objet contendant alors, ça me dérange pas tu sais !

*Mimiko se réfugie derrière Heero et garde Deep Dark sous la main*

Mimiko : quoiqu’il en soit fin du flash back d’Arisa au prochain chapitre avec des révélations !

Heero : Nom de code du chapitre : Delph !

-Attention ce message s’autodétruira après lecture-